Acte 2

Montaigne, Shakespeare, mon père et moiSaison 2009 - 2010

 

 

Un spectacle intimiste et émouvant
Figaro

Entre sourires et larmes, 1h15 de bonheur
Le Journal du dimanche 

Magistral
Le Bien public 

 



 

“Mon père m'a laissé en héritage “Les Essais” de Montaigne. 
Ce livre a accompagné sa vie, comme ensuite il a accompagné la mienne.

Sur la plage de mon enfance, qui est ma première scène de théâtre, j'ai voulu retrouver leurs traces, jouer avec leurs contradictions, leurs mots. J'ai voulu qu'ils rencontrent Shakespeare, qui dans "La Tempête" a cité les "Essais", j'ai voulu le faire librement : « comme un cheval lâché, à sauts et à gambades. »”

Philippe Avron

 

 

 


 

texte et interprétation :
Philippe Avron

collaboration artistique :
Alain Timar

musique : Jean-Jacques Lemêtre - masques : Erhart Stiefel

 

Avignon 2010 :
Théâtre des Halles à 19h30
du 7 au 29 juillet 2010 (relâche les 11, 18 et 25 juillet)

 



 

"Du plaisir (d’abord) d’avoir dialogué avec un poète de la trempe de Philippe Avron. Une sensibilité et une énergie rares ont alimenté chaque jour l’envie de construire et créer avec passion pour parler aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui !

Philippe possède une insolence et une impertinence salutaires mais également une bonté qui nous pousse à aimer l’humanité avec la conviction de trouver chez l’autre ce même salut. Qu’il m’ait accordé sa confiance pour l’écouter, le conseiller et le guider scelle une amitié artistique, humaine et spirituelle."

Alain Timar, metteur en scène

 


PHILIPPE AVRON, auteur, interprète

1960 - 1964, Philippe Avron est comédien chez Jean Vilar : Les Rustres, L’Alcade de Zalaméa, L’Avare… Il écrit des sketches qu’il interprète avec Claude Evrard — élève, comme lui, de Jacques Lecoq — dans différents cabarets de la rive gauche : L’Écluse, La Galerie 55, etc.
Il tourne au cinéma dans Fifi la Plume d’Albert Lamorice et dans Les Fêtes galantes de René Clair.
1964, il interprète L’Idiot à l’Atelier, dans la mise en scène d’André Barsacq. Grand Prix de la Critique.
1968, il participe à un travail autour de La Tempête avec Peter Brook. Au cinéma, il tourne Bye, Bye Barbara avec Michel Deville et Les oiseaux, les orphelins et les fous avec Youraï Yokubisho.
1970 - 1975, Avron-Evrard jouent au Théâtre Grammont, en Avignon, à Bobino, à l’Olympia, à la télévision. Tournée en Europe. Philippe Avron donne des cours chez Jacques Lecoq et monte avec Evrard une équipe de recherche théâtrale.
1977, Hamlet de Shakespeare. Festival d’Avignon, T.E.P., mise en scène de Benno Besson.
1978, Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht. Festival d’Avignon, T.N.P., mise en scène de Benno Besson.
1980, Pierrot d’Asnières, one man show. Festival d’Avignon, Théâtre Montparnasse. Tournée en Europe.
Dom Juan de Molière, rôle de Sganarelle. T.N.P., L’Odéon. Mise en scène de Roger Planchon.
1983 - 1987, Avron Big Bang, one man show. Festival d’Avignon, La Parcheminerie à Rennes, Palais des Glaces. Tournées en France, Belgique, Suisse, New York, Washington, Houston, Afrique de l’Est… Spectacle tourné par FR3. Prix des journalistes universitaires.
1987, Dom Juan de Molière, rôle de Dom Juan. Mise en scène de Benno Besson. Comédie de Genève, Maison des Arts de Créteil.
1988, Dom Juan 2000, one man show. Créé à l’Atelier St-Anne à Bruxelles. Tournées en France, en Europe, Afrique de l’Est.
1991 - 1992, La nuit de l’an 2000. Texte de Philippe Avron avec Claude Evrard et Marianne Sergent. CADO d’Orléans, tournée en France, T.E.P.
1993, Avron-Evrard en liberté. Festival d’Avignon.
1994, Ma cour d’honneur, Maison Jean Vilar. Festival d’Avignon.
1996, Ma Cour d’honneur, Espace Acteur. Paris.
50ème anniversaire du Festival d’Avignon, Ma Cour d’honneur à l’hôtel de Rochegude. Prix spécial théâtre de la S.A.C.D.
1997, Ma Cour d’honneur. Tournées en France, Belgique, Canada (Ottawa).
1998, Phillipe Avron Je suis un saumon. Tournées en France, Belgique (Bruxelles), Festival d’Avignon.
1999, janvier-juin, joue Je suis un saumon au Théatre Rive-Gauche, Paris. Molière
1999 du meilleur one man show.
1999, octobre : tournées aux Etats-Unis (New-York), au Canada (Montréal) et en Belgique.
2000, tournées en France.
2001, tournée Montréal et Quebec.
2002, janvier-juin Théatre Le Ranelagh Paris Le Fantôme de Shakespeare. Molière 2002 du meilleur One Man Show. Automne, tournées en France
2003, tournées en France. Automne, tournée à Montréal et Quebec, Le Fantôme de Shakespeare.
2004, janvier, création de Rire fragile au Théâtre de la Vie à Bruxelles. Janvier à juin, tournées Le Fantôme de Shakespeare. Juillet, Avignon, Théatre du Chêne noir, Rire fragile. 15 septembre au 2 Janvier 2005, Rire fragile au Théatre du Ranelagh. 21 décembre au 2 janvier 2005, la Trilogie Je suis un saumon, Le Fantôme de Shakespeare, Rire Fragile.
2005, janvier à juin, tournées Le Fantôme de Shakespeare et la Trilogie. Avril, la Trilogie à Montréal et Quebec. Automne,tournées La trilogie.
2006, création Mon ami Roger.
2007, présentation à Paris puis 2008 - 2009, tournées.


ALAIN TIMAR, collaboration artistique

Après des études supérieures en France et un parcours dans diverses compagnies théâtrales, Alain Timar décide de s’installer à Avignon où il fonde le Théâtre des Halles qu’il dirige et anime depuis 1983. Il poursuit conjointement un travail de metteur en scène, de scénographe et de plasticien.
Il a signé plus de 45 mises en scène en France et à l’étranger, ainsi que de nombreuses expositions et installations.

1975 et 76, Ulysse d’après Homère (adaptation Alain Timar)
1977, Amédée ou comment s’en débarrasser de Eugène Ionesco
1978, La paix de Aristophane
1979, Lorsque 5 ans seront passés de Fédérico Garcia Lorca
1980, Tardieu X 8 de Jean Tardieu (adaptation Alain Timar)
1981, Yes peut-être de Marguerite Duras
1982, Le Cauris de Jenny Szabo
1983, Histoire encore de Samuel Beckett, Comédie / Cascando / Va et vient / Pas moi
1984, Ani Maamin* de Elie Wiesel
1986, Paysages intérieurs de Samuel Beckett, Cette fois / Ohio Impromptu / Fragment de Théâtre 2 / Acte sans paroles / Berceuse
1987, La grande roue de Vaclav HaveI (adaptation Ivo Palec et Alain Timar)
1898, Hors limites de Henri Michaux (adaptation Alain Timar)
1988, Le funambule* de Jean Genet
1989, L’atelier volant* de Valère Novarina
1989, Rhinocéros (création en hongrois) de Eugène Ionesco (tournée Hongrie)
1990, Rencontre* de Peter Nadas
1991, Il funambulo (création en italien) de Jean Genet (Festival de Palerme)
1991, Arthur K de Hervé Royer
1992, L’école des génies de Miklos Hubay
1993, Au bord de la vie* de Gao Xingjian
1994, Signes particuliers de Pierre Bourdieu (tirée de La misère du monde)
1995, En attendant Godot de Samuel Beckett
1996, Lettres indiennes de Gerty Dambury
1997, Monologues d’or et noces d’argent de Sony Labou Tansi
1997, Ô vous, frères humains de Albert Cohen (adaptation Danielle Paume)
1998, Inventaire d’une mélancolie de Patrick Chamoiseau (adaptation Danielle Paume)
1999, Le somnambule de Gao Xingjian
1999, Le funambule de Jean Genet
2000, Le procès* de Franz Kafka, (adaptation David Zane Mairowitz)
2001, Au bord de la vie** de Gao Xingjian
2002, Les chaises** de Eugène Ionesco
2002, Pour Louis de Funès** de Valère Novarina
2003, Le livre de ma mère de Albert Cohen
2004, Babel Taxi de Mohamed Kacimi
2005, Regarde les femmes passer de Yves Reynaud
2005, Fin de Partie, de Samuel Beckett
2005, Les Chaises création en américain), de Eugène Ionesco (représentations à Washington)
2006, Les Bonnes de Jean Genet
2006, En attendant Godot (création en tagalog), de Samuel Beckett (représentations à Manille)
2007, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al Joundi et Mohamed Kacimi
2007, Ubu roi de Alfred Jarry
2008, Je veux qu’on me parle de Louis Calaferte
2009, Une voix sous la cendre de Zalmen Gradowski
2010, Simples mortels de Philippe de la Genardière (adaptation Alain Timar)

* Créations programmées dans le cadre du Festival lN d’Avignon
**Créations programmées en partenariat avec le Festival d’Avignon

 

 


 

teleramaLe partage de Montaigne : à Avignon, le comédien Philippe Avron présente “Montaigne, Shakespeare, mon père, et moi”. Seul en scène, il fait glisser son récit vers la conversation, puis l'autoportrait. Généreux et plein d'esprit.
Sur scène, Philippe Avron a un drôle d'éclat dans le regard.
S'y mêlent à la mélancolie la bonté, à l'abandon la joie. Tel est sans doute le luxe suprême et paradoxal que peut encore s'offrir un vieil homme qui n'a plus rien d'autre à perdre que son intime liberté. Comme un chat, il apparaît sur le plateau, un exemplaire des Essais de Montaigne à la main. Très vite il se jette dans son « racontage ». Avec autour de lui, pour seul décor, une chaise, un pupitre et une table. Et par-dessus son corps mince, la clarté du ciel avignonnais. « Mon père, entreprend-il, m'a laissé Montaigne en héritage... » Commence une conversation à travers l'épaisseur du temps entre Philippe Avron le fils - celui qui est là devant nous et cherche à saisir une fois encore la trame de sa vie -, Philippe Avron son père, Montaigne et Shakespeare. Le comédien, lorsqu'il marche, traîne un peu la jambe. Si la mémoire lui joue quelques tours, bon joueur, il s'en amuse, se laisse faire par elle. Montaigne l'avait écrit avant lui : « Je suis un homme sans mémoire et sans ambition. » Et qu'importent mémoire et ambition puisque le même Montaigne savait ce qu'était son chemin, « J'ai fait le projet extravagant d'aller de moi-même vers moi-même. » De la conversation, l'on glisse tout naturellement vers l'autoportrait. Avron nous entretient de lui, de l'amour qu'il eut pour son père, de l'amour que ce père eut pour lui, et de ce Montaigne qu'il lui offrit en partage. Et puisque nous en sommes à ce qui fait la matière d'une existence, le comédien met ses pas dans ceux de La Boétie questionnant l'essence de la tyrannie : « C'est dans la solitude que naît la démocratie... » Ou dans ceux de Shakespeare, suppliant son public à la fin de La Tempête, « Soyez les ingénieurs chimistes de nos métamorphoses. » Ce que nous sommes devenus sans nous en rendre compte. Daniel Conrod, le 23 juillet 2010

 

figaro Philippe Avron, son père et Montaigne : le comédien donne un spectacle intimiste et émouvant dans la Cité des papes.
Chemise bleue à manches longues sur pantalon noir, silhouette gracile et fragile, visage émacié, regard brillant… Philippe Avron surgit entre les deux sapins sur la scène installée dans le joli jardin du Théâtre des Halles, à Avignon, dans le cadre du festival off. 

L’ancien comédien de Jean Vilar commence : « Mon père m’a laissé en seul héritage Les Essais de Montaigne… ». Il rend hommage à son géniteur, haut fonctionnaire à Bordeaux, avec un spectacle intimiste intitulé : Montaigne, Shakespeare, mon père et moi. C’est un mélange de souvenirs personnels et de citations de ces grands auteurs dit, le sourire aux lèvres, sur un ton de confidence rare.
Sur la plage où il a passé son enfance, le petit Philippe raconte comment il « jouait à la mort avec son grand-père : si t’es touché, t’es tué ! ». Il « convoque » Michel de Montaigne pour un voyage dans le temps aux côtés d’un…chat, de deux ânes, de La Boétie et du chanteur Grand Corps Malade. Se remémore ses premiers pas en philosophie : « le regard du troupeau est unique, mais les bouses sont multiples », lança un jour son professeur en distribuant les copies. Analyse la « nihilité de l’humaine condition », rappelle que « chaque homme la porte en lui, l’humaine condition ». Et lâche dans un sourire « on naît chrétien, comme on naît périgourdin. ».

il s’agit moins pour Philippe Avron de faire réfléchir que de partager avec humour des pensées qui ont influencé son parcours. Il connaît Shakespeare par cœur, a notamment joué Hamlet au festival d’Avignon en 1977 et lui est resté fidèle depuis les années ’60. L’auteur élisabéthain a emprunté sans complexes dix phrases des Essais pour peaufiner La Tempête. ...on est ému par ce gentilhomme du théâtre, poète et conteur généreux d’une sensibilité à fleur de peau. Nathalie Simon, 11 juillet 2010

 

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Avec Avron, 1h15 de pur plaisir : l’auteur-interprète Philippe Avron produit un de ces one-man-show philosophico-poétiques dont il a secret.
Sans doute, les mots ne résonnent pas pareil et n’ont pas la même signification selon l’endroit où ils sont dits. Philippe Avron ne s’est pas trompé en choisissant le jardin situé sur les lieux de l’ancienne église Sainte-Claire dans le vieil Avignon. Les grands murs de calcaire blanc qui le ceignent en font un patio calme et lumineux. Sous l’immense platane colonisé par les cigales ou près du grand cèdre, la relative fraîcheur des fins d’après-midi font goûter du simple bonheur d’exister. On n’est pas surpris d’apprendre que la magie du lieu a opéré de façon mémorable, il y a sept siècles. Là -dit une plaque- le poète Pétrarque a rencontré l’amour sous les traits de Laure. Mais ils ne sont pas les seuls fantômes à fréquenter le jardin. Le comédien a aussi convoqué les mânes de son père, de Montaigne et de Shakespeare... Tous les spectateurs peuvent le certifier: ils sont venus.
Philippe Avron est un habitué d’Avignon, du "in" et du "off". Il a joué sous la direction des plus grands, de Jean Vilar à Beno Besson en passant par Roger Planchon. Mais sa parfaite connaissance des classiques ne lui a jamais fait mépriser les petites formes. La qualité de ses one-man-show lui a même valu à deux reprises l’attribution d’un Molière. Leur raffinement, leur propos indiqueraient, si besoin était, que l’exigence peut se conjuguer avec le succès. Sa dernière création et interprétation en témoignent encore. Il relate, aidé de son père, Montaigne, Shakespeare, un chat, deux ânes et d’un slameur dont il tient tous les rôles ce que l’on pourrait résumer par le sens de la vie. 

Les spectateurs portés par l’émotion, entre sourires et larmes
"La philosophie, je ne sais rien de plus gai, de plus gaillard, de plus enjoué. Je dirai même de plus folâtre", écrivait Montaigne. Même lorsqu’il s’agit de la finitude de notre destin, de la mort, la touche de Philippe Avron, qui est à bonne école, reste légère. Il rappelle l’étonnement de Neil Armstrong, le premier astronaute à fouler la Lune, devant l’infinitude et la minéralité de l’espace dont il n’était séparé que par son scaphandre et son attendrissement face à la petite planète bleue qu’il a eu envie de protéger et de vite retrouver. "La nihilité de l’humaine condition", est manifestement le critère par excellence qui fait en rabattre en prétention, en ambition et en folies diverses.
Il n’est ni possible ni souhaitable de résumer toutes les digressions qui nourrissent le propos de l’auteur-interprète. Ce sont elles qui font le spectacle, son plaisir et sa musique. Philippe Avron, à 81 ans, y est un incomparable chantre de la vie - grandeur et misère indissociables -, des autres et de l’instant qui est peut-être notre seul trésor. Les spectateurs le sentent bien qui se lèvent pour l’applaudir à tout rompre à l’issue du spectacle, portés par l’émotion entre sourires et larmes, afin de le remercier de cette heure quinze de bonheur. Un sacré cadeau, car comme l’écrivait Montaigne, complice et maître qu‘il s‘est donné, "la parole appartient, moitié à celui qui la dit, moitié à celui qui l’entend". Jean-Luc Bertet, Mercredi 14 Juillet 2010

 

lepoint

Philippe Avron en liberté 
Le soleil décline lentement dans le jardin Sainte-Claire. On entend les cigales. Devant les épais murs de pierre, la scène. Les gens se sont serrés, massés sur les marches, on a ajouté des sièges. Ils sont tellement nombreux à vouloir voir Philippe Avron, à vouloir l'entendre. Encore, encore. Avron et Avignon, c'est une histoire d'amour qui dure depuis 50 ans. Il y a joué Hamlet et Le Cercle de craie caucasien, Je suis un saumon et Dom Juan, Rire fragile et Ma cour d'honneur...
L'homme s'avance. Le pas est lent, la démarche douloureuse, le visage amaigri. Pourtant, Avron a gardé son sourire de grand gosse facétieux, sa verve et son oeil bleu pétillant, lumineux, son bonheur d'être là, avec nous. "Mon père m'a laissé en héritage Les Essais de Montaigne. Ce livre a accompagné sa vie, comme, ensuite, il a accompagné la mienne. Sur la plage de mon enfance, qui est ma première scène de théâtre, j'ai voulu retrouver leurs traces... J'ai voulu le faire librement : comme un cheval lâché, à sauts et à gambades."
Rythmé par la petite musique de Jean-Jacques Lemêtre, l'acteur évoque Montaigne et puis Shakespeare, son professeur de philo et puis son père. Il dote les animaux de parole et les hommes de rêves, met le grand Will à moto et prive les Japonaises de photos. Il réunit dans une valse folle et drôle un chat multicolore et Bartabas, les équidés Montaigne et La Boétie et Bartabas, Hamlet et Prospero, passant du coq à l'âne et mettant Les Essais cul par-dessus tête ! Alors, bien sûr, parfois il perd le fil, le retrouve ou non, mais cela importe peu.?"Tant qu'il y aura de l'encre et du papier de par le monde, j'écrirai", clamait Montaigne. "Tant que j'aurai du souffle, je jouerai", semble dire Avron, qui signe, avec ce solo, son testament de théâtre. Le théâtre permet tout. Les yeux baignés de larmes, on sourit, on applaudit l'homme qui se tient devant nous. Cheval fou en liberté et roi de théâtre, vieil homme et jeune homme éternel qui, nous serrant le coeur, livre un pied de nez merveilleux, bouleversant, à la maladie, et défie de son appétit de vivre et de jouer les dieux du théâtre. Les dieux tout court. Nedjma Van Egmond, 19 juillet 2010

 

bien public

Un spectacle magistral de Philippe Avron, homme bon et immense comédien.
Seul sur scène, cette figure du théâtre français frise de l’œil et du sourire en convoquant dans le désordre ses amulettes, ses fétiches ramenés d’une vie longue et belle. 
Avron fait le choix de la sédition, se laissant guider par le plaisir de l’échange. Qui attendrait la sagesse due à un homme âgé en serait pour ses frais. Avron est insolent, Avron est frondeur et chaque spectateur, ayant remplacé ses yeux par des billes bien rondes, se glisse sans peine dans la pensée du comédien. ?Et le théâtre, joyeusement libertaire, de s’installer au creux de la scène, nourrie de cabaret et de pensée féconde. Il nous a été donné de voir, comme Avron le glisse dans son spectacle à propos d’autres, « l’image d’un homme qu’on peut contempler. »
 Dijon, juin 2010

 


Montaigne, Shakespeare, mon père et moi