Acte 2

RespireSaison 2021-2022

la pièce

Une nuit durant, dans le couloir d’une maternité...

... une femme en bataille.

Elle espère, désespère, espère de nouveau que son enfant née quelques heures auparavant va réussir à respirer toute seule.

Derrière la vitre qui les sépare, la mère parle à sa fille, lui raconte le monde pour lui insuffler le désir, l’attirer vers le monde des vivants.

Une nuit durant, dans ce couloir, une mère attend et oscille entre rage et supplique, animal doutant de ses forces, être humain qui croit éternellement à la vie.


note de l’auteure

Ce texte est un appel. Pas à ma propre fille, pas même à un enfant existant. Écrit quand la violence et l’obscurantisme semblaient menacer de tous côtés, il s’adresse à tous ceux d’en- tre nous guettés par l’hésitation – l’hésitation face au tremblement du monde, à l’incerti- tude, à la difficulté d’être et de persister dans cet être. Il fait miroiter à ces hésitants la joie et la révolte, la liberté et l’amour, et les charmes cachés de tout ce qui loge dans les replis des choses. Il espère entraîner un enfant vers la vie – mais c’est nous tous qu’il cherche à rapter. Ce texte est un appel, et pourrait être un chant.


note de mise en scène

En lisant ce texte, follement concret et poétique à la fois, j’ai été saisie du début à la fin comme par une vague. Sensation d’être emportée dans un thriller musical. Immédiatement j’ai pensé à Romane Bohringer, dont la voix, le corps et l’immense talent me semblent parfaits pour incarner ce personnage. J’ai ressenti comme une évidence la nécessité d’un accompagnement musical qui ne serait pas une illustration, mais plutôt un personnage dialoguant par instants avec cette femme éperdue d’amour et se battant pour insuffler la vie à son enfant.

Les couleurs du piano et de la guitare, les sons classiques et électros alternent, ou se mélangent. Elio Di Tanna compose et crée l’espace sonore en lien avec Bruno Ralle qui interprète ce partenaire, image masculine mélodique ou dissonante.

L’écriture de Sophie Maurer est étonnante dans la mesure où son texte, construit comme une litanie, nous embarque dans un monde entre la vie et la mort qui nous est totalement familier. Sans complaisance, avec des fulgurances d’humour ou de poésie, elle décline le parcours de cette femme qui combat comme une tigresse, la peur au ventre mais avec une détermination implacable afin d’amener son enfant à accepter sa naissance.

L’issue est incertaine et en découvrant le parcours nous sommes envahis d’empathie et haletants. 

Pour dérouler le fil de ce voyage immobile dans le service des soins intensifs aux nourrissons d’une maternité parisienne, la scénographie suggère plus qu’elle ne raconte. Avec Lucas Jimenez pour le décor et la lumière, Mélina Vernant pour l’image, nous travaillons sur une photo projetée, dont la transformation subliminale au cours du trajet suit l’émotion du personnage. Une simple rambarde en plexiglass construite en pointe comme la proue d’un navire, une passerelle transparente, un éclairage en diagonales et diffusé parfois de manière invisible, parfois en rupture souligne ou adoucit l’intensité des mots.


de Sophie Maurer

mise en scène Panchika Velez

avec
Romane Bohringer, Bruno Ralle

scénographie et lumières Lucas Jimenez
images Mélina Vernant
musique Baloo Productions
collaboration artistique Mia Koumpan

production François Volard - Acte 2


la pièce

Dans un couloir d’hôpital, une mère attend, une nuit durant. Elle espère, désespère, espère de nouveau que son enfant née quelques heures auparavant parviendra à respirer seule. Derrière la vitre qui les sépare, la mère parle à sa fille, pour tenter comme elle peut de l’attirer vers le monde des vivants. Une nuit durant, dans un couloir d’hôpital, une mère attend et vacille entre la rage et la supplique, en animal doutant de ses forces.

 




en tournée d'octobre à décembre 2021
Respire