Acte 2

Les Précieuses ridicules ou le Molière Music-Hall Show2005 - 2006


Avec cette première saison du festival Coups de Théâtre, 
nous voulons installer, et pérenniser avec le public, un grand rendez-vous annuel entre les chefs d’oeuvre du répertoire
et les espoirs du théâtre vivant.

Qu’attendons-nous de plus ?
Le public ! Venant de tous les horizons, et toutes générations confondues, amateur de pièces classiques, auxquelles nous sommes fidèles, et de mises en scène vivantes, inventives, surprenantes.

Proposer ces classiques aux jeunes générations, c’est d’abord se poser la question de leur pertinence dans un monde nouveau. C’est donc, au-delà de toute reconstitution ou décorum, s’attacher à mettre en lumière l’éternité des thèmes abordés, à donner du relief et de la perspective à des personnages parfois ancrés dans leur époque, et à les faire entrer en résonance avec la société contemporaine. C’est ensuite relever le défi d’un apprentissage divertissant. C’est encore créer une passerelle entre les thèmes d’une oeuvre majeure et l’émotion d’un auditoire. C’est enfin tâcher de réconcilier anciens et modernes.

 



...Le premier triomphe de Molière...

En résumé :
Magdelon et Cathos, deux jeunes provinciales, arrivent à Paris en quête d'amour et de jeux d'esprit. Gorgibus, père de Magdelon et oncle de Cathos, décide de les marier à deux prétendants, La Grange et Du Croisy, mais ces dernières les ridiculiseront de telle façon que ceux-ci voudront se venger de ces « précieuses ». Entre alors en scène un jeune homme, Mascarille, se prétendant homme du monde fréquentant les meilleurs cercles, qui tombera amoureux de Magdelon. Vient ensuite un second homme, Jodelet, dont Cathos s'amourachera. On découvre ensuite que ces deux hommes sont des imposteurs, soit les valets des deux premiers hommes rejetés. Les précieuses sont tombées dans le piège et ont donc montré le ridicule de leur vanité.     

 

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photo : © id proscenium / Frédéric Bures

 



 

de Molière

Mise en scène : Jean Philippe Daguerre

 

Avec :

La Comtesse d' Escarbagnas:

La Comtesse d'Escarbagnas : Séverine Delbosse - Jeannot et Le Comte : Edouard Rouland - Le Vicomte : Grégoire Bourbier - Isabelle de Francesco - M. Tibaudier : Yves Roux - M. Bobinet : Simon Gleizes - Andrée : Andréa Torres - Criquet : Olivier Girard

 

Les Précieuses ridicules:

La Grange : Edouard Rouland - Du Croisy : Grégoire Bourbier - Gorgibus : Olivier Girard - Madelon : Charlotte Matzneff -
Cathos
: Sophie Reynaud - Marotte : Andréa Torres - Le Marquis de Mascarille : Yves Roux - Le Vicomte De Jodelet : Simon Gleizes

 Assistant à la mise en scène : Simon Gleizes

Costumes : Corinne Rossi
Peintures : Matzneva
Décors : Simon Gleizes/ Frank Viscardi
Musique : ego moi je

 


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photo : © id proscenium / Frédéric Bures

 

Note du metteur en scène :

"Les Précieuses Ridicules" nous peignent le portrait de deux jeunes provinciales arrivant à Paris en quête d'amour et de jeux d'esprit.

 "Je dois croire maintenant que mes précieuses ridicules valent quelque chose, puisque tant de gens ensemble en ont dit du bien". Nous sommes en 1659 et Molière tient là son premier succès et son accès à la cour.

Douze  ans plus tard, à l'occasion de sa dernière commande royale, il triomphe avec "La Comtesse d' Escarbagnas" qui relate les aventures amoureuses d'une veuve noble d'Angoulême entichée de bonnes manières qu'elle se vante d'avoir appris à Paris.

A travers ces deux satires cinglantes et hilarantes du snobisme et des pédants, Molière attaque plus la dérive de la préciosité et en particulier "les Pecques Provinciales" plutôt que le mouvement précieux "originel" né dans les salons parisiens où l'on révère et courtise les femmes suivant les principes de la courtoisie médiévale pour contrer la vulgarité des langages et des manières.

Le génie de l'écriture de Molière se transmet avant tout par la justesse éternelle de son regard sur les défauts de la nature humaine.

C'est à la fois effrayant et jubilatoire pour le petit bourgeois de province du 21ème siècle que je suis (c'est à  20 ans que j'ai vu Paris pour la première fois), de mettre en lumière ces deux bijoux de comédies.

Il est vrai qu'avec certaines filles, femmes et hommes de chez moi on pourrait remplir tout un poulailler de volatiles adorablement ridicules.

Etant né de leur œuf et vivant dans un milieu Théâtral où la préciosité règne en maitresse sur notre langage et notre comportement c'est surtout en me moquant des miens et donc de moi-même, que j'envisage de monter ces pièces dans un univers "Gothico-baroque" de basse-cour où Madame Oie blanche d'Escarbagnas et précieuses dindes à plûmes se disputent les faveurs des paons Mascarille et des coqs Jodelet.

Jean-Philippe Daguerre





Le metteur en scène :

Jean-Philippe Daguerre :

Formation : Conservatoire National de Bordeaux, Studio Pygmalion, Stages avec C. Saraceni, G. Desarthe, C. Rist, M. Charef, J.M. Broucaret, G. Vitaly...

Aprés une carrière de comédien Le Cercle de craie caucasien - Scènes nationales et Tournée internationale - J.M Broucaret, L’Herbe amère - Théâtre Hébertot - L. Chamack... d’acteur Beaumarchais l’insolent - E. Molinaro - La Mort du chinois - J.L. Benoit... et de chanteur Groupe Rock Les Facéties il se lance corps et âme dans la mise en scène. Depuis 10 ans, il signe de nombreux spectacles dans les plus grands théâtres parisiens avec talent et réussite.Paroles de Prévert et Les Femmes savantes au Théâtre du Gymnase - Le Bourgeois gentilhomme, Le Médecin malgré lui et Les Contes des mille et une nuits au Théâtre de la Porte Saint Martin - Au bout de la bande au Théâtre Déjazet - La Flûte enchantée au Théâtre Comédia...

 

 

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photo : © id proscenium / Isabelle Henry

 



artistikrezo

Ces Précieuses Ridicules ont tout du grain de folie nécessaire à cette pièce jubilatoire, la préférée de Molière dit-on…

Entre La Comtesse d’Escarbagnas et Les Précieuses, la mise en scène inventive de Jean-Philippe Daguerre, fait la part belle au jeu des acteurs. On se régale à les voir user de l’espace dévolu aux spectateurs comme un espace scénique à part entière. « Ridicules » bien sûr, ces jeunes provinciales qui ne trouvent leur salut que dans l’imitation outrancière des mœurs de la capitale, mais tellement drôles ! Mention spéciale à la Comtesse, alias Séverine Delbosse, dont le rire impayable excuse sa sotte vanité. Bien vu, ces emprunts à nos postures langagières contemporaines comme les mimes du rappeur ou les gesticulations délirantes – mais tellement vraies – du surfeur.

Théâtre dans le théâtre, les hésitations textuelles de Gorgibus sont excellentes et créent un décalage heureux avec le caquetage de la volaille – Magdelon et Cathos –, qui résonne encore à nos oreilles au sortir du théâtre ! Yves Roux campe un Marquis de Mascarille plein de vitalité. Une sorte d’escogriffe de basse cour dont le ramage se rapporte divinement à son superbe mais non moins ridicule plumage. Les costumes de Corinne Rossi sont inspirés et le Vicomte de Jodelet n’est pas en reste !

Molière n’est jamais autant de notre époque que lorsqu’il est joué et revisité avec ce talent et cette intelligence sensible. N’en déplaise aux puristes ! Karine Marquet


theatrotheque  

 

Ces Précieuses ridicules, la conjugaison des vocations artistiques des coulisses du théâtre portées comme à leur habitude en avant-scène dans cette magnifique composition de Jean-Philippe Daguerre : des costume d'époque de bien bel facture, magnifiés par la présence de plumage aux couleurs de haute Cour – un décor mêlé de simplicité et de réalisme – la musique, une ode qui glisse jusqu'à l'ouïe très agréablement, une cascade aux airs de bonheur. L'ensemble de ces métiers d'art contribuent à l'expression d'une mise en scène originale, captivante, belle, riche et ce, toujours avec le profond respect au texte original des pièces de Molière. 

Une nouvelle fois, Jean-Philippe Daguerre nous surprend par la qualité de ces mises en scène. Il n'est pas metteur en scène sur la place du marché théâtral actuel qui connaisse Molière autant que lui, crée et invente des spectacles textuellement classiques et contemporains dans leur interprétation. Jean-Philippe Daguerre, un nom, une signature dans l'empreinte de Jean-Baptiste Poquelin. Philippe Delhumeau

 


Les Précieuses ridicules ou le Molière Music-Hall Show