Acte 2

Le Garçon du dernier rangSaison 2010 - 2011


La saison passée, Jorge Lavelli conviait le public français à la découverte du dramaturge Juan Mayorga, qu’il considère comme l’un des auteurs majeurs de ce début de siècle en Espagne : Chemin du ciel (Himmelweg), présenté au Théâtre de la Tempête, a reçu en 2008 le Prix de la mise en scène décerné parla Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

OEuvre sur les enseignants et les élèves, les parents et les enfants – sur des personnes qui en ont trop vu et d’autres qui sont en train d’apprendre à regarder – Le Garçon du dernier rang révèle un autre aspect du talent de cet auteur.
 



Un professeur de lettres corrige les copies de ses élèves. Affligeant ! Mais l’un deux, qui préfère une place discrète au dernier rang, “celle d’où l’on voit tous les autres”, fait preuve dans son devoir d’un sens aigu de l’observation, et même d’un voyeurisme subtil. Encouragé par l’enseignant, il poursuit sa rédaction-feuilleton, pénétrant l’univers de deux familles, l’une bourgeoise avec ses espoirs et ses frustrations, l’autre plus proche de la vie intellectuelle et artistique. En un jeu subtil, la réalité et la fiction s’enchevêtrent jusqu’à se confondre. Mais quelles obscures intentions dissimule ce jeune homme et jusqu’où ira-t-il dans la manipulation de la réalité ? L’écriture de Mayorga multiplie les points de vue et balaie toute certitude. La liberté de la composition, la précision dans le dessin, le contraste des situations permettent une véritable radioscopie sociale et politique des personnages. Mais la savante construction de l’œuvre se pare aussi d’humour. Après Chemin du Ciel (Himmelweg) - présenté par Jorge Lavelli, et prix SACD 2008 de la mise en scène-, Mayorga s’y confirme comme l’un des grands auteurs espagnols de notre temps.

 



de Juan Mayorga

conception et mise en scène Jorge Lavelli

  

Avec
Isabel Karajan  Jeanne
Pierre-Alain Chapuis  Germain
Christophe Kourotchkine Rapha père
Nathalie Lacroix  Esther
Sylvain Levitte Claude
Pierric Plathier Rapha

 texte français Jorge Lavelli et Dominique Poulange
collaboration artistique Dominique Poulange
scénographie Pace
Costumes Fabienne Varoutsikos
lumières  Jorge Lavelli et Gérard Monin
son  Jean-Marie Bourdat 

production le méchant théâtre

tournée : novembre-décembre 2010

 


Note d'intention du metteur en scène

La pièce, Le Garçon du dernier rang, laisse paraître les traits spécifiques ou emblématiques de l’écriture de Mayorga. Un point de départ innocent, voire banal, va mettre au jour l’attitude complexe d’un adolescent, aussi attentif au réel qu’aux arrière-plans des comportements humains. Curiosité et créativité s’unissent en lui et le portent à une quête audacieuse qui va renverser le cadre de la réalité, bouleverser l’ordre établi, contaminer l’entourage et réveiller rêves, frustrations, ambitions inavouées, libertés entravées… Plus la curiosité et la littérature se heurtent à l’interdit, plus s’ouvrent de nouveaux espaces aux esprits intrépides. Il s’agit ici de sillonner ces zones prohibées. La bonne foi et la révélation du cynisme au quotidien se conjuguent, tout comme la fragilité des sentiments et l’ennui qui recouvre le sérieux du monde. La manipulation peut certes se retourner contre le joueur: la vie culturelle, politique, sociale nous le prouve chaque jour.

La tentation de manipuler l’autre, de sentir que sa propre sphère d’influence s’étend est, chez Mayorga, comme une «règle d’or».

Peut-on se délivrer de cette emprise ? Sûrement pas : le goût et la recherche du danger font partie des plaisirs de l’homme…

Vivre dangereusement se révèle être un art et quand l’imaginaire se met au service de l’aventure, c’est un labyrinthe de possibilités qui s’ouvre et le théâtre permet de l’explorer.

Tout chemin dramaturgique n’est pas un jeu de piste balisé, certifié praticable. L’écriture de Mayorga multiplie les points de vue, balaie toute certitude. La liberté de la composition, la précision dans le dessin, le contraste des situations permettent une véritable radioscopie sociale et politique des personnages. Mais la savante construction de l’oeuvre se pare aussi d’humour. Et si l’existence nous enseigne que l’art sait aussi construire nos pensées, le théâtre, dans ses retranchements, peut aider à trouver le chemin.

À l’utilitaire, le théâtre de Mayorga oppose le salutaire.

Jorge Lavelli

 

photo

 

-------------------------------------------------------

p h o t o g r a p h i e s  : ©  A n t o n i a  B o z z i

 


Galerie photos

 

logoJorge Lavelli continue magnifiquement à la Cartoucherie une œuvre commencée dans des lieux plus prestigieux. Il y monte "Le Garçon du dernier rang", intrigante variation en miroir et jeux d'abîmes de l'Espagnol Juan Mayorga, 43 ans, philosophe et déjà auteur de trente pièces. Sur le grand plateau nu, fermé d'un rideau de perles blanches par lequel entrent et sortent les acteurs, juste quatre chaises rouges pour habiller l'action ou être suspendues au mur dès qu'on en n'a plus besoin. Et ce vide, ostentatoire, permet toutes les imaginations, toutes les réécritures du réel. Car c'est précisément de cela qu'il s'agit dans ce texte en mouvement perpétuel où les personnages deviennent les auteurs mêmes de la comédie qu'ils jouent. Se jouent ? 

En scène, un professeur de lettres qui se serait rêvé écrivain (Pierre-Alain Chapuis, savoureux de rosserie et de perversité) et un de ses jeunes élèves (le fameux garçon du dernier rang de la classe) qu'il pousse à l'écriture. Sauf que ledit élève (Sylvain Levitte, stupéfiant de grâce et de cruauté enfantines) n'a pas trouvé mieux que de s'immiscer chez un de ses camarades de lycée et de commencer un roman assassin autour de cette existence petite-bourgeoise, volant l'intimité de son ami sous prétexte de l'aider en mathématiques... Au fur et à mesure des chapitres qui s'écrivent et sont âprement corrigés par le professeur s'entrecroisent ainsi plusieurs mondes : le réel (celui du professeur, des deux élèves), le fantasmé (ce que chacun rêve pour lui ou s'imagine de l'autre), l'artistique (ce que le jeune écrivain réinvente). Vertigineux maelström entre abstraction et quotidien, réflexion sur la création et récit psychologique complexe, ce très étrange "Garçon du dernier rang" met tout bonnement en scène l'écriture théâtrale, sujet principal de ce spectacle caustique, toujours à vif, interprété avec hargne et humour. Une pièce sur la pièce même. Un exercice virtuose qui finit quand tout commence...
Fabienne Pascaud

 

logo

Avec Le Garçon du dernier rang de l'écrivain espagnol Juan Mayorga, Jorge Lavelli signe un spectacle tonique et drôle.
Un vaste espace fermé au fond par un rideau de fil qui s'irise sous les lumières. On ira parfois au-delà. Où l'on apercevra les protagonistes en transparence, en ombres. Mais l'essentiel se joue devant nous, au plus près. Avec presque rien. Deux panneaux mobiles réfléchissants. Quelques chaises rouges. Un ou deux  éléments tenant lieu de table. Dans cet espace libre que Pace a contribué à mettre au point, Jorge Lavelli, avec la collaboration de Dominique Poulange qui a traduit avec lui la pièce de l'Espagnol Juan Mayorga, nous offre un spectacle étonnant, tonique, drôle, émouvant et féroce, très bien dirigé et presque chorégraphié. 
Il s'agit ici, en effet, autant des corps que des âmes. Le personnage principal a 17 ans. Et il n'est pas sérieux du tout. Il cherche, se cherche et manipule. C'est un peu une éducation sentimentale qui est le fil principal d'une pièce extrêmement bien composée. Juan Mayorga, 45 ans, philosophe de formation et dramaturge fertile que l'on découvre à peine en France, possède une manière bien à lui d'aborder le réel. On en avait pris la mesure dans Himmelweg (Chemin du ciel) mis en scène par Jorge Lavelli. Pièce sur l'histoire, pièce politique. Ici, on est plus du côté de l'intime même si l'ironie de l'écrivain ne ménage ni le corps enseignant, ni le monde de l'art contemporain, ni une certaine façon d'être parent !

Une étrange relation
Il ne faut pas déflorer cette histoire qui pourrait paraître classique : éblouissement d'un adolescent, Claude (Sylvain Levitte), pour un camarade, Rapha (Pierric Plathier), la famille de celui-ci, Rapha père (Christophe Kourotchkine) et Esther (Nathalie Lacroix). Cet adolescent est un fort en maths qui écrit et a séduit son professeur, Germain (Pierre-Alain Chapuis). Sa femme, Jeanne (Isabelle Karajan), scrute avec curiosité cette relation étrange.
Le plaisir ici tient à l'alacrité du jeu vif et délié de comédiens engagés de toutes leurs fibres. C'est d'une cocasserie irrésistible et admirablement dirigé. Dans l'effusion athlétique pour Christophe Kourotchkine et Pierric Plathier, très nuancés. Dans la réserve sensible pour Nathalie Lacroix. Dans l'intelligence subtile et l'autorité du personnage pour Isabelle Karajan que l'on est heureux de revoir en France. Dans un mélange d'inquiétude et de fascination pour Pierre- Alain Chapuis, grand interprète. Dans le rayonnement de dons indéniables du côté de Sylvain Levitte, remarquable jeune interprète toujours excellent. Il sait être un Claude très séduisant et vaguement inquiétant.
Armelle Héliot

 

logoCaustique, malicieuse, voire féroce, telle est la pièce Le Garçon du dernier rang d'un auteur  méconnu, l'Espagnol Juan Mayorga que révèle au théâtre de la Tempête le metteur en scène Jorge Lavelli.
Parmi les acteurs, une comédienne au patronyme illustre, Isabel Karajan, fille du chef d'orchestre. Il a l'art des découvertes, Jorge Lavelli. Le metteur en scène, fondateur et ancien directeur de La Colline, surprend toujours. L'an passé, il avait fait découvrir déjà à la Tempête Chemin du ciel, du dramaturge Juan Mayorga, qui lui avait valu le prix de la mise en scène de la SACD. Il revient avec ce même auteur pour une pièce étrange et déstabilisatrice, cocasse et grave à la fois, qui se nourrit de manipulation, de séduction et de pouvoir. L'histoire est celle d'un adolescent en classe terminale qui est placé au dernier rang pour observer. Ce garçon fascine son professeur par l'ascendant qu'il exerce sur un autre élève ; l'enseignant l'encourage à une rédaction-feuilleton racontant comment il s'immisce dans l'univers de son camarade qu'il va manipuler presqu'autant que son professeur et sa femme.
Inquiétante, moqueuse et tendre, la pièce est un régal pour les comédiens, notamment le héros Claude (étonnant Sylvain Levitte), le professeur (formidable Pierre-Alain Chapuis) et surtout Jeanne, la femme du professeur. Celle-ci est la comédienne Isabel Karajan qui a souvent joué dans les mises en scène de Lavelli. Elle poursuit une carrière autant en France qu'en Allemagne dans des pièces théâtrales ou des spectacles lyriques. Dans ce Garçon du dernier rang, Lavelli la met au premier rang.
Nicole Duault

 

logoClaude, lycéen, possède un talent particulier d'observation qu'il met au service de ses rédactions. Encouragé par son professeur, il s'introduit dans l'intimité de la famille de son ami Rapha dont l'existence nourrit ses récits. 
Un bouleversant jeu de manipulation se met en place entre le professeur et l'élève, le maître et le disciple. C'est cette relation, à la fois intense et dangereuse, pour eux comme pour tous ceux qui les entourent, que l'auteur espagnol Juan Mayorga nous invite à regarder. Claude et Germain ne sont plus les seuls voyeurs de cette histoire. Nous sommes à leurs côtés. Jorge Lavelli a opté pour une mise en scène épurée.
Ce qui prime ici, c'est le ballet des corps, la rapidité d'exécution, pour figurer l'enchevêtrement de la réalité aux récits de Claude. Les comédiens sont les premiers moteurs de ce monde si habilement réglé par Jorge Lavelli. On ressent là toute la précision de son travail de direction d'acteurs. Le professeur est impeccablement interprété par Pierre-Alain Chapuis. Christophe Kourotchkine, Pierric Plathier, Nathalie Lacroix et Isabel Karajan imposent leurs personnages avec intelligence. Mais celui qui impressionne au plus haut point, c'est Sylvain Levitte. Le jeune comédien est à la fois le narrateur de l'histoire et Claude, l'intrigant garçon du dernier rang. Tel un funambule, il danse sur le fil de sa double partition jusqu'à nous étourdir. A la fois candide et inquiétant, il affronte toutes les difficultés de son rôle avec aisance et générosité. Sa prestation est tout simplement remarquable.
Dimitri Denorme

 

logoIl est une idée reçue : le dernier rang d'une classe sera toujours réservé aux cancres. Eh bien, non ! La preuve avec Claude :si cet élève discret a choisi cette place, c'est pour mieux observer les autres. Les scruter dans leur quotidien, pénétrer dans leur intimité. Son professeur, à sa grande surprise, s'en rend compte après avoir donné à ses élèves une rédaction sur le thème «Décrivez votre week end.» Au milieu de copies insignifiantes, il découvre celle de Claude, d'une acuité de regard qui l’étonne. Le garçon a profité d'une invitation chez son copain Rapha pour décrire ce qu'il voit autour de lui. Sa famille, leurs habitudes, les choses qu'on cache. Après sa découverte, le professeur en demande plus à l’élève. Il veut une suite. Des suites. Claude s'exécute avec la sensation de dominer le monde. Qu'avec l'écriture, le récit, il peut changer le cours de la réalité. Et c'est ce qu'il tentera de faire.
Le Garçon du dernier rang n’est rien d’autre qu'une lente plongée à l'intérieur d'un monde que l’élève veut découvrir et apprivoiser. La pièce est faite de ruptures, de cassures. Dans le même instant, on passe du récit à l’action. De la révélation au mensonge. 
Comme si l’auteur voulait brouiller les cartes de la réalité. Nous entraîner là où on ne veut pas aller, vers ce que l'élève est en train de combiner diaboliquement. Dur de résister.
En s'emparant de ce texte, Jorge Lavelli donne au public une leçon de mise en scène éblouissante. Avec rien, un rideau de perles fines, quelques chaises, une lumière il nous fait voyager d'un lieu à un autre, d'une famille à l'autre. Il laisse prendre au spectateur le pouvoir de l'imagination. Avec l’aide de comédiens profondémént engagés dans la pièce, il dégage de l'angoisse, de la peur, un humour qu'il tient toujours à distance. Dont il fait un mystère. D’autant qu’il révèle un jeune comédien exceptionnel : Sylvain Levitte, une sorte d'adolescent méphistophélique qui jouit de la parole et du mal avec un angélisme à séduire le diable. 
Jean-Louis Pinte

 

logoPour le spectateur, c’est un pur bonheur : humour et intelligence du texte, belle mise en scène tonique, personnages de comédie tout en finesse, servis par une excellente distribution - avec une mention spéciale pour le jeune Sylvain Levittte, silhouette fragile, maturité fascinante.
Patricia Gandin

 

logoUn adolescent doué pour l'écriture, passionné par la famille d'un de ses camarades de classe, s'insinue peu à peu dans leur intimité. D'observateur il devient acteur et livre sur papier le récit détaillé de son intrusion à son professeur de lettres, à la façon d'un feuilleton-fleuve cocasse mais inquiétant. 
Sur un plateau sombre parcouru par un large rideau de perles, avec pour seul décor quelques chaises et deux panneaux réfléchissants, Lavelli orchestre ce jeu de séduction / manipulation à la façon d'une comédie légère. 
La mise en scène subtile, aux mouvements quasi chorégraphiés, s'appuie sur une solide équipe d'acteurs. 
Mention spéciale au jeune Sylvain Levitte, excellent en maître de cérémonie intriguant, diablotin bondissant.
N. V. E.

repducentreSéduction et manipulation au cœur de la pièce «Le Garçon du dernier rang »
Un plateau vide. Au fond de la scène, un rideau de perles en fer, quelques chaises rouges. Avec presque rien, Jorge Lavelli va nous emmener dans différents lieux. Sans aucune difficulté…
Navré par les copies qu’il est en train de lire, Germain, professeur de littérature, tombe sur le devoir de Claude. Le lecteur comme le spectateur se retrouve alors plongé au cœur de la famille d’un de ses camarades, Rapha. Prétextant d’aider le jeune homme en maths, Claude scrute la famille dans son quotidien, pénètre dans son intimité. Pour Germain, Claude a « la trempe d’un narrateur ». alors, malgré les mises en garde de sa femme, il l’encourage à poursuivre ses observations… Voilà le public transformé en voyeur, ou bien alors est-ce face à l’imagination de Claude qu’on se retrouve ? Réalisme, imagination, on assiste à une véritable leçon d’écriture du « maestro », l’excellent Pierre-Alain Chapuis, et de son élève, l’étonnant Sylvain Levitte. « Dialogue agile et situation pétillante », qui tiennent le spectateur jusqu’au final. Cocasse et caustique.
Julie Poulet-Sevestre

 

 


 

logoVirtuosité, le mot n'est pas trop fort pour qualifier cette belle création. Il fallait bien un metteur en scène du talent de Jorge Lavelli pour restituer l'univers de Juan Mayorga. C'est leur deuxième collaboration, et espérons que d'autres suivront. 
C'est à partir d'une proposition assez simple voire banale que s'enclenche une écriture d'une redoutable précision et d'une forte capacité évocatrice.
Un professeur de littérature, Germain, donne un devoir à ses élèves : “racontez votre dernier week-end”. Et c'est là que tout se complique tout en restant très clair, grâce à la mise en scène. Le garçon du dernier rang, Claude, rend la meilleure copie qu'il termine par "à suivre". Si Germain, le maître, par son pouvoir donne le départ, c'est bien Claude, l'élève, qui par son savoir maîtrise l'évolution et la chute de son récit. Le pouvoir d'écrire de l'élève échappe au savoir de l'écrit du maître.
Pouvoir et savoir s'opposent et se confondent. Et dans cette rencontre paradoxale entre ce qui échappe et ce qui fait retour s'instaure un malaise déstabilisant pour les protagonistes, et désopilant pour nous, spectateurs.
Les qualités d'écriture de Claude sont-elles dues à un véritable don d'observation ou à un voyeurisme pervers ? L'attirance pour la femme de Germain et la mère de Rapha est-elle le fruit de l'amour ou d'un déplacement compensateur d'une mère morte trop jeune? Toute l'habilité de l'écriture de Mayorga, nous conduit non seulement à une tentative de réponse à ces questions, mais surtout, et en un même temps, au pourquoi et au comment naît notre questionnement.
Si dans le théâtre de Tchékhov le ciel est souvent menaçant, dans celui de Mayorga la menace vient du sous-sol. A partir de la rencontre des plaques telluriques que sont le réel et le fantasme, la maîtrise du savoir et les possibilités du pouvoir, il restitue par une écriture au scalpel, les micros failles occasionnées à la surface des mots et des corps de ses personnages.
Ces chocs et glissements, grimaces de la condition humaine, provoquent dans un même temps, rire et émotion. Professeur de philosophie et de dramaturgie, Juan Mayorga nous donne presque un cours de dialectique : comment accepter l'unité des contraires, quand le manichéisme et la pensée binaire conduisent la subjectivité des personnages vers la peur ou la réalisation d'un passage à l'acte : la peur de Jeanne et la gifle finale de Germain.
Les comédiens sont tous formidables. Dans le rôle de Claude, Sylvain Levitte est tout bonnement époustouflant. Tant pis pour les poncifs, mais j'ai eu l'impression de voir naître là, un grand acteur.
Guy Flattot

 

 

logoJorge Lavelli retrouve à La Tempête Juan Mayorga et son écriture complexe qu'il met en scène avec une subtile efficacité et une magistrale lisibilité.
« L'écriture théâtrale, c'est celle qui remplit l'espace », dit Jorge Lavelli. A cet égard, celle de   Juan Mayorga, que Lavelli tient pour un des auteurs les plus doués et les plus pertinents de sa génération, correspond parfaitement à cette définition au point de constituer un défi audacieux pour qui s'en empare. Défi que Jorge Lavelli relève avec brio : à l'écriture stratifiée de Mayorga, qui alterne les points de vue et les niveaux de récit, il impose une mise en scène qui joue du fondu enchaîné avec une aisance cinématographique, un rythme trépidant qui correspond parfaitement au suspense sur lequel repose l'histoire et une économie scénographique qui permet au jeu des comédiens de se déployer avec une remarquable fluidité. Ces derniers se voient imposer des changements de ton et de posture qu'ils maîtrisent avec rigueur et avec force, se pliant à une direction d'acteurs implacable qui mime en ses effets la manipulation machiavélique dont l'auteur ausculte les méandres.

Mise en abyme de la perversion
L'histoire est en effet celle de deux personnalités perverses prises au piège de leurs fantasmes. Claude (extraordinaire Sylvain Levitte qui fait ici preuve d'un talent prometteur) suit depuis le dernier rang de la classe les cours de Germain, professeur de lettres que la médiocrité de ses élèves a transformé au fil des ans et des copies en un cynique à l'élégance désabusée. Germain a depuis longtemps renoncé à débusquer le génie chez les apprenants jusqu'à ce qu'il en découvre les germes dans une rédaction de Claude qu'il pousse alors à continuer l'œuvre de voyeur qu'il a commencé d'écrire en se faisant l'entomologiste de la famille de Rapha, un de ses camarades. Claude manipule la famille de Rapha, Germain manipule Claude en encourageant en lui l'écrivain et le maton vicieux jusqu'à se retrouver lui-même pris dans les filets qu'il a aidé à tisser. Le maître et l'élève sont tous les deux otages de cette vie par procuration qu'est la littérature et dont seule la femme de Germain sait qu'elle est le gage d'un malheur assuré. 
Jouant des situations davantage que des psychologies, Juan Mayorga réussit puissamment à installer le malaise sans jamais faire autre chose qu'en indiquer les circonstances. De même, Jorge Lavelli n'impose pas de lecture moralisatrice à cette fable cruelle qu'il réussit à traiter en évitant les écueils du naturalisme. Les personnages qu'il fait évoluer sur un espace modulé par le déplacement des acteurs et quelques éléments de décor réduits au minimum, oscillent comme des pantins dans le trouble du dilemme entre déterminisme et liberté, chacun semblant à la recherche du maître sur lequel régner, preuve que le plaisir du manipulateur s'origine dans la jouissance du manipulé : jeu de miroirs dont le théâtre est la constante illustration.
Catherine Robert

 

logoOn salue moins Jorge Lavelli maintenant qu’il ne dirige plus le théâtre de la Colline. Sans grands moyens, avec sa petite compagnie appelée drôlement le Méchant Théâtre, il n’en fait pas moins des spectacles étonnants, toujours en porte-à-faux avec le conformisme régnant.
Actuellement, il se passionne pour l’écrivain espagnol Juan Mayorga, dont il avait monté l’an dernier Himelweg.
Cette fois, Le Garçon du dernier rang ne porte pas sur la mécanique de l’idéologie nazie mais sur la manipulation de l’imaginaire. La pièce est très insolite et malaisée à résumer.
Intéressé par la rédaction d’un de ses jeunes élèves, un professeur lui demande d’aller plus loin. Or cette rédaction est partie de l’observation de la famille d’un camarade de classe. Le jeune homme se transforme en espion de son meilleur ami et de ses parents, qui s’occupent de basket et veulent acheter un athlète chinois. Sans cesse, le professeur oriente le garçon dans une nouvelle forme d’écriture, lui reproche ses clichés, comme il se moque des tableaux que sa femme cherche à vendre dans une galerie d’art moderne. Mais le garçon conte-t-il la vérité, ou invente-t-il. Lui-même se mêle à la vie de ses modèles, et tout devient intenable. Il lui faudra rompre le cercle infernal. On pense aux films de Resnais d’une certaine époque, tant la construction et la fascination exercée sont de nature cérébrale. Mais, pour qui aime ces jeux de l’esprit qui entrent par des portes secrètes dans la société d’aujourd’hui, c’est passionnant. Dans un espace quasi nu, Lavelli a remarquablement dessiné les courbes de ce vertige qui fait se dérouler sur plusieurs plans des actions simultanées. Il a su en dégager l’humour, car on rit beaucoup des contradictions des personnages et aux dépens de l’art contemporain. Pierre-Alain Chapuis est fort savoureux en professeur bonhomme et dictatorial. Christophe Kourotchkine, Nathalie Lacroix, Sylvain Levitte , Isabelle Karajan et Pierric Plathier savent être concrets et abstraits. Somptueusement intelligent.
Gilles Costaz 

 

logoUn jeune homme aide un camarade, Rapha, en maths et en profite pour visiter la maison de ses parents. Il en tire des rédactions de plus en plus inventives... Claude l'élève du fonds de la classe qui ne parle à personne possède un talent particulier : se prêtant au jeu, il se met à épier la vie de toute la famille de son copain Rapha.
Il découvre les délices de la classe moyenne, ses distractions, ses instants d'intimité, ses crises.
(...) Durant deux heures, la tension, l'attention, l'invention ne se relâchent pas. 
Le plaisir pris au spectacle doit bien sûr beaucoup aux acteurs. Notons la performance de Sylvain Levitte (Claude), un jeune homme frêle et surprenant, alliant intelligence de jeu, conviction, rapidité d'action. Pierre-Alain Chapuis (Germain) incarne quant à lui un professeur subjugué par son élève, en proie à une fébrilité de lecteur impatient. Les autres comédiens : Isabel Karajan, Christophe Kourotchkine, Nathalie Lacroix et Pierrick Plathier, sont aussi à féliciter pour la manière dont ils s'imposent sur la scène.
Jean-Claude Rongeras

 

logo(...) Une scénographie sobre et ouverte : des chaises mobiles, deux miroirs devenant les murs amovibles d’une maison bourgeoise, d’une galerie d’art ou d’un bureau, un rideau de chaînes... Cet espace aménageable rend possible les entrées et sorties rapides des personnages, l’alternance du récit écrit et de l’action, et sollicite constamment l’énergie des comédiens, portés par une mécanique rapide, aussi impérieuse que la nécessité d’écrire et de vivre la transgression du jeune écrivain prodige.
Entre premier degré parfaitement exécuté (Claude et son ami Rapha), décalages grotesques et rouerie exacerbée (Germain et sa femme), naïveté et mélancolie des classes moyennes (Rapha père et Esther son épouse, séduite par Claude), la direction d’acteur a su très bien équilibré le jeu de forces, permettant aux comédiens, sur des partitions très dissemblables, de donner le meilleur d’eux-mêmes. On signalera toutefois, dans cette distribution impeccable, le beau face-à-face du maître et du disciple : Sylvain Levitte a la fraîcheur juvénile du rôle de Claude, et lui donne des accents tour à tour vifs, insolents, touchants, traçant une ligne de crête vertigineuse entre l’égoïsme pervers et la souffrance tue de son personnage, tandis que Pierre-Alain Chapuis, Germain tour à tour infatué, pris dans les rets de l’amour-propre et le dévouement à ces élèves, manipulateur dépassé par les exploits de son protégé, tient parfaitement la note grotesque et grave qui habite, telle une mélancolie sourde, cette pièce ingénieuse.
David Larre

 

 

 


Galerie photos

 

L'auteur :
Juan MAYORGA

Né en 1965 à Madrid. Licencié en 1988 en Philosophie et en Mathématiques à l'Université de Madrid. Il poursuit ses études à Münster (1990), à Berlin (1991) et à Paris (1992).
Doctorat de Philosophie en 1997. Ses recherches philosophiques autour des thèmes de la politique et de la mémoire chez Walter Benjamin ainsi que de nombreux essais sur le rapport du théâtre, de la dramaturgie avec l'histoire, sont publiés dans des revues spécialisées en Espagne et en Allemagne.
Depuis 1998 il enseigne la dramaturgie et la philosophie à l'Ecole Royale Supérieure d'Art Dramatique à Madrid.
Membre fondateur avec Jose Ramon Fernandez, Luis Miguel Gonzalez Cruz, Guillermo Herras et Raul Hernandez Garrido du Collectif Théâtral El Astillero.
Lauréat de plusieurs Prix dont le Prix Celestina du meilleur auteur de la saison 1999 / 2000, le Prix Borne pour sa pièce Lettres d'amour à Staline, Prix Calderon de la Barca pour Mas ceniza (Plus de cendres) en 1992, le Prix National de Théâtre en 2005 pour Hammelin.
Quasiment toutes ses pièces ont été mises en scène, publiées en Espagne et à l'étranger, traduites entre autres en italien, français, allemand, grec, portugais, anglais, croate, roumain ; ainsi, Yves Lebeau a traduit Himmelwelg (Chemin du ciel) - mise en scène Lavelli, 2007, et Hammelin, Les Insomniaques et Copito de nieve - mises en scène Christian Fregnet, 2007.

 

Conception, mise en scène et traduction :
Jorge LAVELLI

Né à Buenos Aires, Jorge Lavelli est naturalisé français depuis 1977.
Metteur en scène de théâtre et d’opéra, il travaille en France et à l’étranger (Europe, U.S.A., Amérique latine).
Ses premières réalisations, plus spécialement orientées vers un théâtre de recherche et de création, explorent le répertoire contemporain. Ainsi, il introduit en France le théâtre de Gombrowicz avec Le mariage (1963), Yvonne, princesse de Bourgogne (1965), Opérette, (d’abord en Allemagne -1971, puis à Paris -1989). Il dirige les nouvelles pièces d'Arrabal, Copi, Obaldia, Handke, Fuentes, Pinter, Rezvani, Athayde. Il monte Panizza, O’Neill, Bulatovic, Boulgakov... sans délaisser les classiques tels : Sénèque (Médée), Calderón (La vie est un songe), Corneille (Polyeucte), Goethe (Le triomphe de la sensibilité), Tchekhov (La mouette), Claudel (L’échange), Lorca (Doña Rosita), et Shakespeare (Beaucoup de bruit pour rien ; Le conte d’hiver ; La tempête ; Le songe d’une nuit d’été)...
Il crée au Festival d'Avignon (en 1969), une première forme de “théâtre musical” avec Orden, de Pierre Bourgeade et Girolamo Arrigo et initie un autre pan de son travail, dédié à l’opéra. Là encore, il mettra en scène les compositeurs de notre temps : Ravel, Debussy, Bizet, Stravinsky, Bartók, Prokofiev, Richard Strauss, Janácek, Von Einem, Arrigo, Sutermeister, Krauze, Ohana, Nono... et, d’autre part : Rameau, Dardanus ; Charpentier, Les arts florissants ; Haendel, Alcina ; Beethoven, Fidelio ; Gounod, Faust ; Verdi, La Traviata ; Puccini, Madame Butterfly ; Bellini, Norma ; et de Mozart : Idomeneo, Les noces de Figaro, La clémence de Titus, La flûte enchantée, L’enlèvement au sérail.
Directeur fondateur du Théâtre national de la Colline à Paris (1987 à 1996), Jorge Lavelli choisit de le consacrer à la découverte et à la création d’auteurs du XX° siècle, fidèle à son intérêt et à sa prédilection pour un théâtre vivant, inscrit dans notre temps. Il y mettra en scène Lorca, Le public ; Copi, La visite inopportune ; Billetdoux, Réveille-toi, Philadelphie ! ; Noren, La veillée ; Gombrowicz, Opérette ; Berkoff, Greek, Kvetch, Décadence ; Cosa, La Nonna ; Bernhard, Heldenplatz ; Valle Inclán, la trilogie des Comédies barbares ; Ionesco, Macbett ; Tabori, Mein Kampf, farce ; Bond, Maison d’arrêt ; Schnitzler, Les journalistes ; Mrozek, L’amour en Crimée ; Kribus, Arloc ; Friel, Molly S. ; Kushner, Slaves...
Depuis 1997, en France et à l’étranger, il a mis en scène Luigi Pirandello, Franz Lehár, Bertold Brecht, Claude Debussy, Copi, George Tabori… Il crée, à Monaco, l’opéra de Charles Chaynes sur un livret d’Eduardo Manet : Cecilia (mai 2000), pour le Grand théâtre de la Fenice de Venise, à la Scuola grande di San Giovanni Evangelista, Siroe de Händel (décembre 2000), Ariodante de Haendel à l'Opéra de Paris, Garnier (2001) de Copi, L'Ombre de Venceslao, au Théâtre de la Tempête (1999), Medea de Rolf Liebermann à l'Opéra de Paris, Bastille (01-2002) et Babel 46 de Xavier Montsalvage. et l'Enfant et les sortilèges de Ravel, au Teatro Real de Madrid (03-2002) et au Gran Teatro del Liceu, Barcelona.
En septembre 2002 il met en scène, Le désarroi de Monsieur Peters d'Arthur Miller (création), au Théâtre de l'Atelier à Paris. En 2003, il reprend Faust, à l'Opéra Bastille à Paris puis, après la production au Teatro di San Carlo de Naples de Le vaisseau fantôme de Wagner, il met en scène pour le Théâtre national du Luxembourg met en scène pour le Théâtre national du Luxembourg et la Comédie française Homebody/Kabul de Tony Kushner (création). En 2004, Siroe, re di Persia au B.A.M. de New York, La hija del aire de Calderón au Teatro General San Martín, de Buenos Aires, Argentine et au Teatro Español de Madrid, août et décembre 2004. En 2005, pour le festival de Fourvière et la MC96 de Bobigny : Merlin de Tankred Dorst (création française). 2006, Rey Lear de Shakespeare au Teatro General San Martín, de Buenos Aires, Argentine.
En 2007, Chemin du ciel (Himmelweg) de Juan Mayorga au Théâtre de la Tempête.
En 2008, Prix SACD 2008 de la mise en scène.
OEdipe roi de Sophocle, au Festival de Mérida, août 2008, Espagne.

En préparation :
Simon Boccanegra de Verdi pour La Halle aux Grain de Toulouse – Le Capitole (octobre 2009); L’avare de Molière pour Madrid (avril 2010); Polyeucte, opéra de Zygmunt Krauze d’après Corneille pour l'Opéra de chambre de Varsovie (octobre 2010)

 

Traduction et collaboration artistique : 
Dominique POULANGE

Elle débute au théâtre comme actrice. Jusqu'en 1978, elle joue principalement au théâtre et tourne pour la télévision et le cinéma.
À partir de 1979, elle participe à la plupart des mises en scène de Jorge Lavelli au théâtre et à l'opéra. Par ailleurs, elle travaille avec Patrice Chéreau, Manfred Karge et Matthias Langhoff.
De 1987 à 1996, elle est adjointe à la Direction, chargée de l'artistique au Théâtre national de la Colline et collabore aux mises en scène de J. Lavelli.: Lorca, Le public ; Copi, La visite inopportune ; Billetdoux, Réveille-toi, Philadelphie! ; Noren, La veillée ; Gombrowicz, Opérette ; Berkoff, Greek, Kvetch, Décadence ; Cosa, La Nonna ; Bernhard, Heldenplatz ; Valle Inclán, la trilogie des Comédies barbares ; Ionesco, Macbett ; Tabori, Mein Kampf, farce ; Bond, Maison d’arrêt ; Schnitzler, Les journalistes ; Mrozek, L’amour en Crimée ; Kribus, Arloc ; Friel, Molly S. ; Kushner, Slaves...
Depuis, elle poursuit sa collaboration auprès de Jorge Lavelli avec : Seis personajes en busca de autor de Pirandello au Teatro General San Martín de Buenos Aires ; Mère courage et ses enfants de Bertold Brecht, à la Comédie-Française ; Pelléas et Mélisande de Debussy, au Teatro Colón de Buenos Aires ; L'ombre de Venceslao de Copi, au Théâtre de la Tempête et au Théâtre du Rond Point à Paris ; Mein Kampf, farsa de George Tabori, au Teatro General San Martín de Buenos Aires ; Babel 46 de Xavier Montsalvatge et L'enfant et les sortilèges de Ravel, au Teatro Real de Madrid, Homebody/Kabul de Tony Kushner au Théâtre National du Luxembourg et à la Comédie Française (Théâtre du Vieux Colombier) ; Babel 46 de Xavier Montsalvatge et L'enfant et les sortilèges de Ravel au Teatro del Liceu, Barcelona ; La hija del Aire de Calderón, auTeatro General San Martín de Buenos Aires puis au Teatro Español, Madrid ; Merlin, ou la terre dévastée de Tankred Dorst au Festival de Fourvière à Lyon et à la MC93 de Bobigny ; Rey Lear de Shakespeare au Teatro General San Martín de Buenos Aires (juin 2006)…
Elle a mis en scène Tricoter à Pontoise de Mathieu Falla au Théâtre Marie Stuart de Paris, Le siège de Leningrad de José Sanchis Sinistera au théâtre de Chaville, au TNP de Villeurbanne et au Théâtre national de la Colline à Paris, L'Olimpiade de Cimarosa, à La Fenice de Venise, (Teatro Malibran, 2001), L'Olimpiade de Galuppi, à la Fenice de Venise, (Teatro Malibran, 2006)…

 



Les interprètes :

Pierre-Alain CHAPUIS (Germain)

Formation
Formation au Conservatoire National d’Art dramatique.

Parcours
A joué notamment avec Philippe Adrien Rêves de Kafka et Ké Voï ; Stéphane Braunschweig La Cerisaie de Tchekhov, Dr Faustus, Le Conte d’hiver de Shakespeare et Amphitryon ; Gilles Bouillon Le Songe d’une nuit d’été, Les Apparences sont trompeuses et En attendant Godot ; René Loyon Isma de Nathalie Sarraute ; Jorge Lavelli Le Désarroi de Monsieur Peter’s, Chemin du ciel (Himmelweg) de Juan Mayorga et Le Garçon du dernier rang de Juan Mayorga ; Sylvain Maurice Macbeth de Shakespeare ; Jean Boillot Coriolan ; Lisa Wurmser Le Maître et Marguerite, La Bonne Âme du Setchouan de Brecht et La Mouette de Tchekhov ; C. Baqué Eaux dormantes de Lars Noren ; et aussi Elisabeth Chailloux, Alain Ollivier, Jean-Pierre Nercam, Christian Dente, Didier Flamand...
Cinéma avec Jean-Luc Godard Prénom Carmen - Histoire(s) du cinéma ; Raoul Ruiz Le Temps retrouvé ; René Féret Baptême - Promenade d’été.
A mis en scène à la Tempête: Le Naufrage du Titanic d'après Hans Magnus Enzensberg (1997)

 

Isabel KARAJAN (Jeanne)

Parcours
Elle a joué dans beaucoup de spectacles de Jorge Lavelli : la trilogie des Comédies Barbares de Ramón del Valle Inclán (création française Avignon 1991, Théâtre National de la Colline et tournée), Macbett de Ionesco (Théâtre de la Colline, 1992), Slaves! de Tony Kushner (création au Théâtre de la Colline), Cecilia opéra de Chaynes/Manet (création, à Monte-Carlo, Liège, Nancy et Avignon) et Le Garçon du dernier rang de Juan Mayorga.
Elle se produit en allemand sous la direction de George Tabori, Thomas Langhoff, Klaus Michael Grüber, Peter Arens, etc., ainsi que dans de nombreux spectacles lyriques (Honegger, Debussy, Stravinsky…).

 

Christophe KOUROTCHKINE (Rapha père)

Formation
Formation au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique.

Parcours
A joué notamment sous la direction de Philippe Adrien Grand peur et misère du 3eme Reich de Brecht, Hamlet de Shakespeare et La Mouette de Tchekhov ; Laurent Laffargue Le Gardien, Le Songe d’une nuit d’été et Othello de Shakespeare ; S. Kouyate OEdipe ; Maurice Attias Récit d’un inconnu ; Jean Jourdheuil La Bataille d’Arminius.
Cinéma avec Ph. Lioret L’Équipier ; M. Rosier Parlez-moi de Malraux ; E. Chatilliez Le Bonheur est dans le pré. Télévision avec B. Jacquot, F. Apprederis, A. Tasma, T. Vincent, F. Cazeneuve.

 

Nathalie LACROIX (Esther)

Formation
Formation à l'Ecole du Théâtre National de Chaillot et au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris.

Parcours
A joué notamment avec Philippe Adrien La Noce chez les petits-bourgeois de Brecht * ; Jorge Lavelli Le Garçon du dernier rang de Juan Mayorga * ; et dans L'Arriviste de Stieg Dagerman, 4 femmes et le soleil de J.-P. Cerda, Rosalie de N. Grauwin, Eva Perón de Copi, Rhinocéros d'E. Ionesco, Hedda Gabler d'Ibsen, ainsi que des pièces d'O'Casey, Pirandello, J. Ford.
A participé aussi à de nombreux spectacles musicaux.

 

Sylvain LEVITTE (Claude)

Formation
A été élève de l'option théâtre au lycée Richelieu et suivit un atelier de cirque à Rueil-Malmaison. A été élève au Studio Théâtre dirigé par Jean-Louis Martin-Barbaz et participé comme choriste d'abord et soliste ensuite à la maîtrise des Hauts-de-Seine (Choeur d'Enfants de l'Opéra National de Paris).

Parcours
A joué notamment dans Le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (dans le cadre de l'option théâtre), puis avec Julie Brochen Le Cadavre vivant de Tolstoï (au théâtre de l'Aquarium) ; Nicolas Arnstam Le Naufrage d'Eric Westphal ; Declan Donnellan Andromaque de Racine ; Jorge Lavelli Le Garçon du dernier rang de Juan Mayorga...

 

Pierric PLATHIER (Rapha)

Formation
DEUG de Lettres Modernes (Université Lyon II).
Formations à La Scène sur Saône (Lyon), puis à l'Ecole Supérieur d'Art Dramatique du Théâtre national de Strasbourg (TNS).

Parcours
A joué notamment avec Jorge Lavelli Le Garçon du dernier rang de Juan Mayorga.
Chanteur et musicien, il réalise des créations professionnelles avec le Théâtre du Parapluie, Lyon.

 

 

 


Galerie photos

Le Garçon du dernier rang