Acte 2

Neige Noire variations sur la vie de Billie HolidaySaison 2015 - 2016

Présentation

Ce projet est né d’une fascination pour la figure et le destin de la chanteuse Billie Holiday – Lady Day, née en 1915 – confrontée sa vie durant aux violences sociales, aux préjugés raciaux mais aussi sexistes. Strange Fruit, sur le lynchage des Noirs, signe en 1939 l’acte de naissance de la chanson contestataire. La reconnaissance de son talent ne parviendra pas à effacer la détresse initiale, ni à sauver Billie de la déchéance. Nourri des faits et fables tirés des mémoires de Billie : Lady sings the blues, le spectacle Neige Noire ne chante que la « note bleue », celle de la vie : «Parler de la douceur, drôle de pari pour moi, dont la vie est jonchée de crevasses». Dans cette partition biographique, scènes et récits – tantôt réels, tantôt fictifs – sont entrelacés avec les airs, les chants, repris du répertoire de Billie Holiday. 

Note du metteur en scène

J’ai imaginé Billie Holiday à 13 ans, autodidacte de jazz, écoutant les disques de Louis Armstrong et de Bessie Smith sur le vieux gramophone d’un bouge... J’ai écouté sa voix dont les fêlures racontent les douleurs d’une vie cabossée; j’ai eu envie de suivre les pas de cette femme hors du commun qui malgré ses blessures est devenue l’une des plus célèbres chanteuses de jazz. Le spectacle évoque cette recherche de la femme libre que Billie Holiday a toujours rêvé d’être. On a fait d’elle parfois une chanteuse de «bluettes», mais si on tend l’âme, ces « bluettes » deviennent de vrais poèmes d’amour qui déchirent le cœur. J’ai voulu, à travers le destin de Billie, évoquer à la fois cette quête d’amour et la difficile rencontre avec l’autre, l’homme. Et puis arrive la chanson Strange Fruit, ballade écrite par un Juif new-yorkais : au péril de sa carrière, de sa vie, Billie en fait sa chanson emblématique, son étendard contre le racisme. Ce spectacle est un hommage au talent d’improvisatrices de toutes les femmes qui ont marqué l’histoire du jazz, et qui très jeunes étaient sur les routes : Bessie Smith, Alberta Hunter, Mildred Bailey, Lily Green. C’est aussi un hommage à toutes celles que l’on a privées de leur enfance. Puissions-nous, le temps d’un swing, oublier l’abjection et rester suspendus à la « note bleue ».


texte et mise en scène de Christine Pouquet

 avec Samantha Lavital
et Rémi Cotta ou Philippe Gouin

 scénographie et costumes Cécilia Delestre
lumières Nicolas Gros
musique et arrangements Michel Pastre Trio
Michel Pastre, Pierre Christophe, Raphaël Dever
composition sonore Christophe Sechet

 production Acte 2
en accord avec la Compagnie Maroulotte
avec le soutien du Fonds SACD Théâtre 


tournée saison 2015-2016



Très original ! Très réussi !                      

Gilles Costaz
Il y a beaucoup de spectacles sur Billie Holiday. Celui-ci, conté d’une jolie plume, est différent des précédents, car Christine Pouquet l’a conçu comme un duo. Samantha Lavital, qui chante de belle façon Strange Fruit 
et les autres grands blues, a une vraie présence, que complète bien le jeu débridé de Rémi Cotta (interprétant le rôle multiple du partenaire en alternance avec Philippe Gouin).
                                  


Elle s’appelle Samantha Lavital : une voix superbe de naturel ; elle chante parfois a cappella, parfois sur une musique conçue par Michel Pastre, et puis il y a Philippe Gouin (en alternance 
avec Rémi Cotta).
Philippe Gouin et Samantha Lavital vont chercher toute la palette des émotions. Ce spectacle, imaginé par Christine Pouquet qui le met en scène, est un grand moment de théâtre. On est invité à poursuivre les scènes dans l’imaginaire, comme si la vraie Billie était d'abord une immense artiste et, en filigrane, un destin que l’on connaît... et non l’inverse. Un vent de fraîcheur et un superbe spectacle ! Immanquable si vous aimez le théâtre ! Immanquable si vous aimez le jazz ! 


Entrelaçant scènes et récits biographiques tirés des mémoires de Lady Day avec les airs et chants repris de son répertoire, la comédienne et chanteuse Samantha Lavital interprète avec force et émotion la voix noire au parfum de gardénia.                          


Parsemé d'anecdotes, certaines hilarantes, d'autres dramatiques sur la vie de la chanteuse,
Neige Noire raconte en musique et avec beaucoup de fantaisie le parcours de la jeune prodige qui allait devenir une légende du blues mais aussi revendiquer toute sa vie pour ses droits aux débuts du vingtième siècle. On découvre avec ce spectacle, et c'est une très bonne surprise, les talents non seulement de chanteuse (avec une voix aux inflexions multiples) mais aussi de comédienne avec une sacrée présence dramatique de Samantha Lavital qui trouve en Billie Holiday un rôle qui lui va comme un gant et auquel elle apporte toute sa personnalité. À ses côtés, Philippe Gouin en véritable touche à tout joue tous les personnages qui gravitent autour de la chanteuse, dans divers registres avec un formidable talent. Une évocation toute en délicatesse et légèreté qui transfigure la dureté de la vie de cette grande artiste pour offrir un spectacle captivant et qui s'achève dans un nuage de douceur. Un très beau moment à ne pas rater. 


Samantha Lavital est une Billie Holiday solaire, dont la voix raconte les douleurs et les blessures, les violences conjugales et les préjugés raciaux. Jouant le rôle de tous les hommes qui ont traversé la vie de la chanteuse, Philippe Gouin (en alternance avec Rémi Cotta) sert de point d’appui au déroulement de ces variations. À la toute fin du spectacle, lorsqu’éclate Strange Fruit
, un blues qui fut la première chanson contestataire, parlant du lynchage des Noirs, ne reste que la puissance de la voix de cette Lady qui, pour se sentir vivante, chantait le blues comme personne.                                         


Devant un mur de malles et valises symbolique, ouvrant sur des apparitions, la représentation prend toute sa dimension dans l’interprétation de la comédienne - chanteuse Samantha Lavital, tour à tour enfant et femme. Dans sa robe blanche, chaussée d’escarpins rouges, avec dans les cheveux le gardénia blanc emblématique de Billie, elle bouge, danse et chante avec une forme de mimétisme confondant. Il faut l’entendre interpréter les succès de Lady Day, Why was I borne à My man 
et surtout le célèbre Strange Fruit, réquisitoire contre le lynchage des Noirs dans le Sud des Etats-Unis. À ses côtés, le comédien – danseur Philippe Gouin, narrateur en contre-point du récit enjolivé de Billie, campe avec une vitalité évocatrice et onirique les différents personnages et fantômes rencontrés au cours de cette trajectoire de vie tumultueuse. Un spectacle en forme de conte, qui offre plusieurs niveaux de lecture et balance dans tous les sens du terme. Pour tout public.                                 

Théâtre passion
Christine Pouquet a réalisé une mise en scène vivante sur cette grande dame du jazz, qui n’a jamais pu surmonter ses blessures, a fait de mauvaises rencontres, et s’en est allée en juillet 1959 à l’âge de 44 ans.
                                                             

 
Un spectacle attachant, plein de tendresse et de poésie, dans lequel la comédienne et son protagoniste – qui incarne toutes les présences masculines qui l'ont entourée ou l'ont fuie – usent d'un jeu tendre, parfois proche de celui du clown. On se laisse emporter et émouvoir par cette façon légère de parler de choses pourtant bien graves.

Histoire de Théâtre
Un très beau spectacle, grâce à l’excellente adaptation de Christine Pouquet mais aussi grâce à la présence et à la voix de Samantha Lavital.
                       

 
Dans le rôle de Billie Holiday : Samantha Lavital, confondante de naturel et dotée d’un bien joli timbre.
A ses côtés, Philippe Gouin (en alternance avec Rémi Cotta) endosse les costumes des hommes qui ont traversé la vie de la chanteuse. Bien sûr, évoquer la vie de cette immense artiste en un peu plus d’une heure est un sacré pari. Mais l’essentiel est là. Et on s’incline lorsque Samantha Lavital, vêtue d’une longue robe rouge, revient pour nous interpréter le bouleversant Strange Fruit
      


Pour la trame de son spectacle Neige Noire, 
Christine Pouquet s’est largement inspirée des mémoires de la chanteuse, Lady sings the blues, en y ajoutant judicieusement quelques éléments fictionnels et un heureux cocktail d’humour et de cocasserie. Sa mise en scène est remarquablement servie par les deux interprètes. Samantha Lavital prête sa fraîcheur de jeu, sa plastique et sa voix à Billie, son partenaire Philippe Gouin se révèle aussi à l’aise dans le texte parlé que dans les parties chantées, avec d’impressionnants talents de danseur. Un très beau spectacle qui mêle intelligence et émotion, illustrant assez bien les propos de Françoise Sagan sur Billie Holiday : « C’était une femme fatale, dans le sens où la fatalité s’en était prise à elle dès le départ pour ne plus la quitter ».


Samantha Lavital et, en alternance, Rémi Cotta ou Philippe Gouin, forment un duo plein de poésie et de tendresse très souvent teinté d'humour, qui nous fait oublier la vie tragique de cette chanteuse malgré son immense succès auprès du public. Ses chansons les plus marquantes sont magnifiquement interprétées par la ravissante Samantha Lavital et, bien sûr, la fameuse première chanson de protestation contre le racisme, Strange Fruit
, poème sur le lynchage des Noirs, les fruits étant les corps de Noirs pendus aux branches. Bel hommage que celui de Christine Pouquet, auteur et metteur en scène de ce portrait émouvant autour de cette immense chanteuse de jazz..   

Bsc News.fr
C’est dans un décor ludique et ingénieux que prend place cette partition chantée : afin de nous faire parcourir la vie itinérante de Billie Holiday, Christine Pouquet a opté pour un « mur de valises » s’ouvrant et se fermant sur les différents épisodes de son voyage musical. C’est à Samantha Lavital que revient le rôle de cette contestataire en détresse. Avec sa moue de gamine et ses fleurs de magnolia dans ses cheveux d’ébène, cette jeune comédienne ressemble étrangement à Billie Holiday. Au fil des chansons qu’elle interprète, on découvre que derrière son doux sourire, se cache un large répertoire pouvant passer de la soul au jazz en faisant un clin d’œil à la musique afro. A ses côtés, l’étonnant Rémi Cotta ne demeure pas en reste et incarne tous les autres personnages de la pièce: impressionnant d’audace, il slalome entre les gramophones et les rocking chairs, imite les esclavagistes irlandais, enfile ses talons rouges aussi aisément qu’une pin-up et se lance dans un remake de Lili Marleen jubilatoire. Véritable caméléon hyperactif, ce clown chantant apporte de très belles notes d’humour et de légèreté à cette mise en scène originale. Neige Noire 
? Une variation drôle et délicate sur le destin tragique de Billie Holiday !         

Hier soir au théâtre
Joli coup double, Christine Pouquet vient de réaliser un joli coup double. Neige Noire contenu dans son titre, cette biographie de Billie Holiday, évoque sous l’angle de la dualité, voire de l’opposition, entre fiction et réalité, la difficile existence de la chanteuse. Samantha Lavital, belle, grande, imposante, joue à la perfection l’enfant du Sud, la grand-mère adorée trop tôt disparue, et la jeune fille opiniâtre, se fondant sur les exemples de ses ainées comme Dinah Washington. Sa voix puissante et magnifique, module avec caractère dans un style très personnel le plus grandes chansons de Lady Day. Aux côtés de Billie, Philippe Gouin, musicien et clown tout à la fois, est le narrateur en contre point de ce récit enjolivé. Les talents conjugués de ce duo mal assorti fonctionnent à merveille. Généreux, les artistes nous offriront un bis. La réussite de votre soirée est assurée.  

 

 


Neige Noire variations sur la vie de Billie Holiday