Acte 2

Les bonnesSaison 2007 - 2008

 

A marquer d’une pierre blanche.
Les Trois coups

Le public écoute, attentif, heureux de voir du théâtre, c'est-à-dire ravi d'être confronté aux passions servies par une langue superbe interprétée par un trio de qualité.
Le Figaro

La très belle scénographie de Timar amplifie dans un éblouissant jeu de simulacre, ce rituel de sacre et de massacre.
La Provence

Un vrai moment de théâtre que les trois comédiennes servent avec une intensité explosive.
Vaucluse l'Hebdo

Tournée : Octobre à Décembre 2007


Résumé

Solange et Claire, deux soeurs, travaillent en tant que bonnes au service de Madame. Elles rêvent d'assassiner leur patronne. Chaque soir, elles répètent en secret la scène fatale, jouant à tour de rôle les trois personnages du drame.

Jean Genet s'est sans doute inspiré du fameux crime des soeurs Papin pour écrire "Les Bonnes". Ce crime, en 1933, fascine les foules et occupe la une des journaux


De Jean Gênet

Mise en scène, scénographie :
Alain Timar

Avec :
Marcelle Basso – Madame
Odile Grosset-Grange – Claire
Lisa Pajon - Solange

Tournée : Octobre à Décembre 2007


Jean Genet s'est sans doute inspiré du fameux crime des soeurs Papin pour écrire "Les Bonnes". Ce crime, en 1933, fascine les foules et occupe la une des journaux.
L'art de l'écrivain et le feu du poète transfigurent cette histoire en une métaphore dérangeante et fascinante de la vie et de la société...
Solange et Claire, deux soeurs, travaillent en tant que bonnes au service de Madame. Elles rêvent d'assassiner leur patronne. Chaque soir, elles répètent en secret la scène fatale, jouant à tour de rôle les trois personnages du drame. Mais elles n'arrivent pas à leur fin : Madame échappe au tilleul empoisonné. Dans une totale confusion mentale, Claire s'identifiant à Madame, le boit... avec la complicité meurtrière de Solange.
Une histoire d'amour et de haine à trois portée au paroxysme. Une intrigue en forme de cérémonie sacrificielle comme dans les tragédies antiques. Une intrigue qui sème le doute, qui fait vaciller les limites entre le vrai et le faux, le juste et l'injuste, le bien et le mal... Genet parle de conte : certes, mais un conte philosophique et symbolique ancré dans un jeu charnel, psychique, fantasmatique, incisif et exacerbé.

Alain Timar


Galerie photos

le figaro

Dans un décor de verre et d'acier, les deux soeurs, l'une habillée d'une blouse informe, gants de vaisselle aux mains, et l'autre, fardée, perruquée, costumée en Madame, se prêtent au jeu du cérémonial, tour à tour bourreau et victime, ressuscitant l'éternelle relation du maître et de l'esclave. Un thème cher à l'auteur qu'il décline ici à la perfection.
Le public écoute, attentif, heureux de voir du théâtre, c'est-à-dire ravi d'être confronté aux passions servies par une langue superbe, qui transcende toute grossièreté, et interprétée par un trio de qualité. Alain Timar met l'accent sur la hargne de Genet, sa haine du tiède et des conventions. Un aspect belliqueux qu'on retrouve dans le jeu de Lisa Pajon, la révélation du spectacle.
Dans le rôle de l'aînée, Solange, la tête du tandem formé avec sa soeur Claire, campée par Odile Grosset-Grange, elle atteint son but. Elle nous émeut, sorte de lady Macbeth gagnée par le doute, égarée dans la folie. Cette jeune actrice issue du Conservatoire national d'art dramatique, un moment pensionnaire du Footsbarn Travelling Theatre, où elle a dû développer un jeu physique, immédiat, en prise directe avec le public, tient à bout de bras ce spectacle. Elle y met toute son énergie, sa concentration, balaye les réticences et gagne à Genet un public que l'exigence poétique de l'auteur peut dérouter. Elle trouve d'instinct la familiarité avec l'oeuvre et nous la communique avec une ardeur de jeune animal.

Marion Thébaud

 

la provence

Les deux bonnes sont seules dans l'appartement. Moment propice à leurs jeux solitaires : Claire jouera Madame et Solange jouera Claire. Ainsi commence la pièce de Jean Genet, dans un éblouissant jeu de simulacre. Rituel de sacre et massacre : Madame-Claire est une reine monstrueuse, il faut la tuer, mais chacune des deux sœurs hait en l'autre sa propre servilité, son malheur, son dégoût d'elle-même, et quand les crachats volent, on ne sait plus qui les reçoit, des bonnes ou de Madame.
Cette ambiguïté, le spectacle d'Alain Timar la tient de bout en bout. Par le jeu des comédiennes , Odile Grosset-Grange et Lisa Pajon, constamment entre jeu réaliste voire gouailleur et « surjeu » du jeu dans le jeu. Jusqu'à l'ultime tragédie où, seules à nouveau après le passage de Madame, et dépassées par leur « comédie », la mort de Claire devient inéluctable : suicide, meurtre, accident ?
Ultime énigme que se refuse de résoudre la scénographie : une cage de verre qui multiplie les espaces et les reflets flous d'un réel lui aussi multiple.
D'où l'effroi quand, dans ce trouble et troublant jeu de dupes, surgit Madame, bien réelle : stupéfiante et glaçante Marcelle Basso, précédée de son rire extraordinaire et du bruit terrible de ses hauts talons. Réelle ? Certes, mais, dans sa transgression, une apparition d'une étrangeté totale. Et qui, dans cette œuvre difficile, incarne en une seule personne, l'impossible désir de Jean Genet, d'être « le couple éternel du criminel et de la sainteté ».

 

la marseillaise

Alain Timar classe Les Bonnes à la frontière des contraires, dans un no man's land éclaté où se perd la raison dans l'enlisement d'une folie viscérale.
La mise en scène fait évoluer ce texte dans un fragile univers des transparences, qui donne aux personnages l'illusion de la liberté. Ornement conventionnel, le lustre central, seul élément stable de cette tragédie bourgeoise, éparpille sur les murs de verres des clartés imprécises, mouvantes. Alain Timar traite le texte en farce lyrique : c'est les dyonisies et les baladins du Pont-Neuf, le théâtre de boulevard et le sado-masochisme. Il pose sur Les Bonnes un regard incisif, mais sa vision ne contraint jamais celle du spectateur. Et si tout cela n'était qu'un jeu et la mort qu'un morbide divertissement ?
Odile Grosset-Grange est une Claire étonnante : raucité de la voix, élégance du geste, mégère non apprivoisée et diva d'opéra italienne, drôle parfois, émouvante aussi.
Solange est-elle le négatif ou le double de Claire, sa sœur psychologique ? L'interprétation de Lisa Pajon s'équilibre entre fureur et réalité, en fait le personnage le plus ambigu. Marcelle Basso est Madame, superbement, et dans ce titre il y a toute la bêtise cruelle d'une certaine humanité.
Le rouge et le noir des costumes, le décor funéraire, la serre, l'éclairage nuancé, ajoutent à l'atmosphère de cette pièce singulière.

Danièle Carraz

 

les trois coups

La mise en scène d'Alain Timar, c'est un très beau travail. Tout en étant très complexe, très fine, elle reste parfaitement fluide et lisible. La scénographie du même Timar est stupéfiante d'invention. Cette prison de verre et de métal est en osmose totale avec la pièce.
Stanislas Pierre (lumière, décor) et Hugues Le Chevrel (image, son) ne sont pas en reste et contribuent magnifiquement à la réussite de ces Bonnes à marquer d'une pierre blanche.

 

midi libre

Les spectateurs qui ont déjà assisté à cette version de la célèbre pièce du poète voyou sont encore, disent-ils, habités par cette intrigue en forme de tragédie antique interprétée par Marcelle Basso, Odile Grosset-Grange et Lisa Pajon comme un authentique tatouage à la mémoire.

 

vaucluse

Nos oreilles n'ont d'yeux (et réciproquement) que pour Lisa Pajon (Solange). Toute en nuances, la plus véhémente des deux sœurs vampirise le plateau. Face à deux bonnes comédiennes (Marcelle Basso et Odile Granget-Pierre), il y a une grande comédienne, un Torreton au féminin. (...) Enfin, une force immanente émane du décor, grande verrière, miroir géant et déformant de trois existences. Ces « Bonnes » là ont une vraie qualité : celle de la différence.


Galerie photos

Durée du spectacle :
1h35 sans entracte

Espace scénique, deux versions :

1) grand espace :
Ouverture : 9m au cadre
Profondeur : 11,60m
Hauteur : 4m

2) petit espace :
Ouverture : 8m au cadre
Profondeur : 8,50m
Hauteur : 4m

Ces dimensions représentent une configuration idéale.
Pour autant, elles ne sont pas immuables et nous nous adapterons au lieu.

Montage :
2 services de 4h00


Galerie photos

L’auteur, Jean Genet (1910-1986)

En 1942 il écrit son premier texte, alors qu'il se trouve en prison à Fresnes : Le condamné a mort, poème en alexandrins, et le fait imprimer à ses frais. Cocteau le soutient après avoir lu les manuscrits de Notre-Dame des Fleurs (publie en 1944) et de Miracle de la rose (1946), et obtient pour lui une remise de peine. II est libéré en mars 1944, et définitivement gracié en 1949. En moins de trois ans, il écrit Le Journal d 'un voleur, Querelle de Brest, Pompes Funèbres. Il écrit aussi pour le théâtre :Le Balcon (1956), Les Nègres (1958) et Les Paravents (1961).
Ses pièces le placent très vite au premier rang du répertoire contemporain. À partir de 1967, il entreprend un long voyage jusqu'en Extrême-Orient, et revient en France.
juste au moment des événements de mai 1968. Il publie alors son premier article politique, en hommage à Cohn-Bendit. La dernière partie de sa vie, il la consacre à l'engagement politique aux côtés des Black Panthers, puis des combattants palestiniens. Il commence la rédaction d'un ouvrage relatant ses séjours dans les camps palestiniens et auprès des Black Panthers, ouvrage qu'il abandonnera et reprendra plusieurs fois avant d'aboutir, quinze ans plus tard, en 1985, à la publication d'Un captif amoureux.
En 1982, il se trouve à Beyrouth lors du massacre des camps de Sabra et de Chatila. Il reprend alors la plume pour rédiger Quatre heures à Chatila, l'un de ses textes les plus engagés.

 

Le metteur en scène, Alain Timar

EAprès des études littéraires universitaires en France et un parcours dans diverses compagnies théâtrales, Alain Timar décide de s'installer en Avignon. Il fonde Ie Théâtre des Halles qu'il dirige et anime depuis 1983. II poursuit conjointement un travail de metteur en scène, de scénographe et de plasticien. II est régulièrement invité, avec sa compagnie ou individuellement, pour des spectacles en tournées, des mises en scène, des installations ou des expositions, dans divers pays. II monte essentiellement des auteurs contemporains en Avignon et à I'étranger.
Avec "Les Bonnes", il aborde sa trente-huitième création.

 

Les comédiennes

Marcelle Basso, après une formation théâtrale à Paris, puis à Marseille, a travaillé, en tant que comédienne, avec Alain Timar ("Le procès" de Franz Kafka, "Le somnambule" de Gao Xingjiang, "Signes particuliers", d'après "La misère du monde" de Pierre Bourdieu, "La grande roue" de Vaclav Havel...), Pierrette Monticelli, Mathieu Cipriani, Michel Ducros, Gérard Lorcy, Fabien Dariel, Franck Dimech, Francois-Michel Pesenti, Yves Borrini, Ziza Pillot, Isabelle Pousseur, Charles Joris, Ivan Romeuf...
En tant que dramaturge, elle a effectué plusieurs travaux et a rédigé les Cahiers de Dramaturgie du Théâtre Populaire Romand consacrés à "Antigone" de Sophocle et à "Britannicus" de Racine.
En tant que metteur en scène, elle a dirigé acteurs et musiciens et a réalisé différents spectacles. Parallèlement, elle a tourné régulièrement pour le cinéma et la télévision.

Odile Grosset-Grange a été formée au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris. En 2000, elle participe au Festival d'Avignon In avec une lecture intégrale de "l'Odyssee" de Homère, dirigée par Brigitte Jacques. Elle travaille ensuite avec Sophie-Aude Picon dans le cadre du Noyau des comédiens : lectures de textes contemporains au Théâtre Ouvert à Paris, avec Joël Jouanneau, avec Jacques Kraemer, avec Philippe Adrien. En 2003-2004, elle tourne pour la Comédie Française "Dom Juan" de Molière, mis en scène par Jacques Lassalle.
En juillet 2005, elle retrouve Jacques Kraemer en Avignon avec "Nina c'est autre chose" de Michel Vinaver, au Théâtre des Halles. Parallèlement, elle a joué dans différents courts et longs métrages et a réalisé des lectures dirigées par Blandine Masson et Jacques Taroni pour France Culture.

Lisa Pajon a été formée au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris.
La première rencontre avec Alain Timar fut en 2002 avec "Les chaises" de lonesco. Auparavant, dès 1995, elle joue dans "Médée" d'après Euripide, Jean Anouilh et Dario Fo, mis en scène par Gilles Pajon. En 1997, elle travaille avec le Footsbarn Travelling Theatre. Puis elle retrouve Gilles Pajon. En 2000, elle joue sous la direction de Alain Françon au Théâtre National de la Colline et de Thomas Sciméca au Festival d'Avignon. Cette même année, elle participe au Noyau des Comédiens au Théâtre Ouvert à Paris. Ensuite, elle travaille sous la direction de Joel Jouanneau, Jacques Kraemer, Bruno Blairet, Delphine Lamand, Olivier Coyette, Jorge Lavelli, Christian Stern, Hedi Tillette de Clermont Tonnerre...
Parallèlement, elle tourne pour la télévision des documentaires.


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Les bonnes