Acte 2

Moi et les Présidentssaison 2027-2028

Une satire tendre du pouvoir, de l’illusion citoyenne. Christophe Alévêque incarne ce candide avec justesse et une sincérité touchante.
Rue du Théâtre

U
n petit bijou d’intelligence et de drôlerie. On connaît aussi Christophe Alévêque pour ses revues de presse, avec lesquelles il remplit régulièrement la grande salle du théâtre du Rond-Point à Paris. Ici, il montre une autre facette de son talent : plus délicate, plus nuancée, mais tout aussi efficace.
Théâtrothèque




« Moi et les Présidents », c’est l’histoire sublime, intime, hilarante et terrible, d’un homme qui va se créer un monde parce qu’il a perdu le sien. Une porte ouverte à une humanité bouleversante et dévastatrice.

On jubile, on est en empathie, on rit, on est émus, mieux : on rêve.

Et grâce au magistral prix Goncourt Hervé le Tellier qui signe ce texte, grâce à notre génial Christophe Alévêque dont l’univers s’élargit encore et toujours, on revisite aussi
l’histoire.
Son personnage qui est aussi le nôtre, se confie
à un ami perdu, par le truchement d’une correspondance aux petits oignons aux Présidents de la République. Car il suffit parfois d’une enveloppe cachetée ou d’une carte postale lancée à la vindicte pour que se ranime la magie d’une rencontre.
Et que, au cœur d’une solitude, prenne chair un lien amical où l’imaginaire devient aussi réel qu’une poignée de main.

Ce texte, son interprétation et sa mise en scène sont une machine implacablement huilée où pas une virgule, ni une respiration ne sont laissées au hasard. Un opus d’une maestria et d’une finesse hors pair. Bon spectacle.

Delphine de Malherbe


d'après " Moi et François Mitterand " d'Hervé Le Tellier

mise en scène Delphine de Malherbe

avec Christophe Alévèque
Galerie photos

Rue du Théâtre
Hervé, François et les autres…

Portrait à la fois drôle et émouvant d’une solitude qui se trompe à grand renfort de correspondance avec l’Elysée, « Moi et les Présidents » dessine une satire tendre du pouvoir, de l’illusion citoyenne. Et un hommage à l’art de la lecture entre les lignes.   

Hervé n’a pas eu, jusqu’ici, une vie facile. Mais il a toujours su trouver les ressources pour rebondir. Et prendre le temps d’exercer pleinement sa citoyenneté, en tissant une correspondance régulière avec les Présidents de la République. De Mitterrand à Macron. Chaque lettre envoyée aura sa réponse. Qu’Hervé prend un malin plaisir à nous commenter.

Christophe Alévêque incarne ce candide avec justesse et naturel. Il donne une sincérité touchante à cette correspondance absurde. Il tisse un lien invisible entre le public et le texte, truculent, d’Hervé Le Tellier, pour en faire ressortir tout à la fois le sublime et le ridicule. L’humain, dans toute son ingénuité.

Le minimalisme de la scénographie permet de laisser la part belle au texte, servi avec talent par Alévêque. Un cadre vide suspendu invite à imaginer les portraits présidentiels successifs. Une table couverte de courriers sera l’espace des échanges de correspondances. L’essentiel se concentre sur l’interprétation et le texte. Et sans doute, l’essentiel est là.

Théâtrothèque

Lettres à l’Élysée, rire au théâtre  

C’est l’histoire, toute simple en apparence, d’un homme qui écrit aux derniers présidents de la Ve République. Il leur confie ses petits tracas, leur demande conseil, sollicite leur avis comme on s’adresserait à un proche, avec une candeur désarmante. À l’Élysée, bien sûr, ce type de correspondance reçoit une réponse-type. Mais lui veut y croire : ces lettres lui sont personnellement destinées, pensées pour lui, presque écrites de la main même du Président.
Le texte d’Hervé Le Tellier, prix Goncourt 2020 pour L’Anomalie, est un petit bijou d’intelligence et de drôlerie. Hilarant, touchant, jubilatoire, il avance sur cette ligne fine où l’absurde rejoint la tendresse. On rit beaucoup, mais jamais aux dépens du personnage : on rit avec lui, de son obstination, de sa confiance presque enfantine, de cette foi magnifique dans la parole officielle.

Christophe Alévêque, excellent comédien et auteur lui-même, s’empare de cette naïveté avec une justesse remarquable. Il nous embarque dans ses confidences, nous convainc presque, et nous émeut par cette conviction fragile que les Présidents lui répondent vraiment, personnellement. Derrière l’humour, il laisse affleurer une solitude, un besoin de dialogue, une attente de reconnaissance qui donnent au spectacle une profondeur inattendue.
On connaît aussi Christophe Alévêque pour ses revues de presse, avec lesquelles il remplit régulièrement la grande salle du théâtre du Rond-Point à Paris. Ici, il montre une autre facette de son talent : plus délicate, plus nuancée, mais tout aussi efficace.
Moi et les Présidents vaut vraiment le déplacement, pour la finesse du texte, l’intelligence du propos et l’interprétation sensible de Christophe Alévêque.


Moi et les Présidents