Et pendant ce temps Sigmund FreudonneSaison 2026-2027
C’est intelligent, c’est subtil, c’est très drôle.
De la cour au jardin
Spectacle intelligent !!! Un grand bravo pour ce spectacle bourré de vitamine et bien moins cher qu'une séance chez le psy.
Paris Théatre Blog
Aidés par la mise en scène sobre et efficace de Gil Galliot, Trinidad et ses « boys » dansent, rient, nous amusent et nous font réfléchir aussi.
Au Balcon
Susciter le rire et provoquer l'auto-critique et l'auto-dérision tout en encourageant l'empathie envers ces parcours masculins. Citoyen et solidaire, on aime beaucoup.
La Provence
Un moment de pur plaisir et d’humour partagé.
Ils sont tout simplement hilarants !
Magcentre
De la dramaturge et comédienne Trinidad on connaissait « Et pendant ce temps-là Simone Veille ! » où elle retraçait avec humour la (trop lente) évolution de la condition féminine (...) Tinidad réalise le même spectacle sur les hommes.
Voilà un spectacle théâtral et musical de toute première importance.
Destimed
note d’intention
En 2012, suite à l’affaire Strauss Kahn, j’ai créé “Et pendant ce temps Simone Veille !”, qui raconte l’histoire de la condition féminine en France depuis les années 1950 à nos jours, à travers quatre lignées de femmes sur quatre générations.
Ce spectacle constituait pour moi un devoir de mémoire pour rappeler d’où l’on vient afin d’éviter d’y retourner. Un jour un ami m’a glissé à l’oreille : « Tu devrais faire la même chose pour les hommes ! ».
D’emblée l’idée m’a séduite. Mon idée du féminisme a toujours été d’avancer ensemble, hommes et femmes main dans la main. Mais autant quand vous mettez trois femmes sur un banc pendant une heure, elles se racontent leur vie, autant des hommes réunis sur un banc pendant une vie se racontent à peine une heure !
J’ai donc voulu, dans une tonalité humoristique et musicale, tenter de percer le silence des hommes et leurs difficultés à être homme à travers l’histoire, en entrant dans l’univers masculin en accompagnant quatre lignées d’hommes sur plusieurs générations, avec en fil rouge le personnage de Miss Freud, conteuse de cette évolution de la condition masculine et point de jonction entre les différents personnages masculins.
Trinidad
mise en scène Gil Galliot
avec
Sébastien Fouillade
Marin Langlois
Patrick Mazet
Clément Vieu
et Audric Reynaud
lumières Gil Galliot
scénographie Sophie Jacob
musique Pascal Lafa
costumes Chouchane Abello-Tcherpachian
chorégraphie Johan Nus
production François Volard Acte 2
Télérama TT
On peut tout reprocher aux hommes, surtout on est une femme !
Trinidad, dans le rôle de miss Freud, évite pourtant le règlement de comptes.
Elle choisit plutôt de briser le silence des mâles, désemparés par les revendications du mouvement #MeToo, membres de PMA (Pères momentanément absents) et des MLF (Mâles lâches par les femmes).
Elle réunit à cet effet quatre hommes de générations différentes pour recenser les non-dits, les pulsions, les blessures et les frustrations accumulés au fil des décennies.
La mise en scène de Gil Galliot nous épargne le documentaire sociologique, ajoutant de petites touches d’humour et des interludes chantés, qui font de cette pièce salutaire une exaltante déclaration d’amour aux hommes. «Pour nous aimer à égalité.»
De la cour au jardin
Mais quel bonheur de la retrouver !
Quel plaisir de retrouver le style, le ton, l’intelligence du propos, l’écriture, sans oublier l’humour de Trinidad ! Pour tout vous dire, ça faisait un bon bout de temps que j’attendais ces retrouvailles-là.
Après quelque deux-mille représentations de son spectacle Et pendant ce temps-là, Simone veille, comme j’espérais que la demoiselle nous propose le pendant masculin !
C’est chose faite.
Et c’est surtout chose très bien faite !
On se souvient que Mademoiselle Trinidad nous avait raconté l’histoire de la condition féminine en France depuis les années 1950 à nos jours, à travers quatre lignées de femmes sur quatre générations.
Durant une heure et demie, Trinidad va nous dire son amour des hommes.
Si si. « Mes hommes, je les aime », nous dira-t-elle sans aucune ambiguïté.
Celles et ceux qui s’attendent à une démolition en règle de la gent masculine, celles et ceux-là en seront pour leurs frais. Le propos sera bien plus subtil et bien plus intéressant. Passionnant, même, le propos !
Ici, il sera question de nous présenter quatre mâles représentatifs, une sorte d’échantillon, comme un groupe témoin destiné à analyser en détail l’évolution de la condition masculine.
Ces hommes, le personnage de « Miss Freud » va non seulement nous les faire mieux connaître, mais va nous faire comprendre leurs failles menant à leurs caractères respectifs.
Pour ce faire, outre des éléments sociologiques et historiques, outre des références psychanalytiques, Trinidad va une nouvelle fois utiliser le prisme de la psychogénéalogie.
La psychogénéalogie est une discipline développée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberg, selon laquelle les événements, les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par les ascendants d’un individu conditionnent ses faiblesses, ses troubles psychologiques, ses maladies voire ses comportements étranges ou inexplicables. (Merci beaucoup Wikipédia…)
Ce point de vue va se révéler tout à fait passionnant.
Les fils, leurs pères et leurs grands-pères.
Nous allons voyager dans les années 80’, 70’ et 50’ pour expliquer, à travers les relations entretenues à chaque génération, la condition humaine des quatre gaillards sus-mentionnés.
L’Histoire de France sera également invitée pour mettre en évidence des éléments ayant pu façonner le destin de ces hommes-là.
Tout ceci est véritablement très documenté, et relève d’une dimension pédagogique et didactique assumée. J’ai appris une multitude de choses...
Voici pour le fond.
La forme sera tout aussi réussie.
Une sorte de psy-conférencière et quatre personnages très hauts en couleur, même s’ils sont principalement vêtus d’un « uniforme » noir à bretelles, vont nous intéresser au plus haut point et nous faire également beaucoup rire.
Sur un plateau composé de trois rétro-écrans, de quatre cubes, et d’un fauteuil à cour, Gil Galliot, metteur en scène bien connu des fidèles de ce site, fait vivre pour nous ce quintet, avec son art de l’occupation dramaturgique de l’espace et de la direction d’acteurs.
Sans aucun temps mort, avec beaucoup de fluidité et de parti-pris plus judicieux les uns que les autres, les cinq comédienne-comédiens enchaînent les différents tableaux avec à la fois beaucoup de finesse et de punch !
Sébastien Fouillade, Marin Langlois, Patrick Mazet, Clément Vieu (Ecouteeeez ! Mangez des pommes !) sans oublier la Patronne, tous vont faire fonctionner nos zygomatiques à plein régime.
Certes, le texte repose sur des éléments scientifiques, statistiques et historiques.
Mais le traitement de tout ceci est très drôle.
L’auteure Trinidad est toujours aussi spirituelle, conférant à sa démonstration une verve, une tonalité, une dimension humoristique à nulles autres pareilles.
L’écriture est vive, avec des formules réjouissantes (les amateurs des concerts de Taylor Swift vont en apprendre de belles…), des jeux de mots subtils et des double-sens jubilatoires.
Des goguettes, également.
Le spectacle est musical, avec des détournements de chansons très connues, et des petites chorégraphies très réussies. Les amateurs de Boys Bands se régalent !
Vous avez aimé la version féminine, vous allez adorer le versant masculin de la quête de Trinidad, cherchant à mieux comprendre ses semblables.
Ne manquez pas d’aller l’applaudir, elle et ses petits camarades, dans ce spectacle maîtrisé de bout en bout. C’est intelligent, c’est subtil, c’est très drôle. C’est Trinidad !
Ah non, mais moi ça va bien, hein !
Culture Top
De quoi les hommes parlent- ils lorsqu’ils se retrouvent entre eux ? A quel moment jettent -ils le masque, fendent- ils soudain l’armure pour interproger le silence des pères ? Sur scène, ils sont quatre hommes, représentant quatre lignées sur plusieurs générations, et une femme, Miss Freud. Elle les observe, les écoute, les jauge sans les juger, elle pourrait être leur guide, leur mère, leur sœur ou leur petite amie.
A intervalle régulier, elle met son grain de sel, propose un éclairage ou un recadrage, avec bienveillance ou fermeté. Les sujets de discussion masculins s' enchaînent : la paternité et la PMA (comme « Père Momentanément Absent » dixit l’autrice) les femmes et la virilité - toutes consentantes et au bord de la pâmoison - la mort et les « années Sida », les belles bagnoles, la famille et les divorces. Tous ces hommes bougent , gesticulent, s’agitent, cherchent à coller à la figure paternelle, à prendre la place du père, mais restent murés dans leur silence, petits poucets paumés, sans leur provision de cailloux blancs.
Miss Freud note également que les hommes ont beaucoup de mal à garder le lien.
Un texte intelligent, sensible, drôle, entrecoupé de parodies musicales tirées du meilleur répertoire : Queen et Jacques Brel (Ne me quitte pas).
Une réflexion tendre et amicale sur la gent masculine, son cortège de dérobades, de fuites et ses délicieux spécimens de petits machos contrits.
Des répliques au cordeau pour une troupe de comédiens au diapason.
Après un premier spectacle consacré aux femmes (Et pendant ce temps Simone veille), Trinidad qui a recueilli de nombreux témoignages d'hommes, approfondit l’approche dite de “thérapie transgénérationnelle“, qui consiste à interroger l’histoire familiale sur plusieurs générations.
Parfois les secrets ou traumatismes vécus par nos aïeux peuvent être à l’origine de problèmes portés par les générations actuelles. Mais son personnage de Miss Freud ne décerne pas de leçons, ou alors juste un message d’amour et de compréhension réciproque entre les hommes et les femmes.
Paris Théatre Blog
Spectacle intelligent !!!
Nouveau coup de cœur en ce début d'année 2026 ! Après le succès de "et pendant ce temps, Simone Veille" Qui a cartonné sur les scènes parisiennes, voilà enfin l'opus tant attendu , la version masculine... "et pendant ce temps, Sigmund Freudonne" Les mecs vont enfin se faire analyser... et le pire c'est que ça nous fait rire !!! C'est drôle, bourré de vérités et de chansons réinventées. Le texte de Trinidad (qui joue également et admirablement Miss Freud) est ciselé et précis. Entourée de 4 comédiens plein d'entrain : Sébastien Fouillade, Marin Langlois, Patrick Mazet, Clément Vieu, l'autrice nous embarque dans une histoire de générations.
4 hommes, leurs pères et leurs grands-pères. Leurs destins permettront de mettre en lumière nos travers, nos cultures, nos envies, notre éducation, nos fantasmes.... notre vie. Tout va passer à la moulinette pour un spectacle cathartique et utile à tous. La mise en scène est très originale et les nombreuses vidéos illustrant les pubs, mode de vie et événements historiques apporteront la touche finale et nostalgique à ce spectacle plein de fraîcheur et de bonne humeur. C'est touchant, amusant, passionnant... et c'est encore une fois chez nos chouchous de La Scène Parisienne !
Un grand bravo pour ce spectacle bourré de vitamine et bien moins cher qu'une séance chez le psy.
Au Balcon
Après le succès de "Et pendant ce temps, Simone veille" (plus de 1800 représentations tout de même!), qui contait, sur quatre générations de femmes, la condition féminine et son évolution, l'autrice et comédienne Trinidad récidive, mais pour nous immerger cette fois dans les tréfonds de la psyché masculine.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça décape !
Prenez quatre hommes dans une maternité, attendant tous la venue d'un bébé, plus ou moins désiré. Quatre archétypes, qui, dans la vraie vie, ne se seraient jamais parlé, et qui, par la magie du théâtre, en viennent à échanger sous l’œil malicieux et toujours bienveillant de Trinidad.
Celle-ci, commentant les propos et les silences de nos hommes, est très à l'aise en « Madame Loyal » - ou plutôt en...« Miss Freud », car la psychologie est au cœur de la pièce.
L'idée est en effet de vite remonter le temps, et de comprendre, mais toujours en riant, pourquoi ces hommes se trimballent autant de silences, de non-dits, de traumas... !
C'est ainsi que nous allons faire la connaissance des pères, puis des grands-pères de ces messieurs, pour tenter de comprendre ce qui leur est arrivé.
Une traversée à l'envers du XXe siècle, de ses guerres, de sa violence et de sa virilité souvent mal placée.
Les tableaux se succèdent, entrecoupés de chansons, d'archives INA, d'extraits d'études psychologiques égrenés tambour battant.
On sent les acteurs (Sébastien Fouillade, Clément Vieu, Patrick Mazet et le jeune Marin Langlois) complices, heureux d'être là, passant des années 60 aux années 80 en un clin d’œil par la grâce d'un costume ou d'une réplique, marqueurs d'une époque.
Aidés par la mise en scène sobre et efficace de Gil Galliot, Trinidad et ses « boys » dansent, rient, nous amusent et nous font réfléchir aussi.
Espérons qu'à la sortie du spectacle, les abcès soient crevés, la parole libérée, les sexes réconciliés !
Paris en goguette
À la Scène Parisienne, l’autrice, comédienne et humoriste Trinidad Garcia dite Trinidad, convoque Freud avec espièglerie et tendresse, et entraîne le public dans une traversée sensible de la condition masculine.
Quatre comédiens incarnent quatre lignées d’hommes, déployées sur plusieurs générations. Sous la plume vive de Trinidad, il devient un terrain d’exploration aussi drôle que sagace. Au centre de cette fresque, Miss Freud — alter ego malicieux et observatrice éclairée — relie les époques, circule entre les destins et tisse un fil rouge entre ces figures masculines en quête d’identité.
Créé à l’initiative d’un ami de l’autrice, Et pendant ce temps, Sigmund Freudonne prolonge une veine qui lui est chère : interroger les mutations sociétales à travers le prisme du théâtre populaire. Le spectacle fait écho à son immense succès Et pendant ce temps, Simone veille, créé en 2015 et toujours à l’affiche après plus de 1 800 représentations. Ici, cependant, le regard se tourne vers les hommes, leurs silences, leurs fragilités et les injonctions qui les traversent au fil des siècles.
« J’ai voulu, dans une tonalité humoristique et musicale, percer le silence des hommes et leurs difficultés à être homme à travers l’histoire », confie Trinidad. En s’aventurant dans cet univers souvent peu verbalisé, elle compose une partition rythmée où le rire n’exclut jamais la finesse psychologique.
Présenté pour la première fois à Conflans-Sainte-Honorine en 2024, puis au Festival OFF d’Avignon, le spectacle s’installe à Paris jusqu’au 6 mai 2026.
Cette nouvelle proposition de Trinidad, confirme son talent singulier : celui de marier l’esprit de troupe, la vivacité musicale et une lecture aiguisée des comportements humains. L’ensemble est enlevé, généreux, porté par une distribution complice qui donne chair à ces archétypes masculins sans jamais les figer. On ressort le sourire aux lèvres, avec la sensation d’avoir ri de bon cœur — et peut-être, aussi, d’avoir mieux compris la gent masculine !
Les reporters du net
Quatre acteurs pour quatre lignées d’hommes sur plusieurs générations. Voici le point de départ d’Et pendant ce temps Sigmund Freudonne, nouvelle création de l’autrice, comédienne et humoriste Trinidad Garcia dite Trinidad. Après avoir été présenté pour la première fois à Conflans-Sainte-Honorine en octobre 2024 puis lors de la dernière édition du Festival OFF d’Avignon, le spectacle est à découvrir à partir du 12 janvier à La Scène Parisienne, à Paris. Née à la suite de la suggestion de l’un de ses amis, la pièce évoque l’évolution de la condition masculine à travers les époques sur le même principe que l’un de ses plus grands succès, Et pendant ce temps Simone veille (co-écrit avec Bonbon, Corinne Berron, Hélène Serres et Vanina Sicurani), créé en 2015 et qui se toujours actuellement à la Comédie Bastille, après plus de 1800 représentations.
Ce triomphe, Trinidad compte bien le reproduire avec sa version « masculine », cogitée pendant plusieurs années, et dans laquelle elle tient le rôle de Miss Freud, sorte de point de jonction entre les différents hommes de ce spectacle qu’elle souhaite intergénérationnel.
Une pièce à la fois drôle et empreinte de psychologie humaine dans la droite lignée des créations que Trinidad propose depuis plus de vingt ans (La Conversion de la Cigogne, Le Miroir, Trinidad : Le Plan parfait…).
Une nouvelle aventure pour Trinidad qui ne se lasse pas de raconter l’évolution des Français, femmes et hommes, mais également des Japonaises comme elle l’a fait dans l’une de ses récentes créations, Mimoza Ways 1910-2020, qui retraçait un siècle de luttes des femmes japonaises pour l’égalité des genres.
Des petites histoires au service de la Grande Histoire dont Trinidad se fait la conteuse avec malice et profondeur !
La Provence
De la dramaturge et comédienne Trinidad, on connaissait Et pendant ce temps-là Simone veille, où elle retraçait avec humour la (trop lente) évolution de la condition féminine. Après cette pièce qui fut un succès, Jean-Marc Catella suggéra à son amie autrice de réaliser le même spectacle sur les hommes. Ainsi est née l'idée de Et pendant ce temps-là Sigmund freudonne.
Ils sont là, réunis devant nous, quatre beaux spécimens de la gent masculine, à quatre âges charnières de la vie. Et on les écoute parler de leur condition masculine, grâce à l'intervention de Miss Freud, une mystérieuse maîtresse de cérémonie, qui va les inciter à se dévoiler. Les hommes… que chante Barbara dont on entend quelques notes ont-ils changé ? "Ceux du 21e siècle ressemblent fort à ceux du 20e, non ?" Mais attention, nous dit-on : "Il ne s'agit pas là d'un cours de sociologie !" C'est avec humour et en musique que notre interlocutrice et ses comparses mettent le doigt sur les contradictions qui les habitent, les normes liées à la masculinité, abordent la remise en question de la distribution des rôles et des comportements préconçus.
Leur but ? Susciter le rire et provoquer l'auto-critique et l'auto-dérision tout en encourageant l'empathie envers ces parcours masculins. Sourire en se divertissant, donc. Tout un programme, admirablement interprété avec un esprit de troupe pour une pièce féministe qui n'est pas… contre les hommes.
Magcentre
Clin d’œil à la condition masculine selon Freud et Trinidad
Un moment de pur plaisir et d’humour partagé.
Le propos est sans ambages et va droit au but. Trinidad appelle un chat un chat et elle se penche sans filet sur un sujet qui lui tient à cœur : les hommes, ceux évoqués par la chanson de Barbara dès l’entrée en scène. D’emblée, tous les archétypes de la gent masculine sont là, le vocabulaire est cru et le discours ne ménage personne. L’on craint la banalité, les idées reçues, mais très vite l’on est emporté dans un propos virevoltant et beaucoup plus subtil qu’il n’y parait.
Dans une mise en scène de Gil Galliot, quatre comédiens illustrent les différentes scènes, ne ménageant par leurs effets en théâtre, danse, chant, mimiques… Ils sont tout simplement hilarants et se prêtent avec finesse et humour aux différents rôles qui leur sont attribués par une « Miss Freud » qui ne leur rate rien !
Adroitement, la scène remonte le temps, et c’est l’occasion de prendre conscience des mentalités qui sous-tendent les rapports hommes/femmes depuis des décennies, des contextes et des évolutions. Tout ceci avec beaucoup d’humour et de connivence avec le public. Ce dernier ne boude pas son plaisir et réserve un triomphe
Destimed
De la dramaturge et comédienne Trinidad on connaissait « Et pendant ce temps-là Simone Veille ! », où elle retraçait avec humour la (trop lente) évolution de la condition féminine. Des années 1950 à nos jours, nous y suivions trois femmes, quatre générations dans des scènes de la vie quotidienne accompagnées de chansons décalées. Après cette pièce qui fut un succès Jean-Marc Catella suggéra à son amie autrice de réaliser le même spectacle sur les hommes. Ainsi est née l’idée de « Et pendant ce temps-là Sigmund freudonne » joyau théâtral à découvrir en ce moment au CADO d’Orléans, lieu dirigé par Christophe Lidon.
« D’emblée l’idée m’a séduite, précise Trinidad. Mon idée du féminisme a toujours été d’avancer ensemble, hommes et femmes main dans la main. J’ai voulu, dans une tonalité humoristique et musicale, tenter de percer le silence des hommes et leurs difficultés à être homme à travers l’Histoire, en entrant dans l’univers masculin en accompagnant quatre lignées d’hommes sur plusieurs générations, avec en fil rouge le personnage de Miss Freud, conteuse de cette évolution de la condition masculine et point de jonction entre les différents personnages masculins. » Elle signale que le livre de Guy Corneau « Père manquant, fils manqué », l’a beaucoup marquée. « J’ai construit, poursuit-elle, chaque personnage de la pièce sur le manque du père justement et sur leurs conséquences. J’ai écouté alors beaucoup d’hommes avec notamment la parole d’un professeur d’Histoire, pour mieux appréhender la notion d’enfermement condamnant chaque lignée au silence, et, ce pour des raisons différentes. Ici la lignée de Jacques c’est la rigidité. La lignée de Hugo c’est l’homosexualité. La lignée de René, c’est la colère. Auxquelles se rajoute la lignée de Kevin, Paul et Jean-Paul, tous en lien avec l’Allemagne qui m’a servi de levier d’écriture pour montrer combien les hommes ont du mal à parler entre eux. »
Ils sont là, réunis devant nous, quatre beaux spécimens de la gent masculine, à quatre âges charnières de la vie. Et on les écoute parler de leur condition masculine, grâce à l’intervention de Miss Freud, une mystérieuse maîtresse de cérémonie, qui va les inciter à se dévoiler. Les hommes… que chante Barbara dont on entend quelques notes ont-ils changé ? « Ceux du 21e siècle ressemblent fort à ceux du 20e, non ?» Mais attention, nous dit-on :« Il ne s’agit pas là d’un cours de sociologie ! C’est avec humour et en musique que notre interlocutrice et ses comparses mettent le doigt sur les contradictions qui les habitent, les normes liées à la masculinité, abordent la remise en question de la distribution des rôles et des comportements préconçus. Leur but ? Susciter le rire et provoquer l’auto-critique et l’auto-dérision tout en encourageant l’empathie envers ces parcours masculins. » Sourire en se divertissant, donc. Tout un programme… et sont présents alors beaucoup d’hommes en un seul homme. Trinidad qui affirme ne pas adhérer à un féminisme qui annihile les hommes, défend ici l’idée qu’on ne doit pas faire payer aux jeunes générations ce qui s’est passé avant.
Avec en toile de fond une plongée dans la PMA qui signifie ici « Père Manquant à l’appel », développant principalement cette constatation : « C’est tout le problème de l’inconscient, on pense qu’on est le problème alors qu’on porte le problème ». La pièce nous fait découvrir autour de Trinidad, dans la peau d’une Miss Freud pétillante, des interprètes au diapason. A savoir … Sébastien Fouillade (Hugo, Aristide, et Hubert), Patrick Mazet (Renaud, Renan et René), Clément Vieu (Charles-Antoine, Carlo et Jacques), et le plus jeune de l’équipe Marin Langlois, formidable en Kevin, Paul et Jean-Paul. Né le 29 février 2000 ce dernier vit ici sa première expérience théâtrale professionnelle. Son enthousiasme est total. « Il n’y a pas mieux pour commencer sur les planches que cette pièce», indique-t-il avant d’expliquer: « J’allais aux répétitions avec bonheur et je me suis enrichi de cette expérience. L’alchimie qu’on a tous les cinq dans ce qui fut un travail rigoureux et où on s’est beaucoup amusés m’a tellement fait exister sur scène… Et puis moi qui n’ai pas connu cette époque des avancées du droit des femmes dont la loi Veil, j’ai beaucoup appris de ce texte.» Au charisme et au talent innés, Martin Langlois s’est fondu dans l’équipe avec l’aisance et la générosité d’un comédien chevronné, aidé en cela par la mise en scène inventive et d’une finesse extrême que l’on doit à Gil Galliot. Loin de faire de la paraphrase, passant d’une époque à l’autre dans des mouvements fluides au sein de scènes s’enchaînant avec virtuosité, ne perdant jamais ainsi le spectateur dans ces expositions de temporalités différentes, celui-ci accompagne le travail de tous dans une modestie et une flamboyante approche du texte.
Moment bouleversant où sont cités des hommes amoureux des femmes tels Jacques Brel, « Ne me quitte pas » Paul Eluard, « la courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur », Aragon des « Yeux d’Elsa », montrant que depuis 1998 « les filles préfèrent le Parc des Princes aux princes charmants », insistant également sur un certain MLF (Mâle Lâché par les Femmes) voilà un spectacle théâtral et musical de toute première importance. Et si beau à voir, tant les costumes de Chouchane Abello-Tcherpachian, les décors de Sophie Jacob, la chorégraphie de Johan Nus accompagnant la musique originale de Pascal
Lafa, et les lumières de Gil Galliot en personne, sont à la hauteur de ce projet artistique au final citoyen et salutaire.
du 2 février au 6 mai 2026
les lundi mardi et mercredi
à 19h ou à 21h15







