Acte 2

Brassens, Brel, Ferré, ou l'interviewSaison 2010 - 2011

 

Aurore Ly se tire remarquablement de l'aventure périlleuse consistant à «ressusciter», sans les trahir, des personnages singuliers que nous avons tant aimés. Et c'est un bonheur…
Les Trois Coups - Marie Ordinis

La mise sur scène de cette interview par Aurore Ly est une belle réussite. Les trois comédiens sont épous touflants et portent le texte avec une telle spontanéité que le spectacle est terriblement vivant, jubilatoire et émouvant...
Froggy’s delight - M.M. 

Ils ont fait un triomphe à Avignon l'an passé. C'est une idée magistrale. Et c'est fait avec beaucoup de sensibilité et de talent.
France 2 : C’est au programme - Frédéric Zeitoun
 

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Le 6 janvier 1969, Jean-Pierre Leloir, co-fondateur du magazine Rock and Folk, fixe à jamais sur le papier cette photographie que nous connaissons tous de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré, autour de la table.

Mais que se sont-ils dit pendant deux heures ?

Presque 40 ans après, s’appuyant sur des bandes sons et des écrits, Aurore Ly adapte cette interview pour 1h de scène, gardant comme sujet, les chansons, l’art, l’anarchie, la religion, les femmes et surtout leur philosophie.

 



Auteurs :
Georges Brassens, Jacques Brel, Léo Ferré

Mise en scène et scénographie :
Aurore LY

Avec :
Erwan COURTIOUX : Jacques Brel
Gildas LOUPIAC : François-René Cristiani
Alain LAGNEAU : Georges Brassens
Alain PRETIN : Léo Ferré


en tournée saison 2010-2011
 


Note d’intention 

Mettre en scène l’interview de ces trois immortels est un projet qui me tient à cœur depuis très longtemps.
A l’heure où nombre de chanteurs ne sont plus que des produits marketing ciblés, et où peu importent leur voix, les textes ou leur humanité, il est important de retrouver la chanson comme un véritable véhicule d’émotion.

La voix, la diction, et surtout les paroles doivent faire partie des fondamentaux de la vie d’une chanson. Les reprises récentes de classiques façon télé, portées par de grands noms n’ont jamais enrichi le paysage de la chanson française. Ces noms là ne servent que de caution à l’audience. On en a oublié la teneur.

Où sont passés aujourd’hui, l’engagement et les prises de positions ? Où est passé le charisme, la présence d’un Brel sur scène ? Où est passé l’humain qui fait vivre son texte ? Où est passée la voix défaillante de trac d’un Brassens et le regard perdu et fou d’un Ferré qui part avec sa chanson ?  Ils étaient des artistes au premier sens du terme, au seul sens du terme. Artistes revendicateurs avec des convictions parfois atténuées par une pincée de second degré, en marge de la société, ne vivant que pour leur art. Peureux, susceptibles, sensibles, pudiques, ne faisant passer leurs sentiments que par les paroles qu’ils écrivaient.

On les dit poètes. Ils réfutent ce terme. Car pour eux, écrire une chanson avec leur cœur et leurs idées, c’est normal. Et naturel. Et ils ont raison. Etre artiste, c’est savoir défendre son opinion, c’est savoir quelles raisons nous poussent à faire ce métier, souvent des raisons « irrationnelles », c’est avoir des convictions indéfendables. C’est savoir, au fond, que de toute façon, on ira de l’autre côté du mur. 
Et c’est valable au théâtre comme dans la chanson. Etre artiste, c’est accepter de se donner aux autres, c’est un sacerdoce. On consacre sa vie pour ça, sans attendre de gloire ou de renommée, inconsciemment, sans le vouloir finalement car on ne peut pas, on ne sait pas faire autre chose. Etre artiste n’est pas un commerce. On ne devient pas chanteur ou comédien.

On naît.
On le sait, enfant et on se doit de défendre nos opinions, nos envies. C’est ce qui transparaît sur leur visage quand ils chantent, qui se lit sur leurs traits quand ils parlent, et non, le nombre d’heures et de cachets qu’ils auront à la fin de leurs tours de chants.

Leur interview est toujours d’actualité. Ils discutent des mêmes faits qui subsistent encore aujourd’hui. Presque 40 ans… La seule différence que je noterais, serait que les journalistes d’alors étaient peut-être, beaucoup plus engagés eux-mêmes qu’ils ne le sont aujourd’hui. Les sujets d’alors n’étaient pas toujours conformes aux présupposés politiquement corrects. On ne se perdait pas en délibération people, on posait de vraies questions et on exigeait de vraies réponses. Il faut croire que les débats avaient plus de consistance.

Il est probable que les dénicheurs de ragots n’y trouveront pas leur compte. Car cette pièce n’est pas une délibération sur la vie cachée de ces trois grands noms que sont, Brassens Brel et Ferré, mais une charge d’âme, une simplicité authentique et spontanée, une intimité soutenue et simple. Car il faut bien le dire, « chez ces gens là, on vit. »

En dernier point, cette pièce est un hommage. Pour les faire revivre, l’espace d’un moment que nous donne la magie du théâtre, pour leur génération, la mienne et celle à venir.

Si je devais faire une analogie, je me permettrais la comparaison avec une journée du patrimoine. Cette pièce est une entrée vers des monuments dont nous connaissons tous certains traits sans jamais s’être véritablement penchés dessus pour y déceler les fondations d’un avenir.

On n’oublie pas les artistes. Il faut espérer que leurs traces restent notre avenir.

Aurore LY

 

 

 

…GB : « vous savez la mort, je l’ai acceptée. En acceptant de vivre, j’ai accepté de mourir aussi. »…

 


Aurore Ly : metteur en scène & scénographe

Aurore Ly a débuté à l’Atelier théâtre Molière en 1989 puis à San Francisco. Elle passe par le cours Florent et crée « Oscar » de C.Magnier, pour le Festival d’Avignon 2004. En rentrant, elle travaille sur le texte « la Patiente », d’Anca Visdei. Puis elle se consacre à l’Opéra « Cosi » de Mozart, qu’elle co-met en scène avec M. Studer, qui aboutit à une tournée en Suisse en 2005. Elle monte pour la compagnie 4 gars ; 4 filles, « Après la pluie » de Sergi Belbel, pièce représentée au théâtre de Neuilly. Elle s’essaye au spectacle de rue et adapte et met en scène le roman d’E. Gaboriau, « Le petit vieux des Batignolles », ainsi que « Le léopard des Batignolles » de C. Izner destiné à la nuit des libraires, pendant deux années consécutives. « Mais n’te promène donc pas toute nue », et « Feu la mère de Madame », de G. Feydeau, pièces dans lesquelles, elle joue également seront programmés en 2006, au théâtre « Les enfants Terribles ». Elle a travaillé également en collaboration avec le théâtre du Nord Ouest pour plusieurs créations : « Port Royal », de Montherlant, repris à Port Royal des Champs, dans le lieu historique… presque  400 ans après. Elle y signe la mise en scène « Brassens, Brel, Ferré ou l’interview » spectacle repris au Festival d’Avignon 2007 et 2008, puis en tournée en France, Belgique et Allemagne. Elle joue dans le « Hamlet » de J.L. Jeener. Et y met en scène « Homosexualité » de J.L. Jeener repris au Festival gay et lesbien au théâtre côté cour. Elle est également professeur de théâtre pour les ateliers, bleus, le lycée Kandinsky de Neuilly et son cours privé du 17ème. 

 


 

Erwan Courtioux : Jacques Brel

Comédien de formation, à l’Ecole Supérieure de la Ville de Paris, il a eu pour enseignants principaux Y.Pignot, J.C Cotillard, M.Archimbaud, R.Acquaviva, et pour intervenants L.Bourdil, S.Loucachevsky, J.P Denison.
Il a principalement été mis en scène par J.C Cotillard (« Une très Belle Soirée » tiré des Fragments du discours Amoureux de R.Barthes), N.Briançon (« Loin de Rueil » de R.Queynaud, « La Guerre de Troie n’aura pas Lieu » de J.Giraudoux), J.Ravix (« La Quenouille de Barberine » d’A. De Musset et M.Hunet (« L’indien Cherche le Bronx » d’I.Horovitz).
Il a mis en scène et joué « Le Roi se Meurt » d’E.Ionesco, le spectacle de bars « Moi Adam Toi Eve » d’E.Marquis, et plusieurs fois mis en scène la troupe des « Comédiens Songeurs » composée de personnes psychotiques.
Côté Cinéma et TV il a principalement été dirigé par P.GrandPerret (« Sécurité Intérieur » pour Canal+, « Partenaires » pour les Talents Cannes de l’ADAMI), S.Brisset (« Le Grand Soir ») et C.Marcadier « Une Vie de Silence ».
Il est aussi marionnettiste pour « Les Guignols de l’Info » (Canal+) et pour le « Muppets Show »  (TF1).
Il est enfin le chanteur du groupe de rock « Yrsut » pour lequel il écrit les textes et co-écrit la musique, et chanteur-comédien  pour « Les Pères Jacques » et leur spectacle musical.
Il interprète Brel, pour l’Interview, dans une mise en scène, signée Aurore LY.
 

Alain Lagneau : Georges Brassens

Alain Lagneau  fête avec ce spectacle ses 30 ans d’un parcours théâtral des plus métissés.
Enseignant, le soir,  il retrouve Molière, Obaldia, Tchekhov, Courteline, Corneille, Racine, Anouilh, mais aussi Vian, Woody Allen et Tennessee Williams.
Il entreprend divers stages et formations (mime, cirque, yoga, cascade, électricité générale), il décide de tout enseigner par le théâtre.
Il écrit « Al », « La Bascule », Hors les Murs », en tout une dizaine de pièces dont certaines sont en tournée depuis plusieurs années. Il se lance également dans l’arthérapie, prévention, thérapies congnitivo-comportementales, spectacles équestres, addictologie et films d’entreprise.
Il dirige la compagnie Acthéâtre, dont la vocation est de mettre les arts dramatiques au service de toutes les actions de terrain, en milieu précaire comme en prison, dans les services sociaux comme dans les théâtres et dans le milieu médical. Il joue Georges Brassens, depuis le 13 mars 2007, date de création de « Brassens, brel, Ferré ou l’Interview ».
 

Gildas Loupiac : François-René Cristiani

Né le 4 août 1981, il vient au théâtre après des études de cinéma durant lesquelles il jouera dans « Orphée » de J.Cocteau (mis en scène par P. Causse), organisera une journée de performances en collaboration avec le groupe Fluxus, écrira et mettra en scène sa première pièce : « Œdipe caquète et plonge à ton approche, qu’est ce qui reste ? »
Il entre en 2005 au conservatoire du 20ème pour y suivre l’enseignement de P.Parsat pendant trois ans.
Grâce à l’initiative d’Y. Pignot et de J.F Tracq, il jouera au Rond-point dans « La Baignoire aux deux chaises », écrit et mis en scène par M.Delis, dans « Soap », écrit et mis en scène par A.M Ouellet, et dans « Sous influence », écrit et mis en scène par L.Dudek, il y suivra le stage de Pipo Delbono et figurera dans « Enrico V », enfin il écrira et mettra en scène « Une vie plumée », dans la salle Roland Topor.
Dans le même temps il jouera sous la direction de D.Augerot dans « Histoire des larmes » de J. Fabre et sous la direction de P. Parsat dans « Les aveugles » de M. Maeterlink, dans « Six personnages en quête d’auteur » de L. Pirandello. Il embraye en 2007 avec le rôle du Journaliste dans « Brassens Brel Ferré, ou l’Interview » mis en scène par A.Ly au Théâtre du Nord-Ouest.
Depuis il a dans « Troïlus et Cressida » et « Hamlet » de W. Shakespeare, adaptés et mis en scène par J.L Jeener au TNO.
En 2008 il joue Skouratov dans « Les Justes » d’A. Camus, mis en scène par B.Mallek et T.Lequesne au TNO et à la Salle des Fêtes de Nanterre.

Alain Pretin : Léo Ferré

Une formation de comédien auprès de Denise BOSC et Robert MARCY, il est par ailleurs auteur et membre de la SACD. 
Il est un « familier » de l’équipe de Karl Zéro en travaillant à une série de films courts pour l’émission de Canal Plus : CNN International. Il est également producteur de spectacles : « L’autre », pièce autobiographique de B. Canny, MES par V. Vagh au Théâtre de Nesle, écrivain metteur en scène : «  Une vie à deux » jouée au bateau théâtre. Il se produit dans le monologue « Le Fétichiste » au théâtre Le Bourvil, repris en 2003 à « l’Atelier Théâtre de Montmartre » mis en scène par F. Post. Il travaille aussi avec les enfants malades de l’hôpital Robert Debré. En 2004, il  rejoindra  la troupe de comédiens du théâtre du Nord Ouest à Paris. Ce sera  « Feu la mère de Madame » de G. Feydeau mis en scène par E. Mellul. « Jérusalem », d’un auteur arménien exilé en France mis en scène par L. Simonian. « Les Plaideurs » de Racine, mis en scène de P. Naud. «  La Reine morte » de Montherlant, mis en scène J.L. Jeener. « Le Ruban de Moëbius » de  K.Simonian, mise en scène de L.Simonian. Le théâtre de Dreux lui propose de jouer dans « Caligula », d’A.Camus mis en scène par M.M. Lozac’h ainsi qu’ « Interromptu » monologue écrit par R. Dorland et mis en scène par G. Moign et la pièce de Jean Tardieu, «  Le Guichet ». Il devient Léo Ferré pour « Brassens, Brel, Ferré ou l’interview » mis en scène par Aurore LY.
En 2008 il est dans « Le Plaisir de Rompre et le Pain de ménage » de J. Renard, mise en scène de M.V Raban.

 

 


Brassens, Brel, Ferré, ou l'interview