Acte 2

Il faut je ne veux pas2012 - 2013

 

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Un régal.

L'Express

Ce diptyque sur le mariage en deux temps de notre histoire était une bonne idée, qui est devenu un beau spectacle.
Webthea

Une mise en scène des plus inspirées.
Quant aux jeunes comédiens (...), ils ont tout pour devenir les grands de demain.
Pariscope
 

Une mise en abyme de la vie amoureuse d'une justesse rare.
Direct Montpellier 

 



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Un couple est réuni dans un appartement parisien en 1840. Un autre couple est réuni dans le même appartement en 2010. Une dizaine de générations et d'occupants plus tard. La danse à deux paraît la même. Le tempo a changé.

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée
La Marquise refuse le badinage du Comte, son voisin et amoureux transi. Elle demande qu'on s'adresse à son intelligence et exige la sincérité des sentiments. Intelligence des réparties, finesse des sentiments, humour, revendication féministe avant la lettre font de cet acte un instantané de l'état des mœurs parisiennes sur le mariage il y a deux siècles.

Je ne veux pas me marier
Sur le ton d'un proverbe à la Musset, un jeune couple, de nos jours, à Paris. La veille de son mariage, Vivien aurait préféré que son promis ne lui rende pas visite. Leur discussion d'avant mariage tourne à la veillée d'armes. À quoi rime cette cérémonie et cette institution, pour un couple d'aujourd'hui, lucide et libéré ? L'éducation d'un homme par la femme qu'il aime.
 

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photos © Marc Ginot


 

Textes :
Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'Alfred de Musset
et Je ne veux pas me marier de Jean-Marie Besset


Mise en scène : Jean-Marie Besset

Production Théâtre des 13 vents CDN Languedoc-Roussillon Montpellier


Avec :
Blanche Leleu, Chloé Olivères et Adrien Melin


Scénographie : Gérard Espinosa, assisté de Muriel Chircop
Lumière : Martine André
Costumes : Marie Delphin
Son/vidéo : Serge Monségu
Assistant à la mise en scène : Régis de Martin-Donos

Maquillage/coiffure : Agnès Gourin-Fayn

 


 

NOTE DE L'AUTEUR ET METTEUR EN SCÈNE

Un homme tombe amoureux d’une femme.
Une femme tombe amoureuse d’un homme.
Ils décident de se marier.
Existe-t-il proposition plus banale, plus merveilleuse, plus universelle, et qui concerne depuis tant de siècles autant de centaines de millions d’individus ?
Pourtant, au-delà des particularités culturelles, sociales, de la question « de quel homme et de quelle femme s’agit-il ? », la chose aujourd’hui ne va plus de soi, du tout.
La liberté des moeurs conquise depuis la fin des années 1960, avec les avancées décisives sur la contraception, l’avortement, l’homosexualité, le divorce, l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle, l’évolution même des mentalités sur la grossesse des femmes seules, les familles monoparentales, l’accessibilité à l’image érotique et pornographique, ont mis l’idée même de mariage en péril.
Alors dans ce foisonnement de libertés, ce grand chaos où tous les coups sont désormais permis, quid de la durée organisée de la vie à deux ?

Chez Musset déjà, dans le dialogue du comte et de la marquise, on note une liberté sexuelle nouvelle.
Le comte a des aventures avec des danseuses de l’opéra. La marquise a trente ans, a déjà été mariée, c’est une jeune veuve à qui on reproche de coucher avec un certain M. Camus.

Cent soixante dix ans plus tard, je reprends une femme du même âge, trente ans. Qui, comme la marquise, a une expérience de la vie à deux. Plus une jeune fille, mais encore une jeune femme. Enceinte.
Je saisis un couple d’un milieu social équivalent à celui des aristocrates de Musset.

Une femme prise de vertige au bord de son mariage. Un homme qui ne sait plus vraiment ce qu’une femme attend d’un homme aujourd’hui. Et qui perd pied, dans l’intime comme dans le familial, le social, et dans le monde au sens le plus large. Un homme qui va devoir trouver sa place, opérer un rétablissement. Qui va bon gré mal gré se laisser éduquer - refonder ? - par la femme qu’il aime ? 

Vieux refrain, orchestration nouvelle. D’où vient cette science qu’ont les femmes pour réformer les hommes qui les aiment ? Les adapter constamment à leurs besoins, à leurs désirs ? Renouveler le lien du couple ? Repenser pour chaque époque cette forme ancienne du mariage ?

Jean-Marie Besset

 


 

Jean-Marie Besset auteur et metteur en  scène -, diplômé de sciences économiques (ESSEC, 1981) et d’études politiques (IEP de Paris, 1984), il partage de 1986 à 1998 son temps entre New York, où il écrit, et la France, où ses pièces sont jouées. En 1999-2000, il est, auprès de Laura Pels, directeur délégué du Théâtre de l’Atelier. En 2001, il est élu au Conseil d’Administration de la SACD. De 2002 à 2009, il fait partie du comité de lecture du Théâtre du Rond-Point. Nommé dix fois aux Molières (six fois comme « Meilleur auteur » et quatre comme « Meilleur Adaptateur »), Besset est lauréat du Syndicat National de la Critique Dramatique(1993), Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD (1993), Chevalier (1995), puis Officier (2002) des Arts et Lettres, Prix du Jeune Théâtre puis Grand Prix du Théâtre de l’Académie Française (1998 et 2005), Chevalier de l’Ordre du Mérite (2009).
Depuis janvier 2010, il est directeur du Théâtre des 13 vents CDN Languedoc - Roussillon Montpellier.
Il est l’auteur de Villa Luco (1984), La Fonction (1985), Fête Foreign (1986), Ce qui arrive et ce qu’on attend (1988), Grande école (1990), Marie Hasparren (1992), Un coeur français (1995), Baron (1997), Commentaire d’amour (1998), L’Ecole de New York (2000), Rue de Babylone (2002), Les Grecs (2003), RER (2005), Perthus (2007), Un couple idéal (2008), Je ne veux pas me marier (2009), Roch Ferré (2009).
Il a également adapté Le Bonheur des autres (Michael Frayn ; 1988), Le Malin plaisir (David Hare ; 1989 ; Théâtre de l’Atelier 2000), Moulins à paroles (Alan Bennett ; 1990 ; avec Annie Girardot, Tsilla Chelton 2001), Quelque chose dans l’air (Noël Coward ; 1991), La Nourriture du feu (Jon Robin Baitz ; 1992), Danser à Lughnasa (Brian Friel ; 1992), L’Oncle Paul (Austin Pendleton ; 1995), Arcadia (Tom Stoppard ; 1995 ; Comédie Française 1998), Un tramway nommé Désir (Tennessee Williams ; 1997 ; avec Caroline Cellier), Grand galop (Mary Louise Wilson & Mark Hampton ; 1997), Le Bel air de Londres (Dion Boucicault ; 1998, avec Robert Hirsch), Copenhague (Michael Frayn ; 1998. Molière 1999 meilleur adaptateur), Outrage aux moeurs (Moisès Kaufman; 2000), L’Invention de l’amour (Tom Stoppard ; 2001), Tokyo Bar (T. Williams, 2002), Trois jours de pluie (Richard Greenberg, 2002), Van Gogh à Londres (Nicholas Wright, 2003), À la folie pas du tout (Edward Albee, 2004), Un cheval (Christophe Donner, 2005), Cité radieuse (Conor McPherson, 2006), Thomas Chagrin (Will Eno, 2006), Une souris verte (Douglas C. Beane, 2007).
Il met en scène au Théâtre des 13 vents Il faut je ne veux pas et Le Garçon sort de l’ombre de Régis de Martrin Donos (2011).
Pour le cinéma, il a signé le scénario original du film d’Ismael Merchant, La Propriétaire, avec Jeanne Moreau. Il a également développé plusieurs scénarios à partir de ses pièces, dont Grande école, réalisé par Robert Salis (2004), et La Fille du RER avec André Téchiné (2008). 

 


 

Blanche Leleu (La Marquise) vient de sortir du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique après avoir suivi le Cours Florent. Dans le cadre du Conservatoire, elle a joué dans Ne vous séparez pas de ceux que vous aimez d’Alexandre Volodine, mise en scène de Youri Pogrebnitchko, dans Opérette de Jean-Michel Rabeux, La Vie est un roman qui m’intéresse beaucoup de Jacques Rebotier. Elle a étudié la danse et le piano au Conservatoire de musique de Genève. Elle chante en duo avec Grégory Gabriel.
En 2009-2011, elle joue dans Push Up de Schimmelpfennig, créé à Vidy-Lausanne puis en tournée, mise en scène de Gabriel Dufay, dans Impasse des Anges d’Alain Gautré au Théâtre de la Tempête et dans la mise en espace de Jacques Lasalle La Leçon du maître d’Henry James.
A la télé, elle joue dans Darwin Révolution docu-fiction de Philippe Tourancheau.
A la radio, elle a travaillé avec Marguerite Gâteau, Jacques Taroni, Jean Couturier. 

Chloé Olivères (Vivien) entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en 2006. Depuis 2007, elle collabore avec Pierre Notte aux Portraits d’acteurs au Vieux Colombier. En 2009, elle participe à des stages avec Ariane Mnouchkine, Alain Maratra et Kristyan Lupa. Elle a joué notamment dans Vania, histoire de la révolte d’après Anton Tchekhov, mis en scène par Denis Moreau, à la MC 93 de Bobigny, Asservies de Sue Glover et Une famille ordinaire de José Pliya mis en scène par Maxime Leroux, Le Cid de Corneille mis en scène par Catherine Hirsch et Antoine Mory, dans La Comédie sans titre de Federico Garcia Lorca, mis en scène par Anahita Gohari et dans RER de Jean-Marie Besset, mise en scène Gilbert Désveaux. Pour ARTE, elle interprète une scène de Phèdre de Racine dans Les Grands rôles : Phèdre réalisé par Samuel Doux et Agathe Bermann. Pour France Culture elle travaille sous la direction de Christine Bernard-Sugy dans Nowhereville. En juillet 2010 elle participe à la création collective de la compagnie Théâtre Nomade La Dernière noce mise en scène par Karl Eberhardt et aux lectures/spectacles du Festival de la correspondance de Grignan. 

Adrien Melin (Le Comte, Tigrane) a été formé au Cours Florent puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD promotion 2007). Durant sa formation au CNSAD, il participe à plusieurs ateliers : Blanche is dead, mise en scène M. Lecrivain, J’ai rencontré un fou dans la forêt, montage Shakespeare, mise en en scène C. Garcia-Fogel, Le Silence / Le Mensonge de Nathalie. Sarraute, mise en scène G. Dufay, Spaghetti bolognese de Tilly, mise en scène de l’auteur, Intendance (Rémi de Vos, mise en scène Ch. Rauck, Molière masqué mise en scène M. Gonzales, La Estupidez de R. Spregelburd, mise en scène Marcial Di Fonzo Bo. En 2007, il est à l’affiche de 3 récits de Jean- Luc Lagarce mise en scène J.-Ch. Mouveaux ainsi que de Roméo et Juliette de Shakespeare, mise en scène D. Llorca. Cette même année, C. Gandois le dirige dans 325 000 francs (R. Vailland). En 2008 et 2009, il joue Louis XIV avec Claude Rich sous la direction de Christophe Lidon dans Le Diable Rouge d’A. Rault.
Il vient de jouer dans Masques et Nez mise en scène Igor Mendjisky, dans Ce qui arrive et ce qu'on attend de Jean Marie Besset, mise en scène Arnaud Denis et dans Thomas Chagrin de Will Eno, mise en scène Gilbert Désveaux. 

 


 

expressexpress3etoilesPassionné par les aventures du couple, l'auteur Jean-Marie Besset scrute le mariage et tout ce qui gravite autour de lui, c'est-à-dire la rencontre amoureuse et l'amour, le sexe, les cartons d'invitation, le concept de femme-objet, etc. Pour ce faire, il rassemble et oppose dans la même soirée Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, de Musset, et Je ne veux pas me marier, de lui-même. Autant le dire tout de suite, c'est un régal. Musset dénonçant la coutume qui consiste à « faire sa cour » à une dame n'est pas moins moderne, audacieux, voire carrément féministe, que Besset, qui utilise des mots aussi inconvenants que « respect » quand il est prononcé par un futur mari. Résolument du côté des femmes, inflexibles et charmeuses, nos deux auteurs donnent à voir un homme aussi bêta que touchant, bien que doté de doux arguments, tandis que ces dames posent les vraies questions. Le tout, interprété à merveille par Blanche Leleu, Chloé Olivères et Adrien Melin, est à consommer en couple ou entre amis.
Laurence Liban - 29 février 2012

lesechosCréé à Montpellier il y a un an, le diptyque de choc Musset-Besset est à l'affiche à Paris, dans une version resserrée, avec une distribution renouvelée. Le double proverbe composé d'« Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée » (signé Alfred, en 1845) et de « Je ne veux pas me marier » (signé Jean-Marie, aujourd'hui) gagne ainsi en fluidité et en tranchant. Jean-Marie Besset a joué d'audace en confrontant les amours d'hier à celles d'aujourd'hui, sa plume à celle du poète romantique. (…) Musset brocarde les badinages vains ; Besset remet en question l'amour conjugal. Dans les deux cas, seul l'amour vrai, éternel, compte... La mise en scène de Jean-Marie Besset est élégante : légèreté et gravité s'équilibrent pour donner au spectacle une atmosphère de comédie mélancolique. Superbe comédien, Adrien Melin impressionne en amant éperdu (le Comte), puis en amant perdu (Tigrane, jeune requin de la finance). Blanche Leleu (la Marquise) mixe avec bonheur les côtés vestale et effronté de son personnage de femme libre du XIXème siècle. Quant à Chloé Olivères (Vivien), déjà présente (et remarquée) à la création, c'est une tornade : énergique, naturelle, sensitive - une vraie marquise du XXIème siècle…
Philippe Chevilley - 23 février 2012

teleramasortir1tDeux courtes pièces écrites à un siècle d'intervalle, montées en miroir par Jean-Marie Besset. La première de Musset, l'autre de Jean-Marie Besset lui-même. Les deux examinent le rite de passage qu'est le mariage. Les femmes y sont libres et ont de l'expérience. Dans la première, une jeune veuve refuse de n'être qu'un objet de désir et exige le mariage ; dans la seconde, une jeune agrégée de mathématiques craint de perdre le statut d'objet de désir. Autre temps, autres mœurs, autres interrogations. Badinage élégant chez Musset, modernité directe qui fouille les ressorts souterrains du mariage aujourd'hui chez Jean-Marie Besset. Chaque mise en scène saisit quelque chose de l'époque concernée. C'est léger, avec une certaine grâce, et devrait faire parler dans les lycées !
Sylviane Bernard-Gresh - 8/02/2012

pariscopeDeux siècles séparent les deux textes qui forment ce spectacle où il est question d'amour. Le premier est un grand classique d'Alfred de Musset, « Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée », le second une des plus belles pièces de Jean-Marie Besset, « Je ne veux pas me marier ». Si en deux siècles le monde a changé, qu'en est-il des sentiments amoureux ? Le langage n'est plus le même, tout comme la relation entre les deux sexes, mais la question demeure : que devient la liberté de la femme et de l'homme dans toute demande en mariage ? Dans une mise en scène des plus inspirées, Jean-Marie Besset a créé un très beau spectacle où tout n'est qu'élégance. L'esprit y règne en maître. Quant aux jeunes comédiens, Blanche Leleu, Chloé Olivères et Adrien Melin, ils possèdent le talent, la grâce et le charme pour faire vivre leur personnage. Ils ont tout pour devenir les grands de demain.
Marie-Céline Nivière – 15 février 2012
 

quotidienmedecinUne délicieuse soirée
 «II faut qu'une porte soit ouverte ou fermée», d'Alfred  de Musset, et «Je ne veux pas me marier», de Jean-Marie Besset, qui signe la mise en scène, dirigeant trois interprètes virtuoses. Formidable !
De toutes les soirées que l'on a récemment passées au théâtre, celle-ci est la plus charmeuse, la plus délicate, la plus heureuse. Jean-Marie Besset, écrivain que l'on ne présente plus, rarement metteur en scène, réussit avec « II faut / Je ne veux pas » un très joli diptyque qui lie, sans prétention, une pièce très connue - mais rarement jouée de nos jours - d'Alfred de Musset et une comédie brève qu'il a lui-même composée. Un thème unit les deux volets, joués dans un décor unique, avec changement à vue pour passer du XIXème siècle au XXIème siècle. Ce thème est l'amour, le couple, le mariage, de 1840 à 2010. Une belle et jeune veuve (la délicate et fine Blanche Leleu) reçoit un de ses amoureux transis (Adrien Melin, aigu, précis, séduisant). La belle est cruelle.
Jusqu'où peut-on aller sans décourager l'ardeur d'un jeune homme ? C'est ce que raconte avec esprit et alacrité Musset.
Dans « Je ne veux pas me marier », un jeune homme (Adrien Melin, vif mais vulnérable), rend visite à la jeune femme qu'il épouse le lendemain. Ils vivent ensemble - chez l'un, chez l'autre - depuis six mois. Mais, tout d'un coup, la belle (Chloé Oliveres, forte personnalité, jeu tout en nuances) vacille. C'est très bien écrit, d'une plume allègre. Les jeunes gens s'expriment comme leur génération : sans précautions oratoires. C'est vif. Les fleurets ne sont pas mouchetés. Mais rassurez-vous, l'amour est plus fort que l'angoisse !
On passe une soirée très agréable. C'est drôle souvent. On sourit, on rit, on est ému, on admire le talent de ces trois interprètes pleins de grâce, très bien dirigés par Jean-Marie Besset. Courez-y !
Armelle Héliot - 29 février 2012

figaroscopeJean-Marie Besset s'inspire d'Alfred de Musset pour offrir une réflexion juste, fine et drôle sur le couple avec Il faut je ne veux pas.
Sans doute admirateur d'Alfred de Musset, Jean-Marie Besset s'est inspiré de son proverbe en un acte et en prose, «Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée», pour concocter à son tour une pièce en un acte baptisée : Je ne veux pas me marier. Il met ainsi en scène Il faut je ne veux pas, un spectacle sur le couple composé de deux parties fines et équilibrées. La première revient donc sur le marivaudage entre une marquise veuve et coquette (Blanche Leleu) et le comte (Adrien Melin), fort séduisant, qui en est tombé amoureux. Dans la seconde partie, et dans le même esprit que Musset, Jean-Marie Besset développe ses idées sur la passion à travers un autre couple sur le point de se marier. (…) Musset et Besset parlent d'amour et de «choses tendres» avec circonspection et sans illusions. On se rend compte à quel point le premier est moderne et le second clairvoyant sur notre époque. Ils ont en commun le sens de l'humour et la générosité. Leurs personnages attendent l'âme sœur, mais s'inquiètent pour leur avenir en commun. Auprès d'un feu de bois, du temps de Musset, dans un appartement gris et blanc d'aujourd'hui, pour Besset. Scénographie raffinée de Gérard Espinosa, éclairée par les lumières délicates de Martine André. Saluons l'excellence des trois comédiens.
Nathalie Simon – 7 mars 2012
 

theatralmagJouissif
(…) C'est charmant, plein de délicatesse et de subtilités. On est suspendu à la moindre respiration, au moindre battement de cœur des comédiens…
HC - 29 février 2012

theatroramaDeux couples, deux époques (1840 et 2010) pour deux pièces mises en perspective. D’un côté la Marquise de Musset et sa foi réaffirmée dans le mariage… De l’autre Vivien, la trentenaire de Jean-Marie Besset, perturbée par la visite de l’homme qu’elle aime la veille de leur union… Un spectacle aux émotions subtiles, où l’humour côtoie la profondeur des sentiments… 
Notre avis : Tout est charmant, élégant et délicieux dans ce spectacle : du texte revigorant de Musset à celui de Jean-Marie Besset, de la scénographie inspirée à l’interprétation de ces jeunes comédiens pleins de talent et de classe. Adrien Melin brille tout particulièrement dans cette variation du jeune homme amoureux. 
Laetitia Heurteau - 22/01/2012 

webtheaÉtrange titre que "ll faut je ne veux pas", mais on le comprendra en apprenant que Jean-Marie Besset a mis bout à bout un proverbe de Musset, "Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée", et un proverbe moderne de sa composition, "Je ne veux pas me marier". Il oppose ainsi deux temps, deux siècles, deux regards sur le mariage. Dans la pièce de Musset, une marquise reçoit les hommages d’un comte tout en s’en moquant et en revendiquant sa liberté, mais elle sait qu’elle ne peut choisir la voie du célibat : le mariage reste une forme d’accomplissement pour la femme, même au moment de la rupture romantique. (...) La seconde pièce est, elle, un inédit, assez inattendu dans l’oeuvre de Jean-Marie Besset, généralement tournée vers les relations tourmentées ou provocatrices de la bisexualité, de l’homosexualité et de l’ambition sociale. L’action de "Je ne veux pas me marier" se passe à la veille d’un mariage. La fiancée, prof de maths, savoure chez elle sa solitude quand son fiancé, jeune financier déjà installé sur le chemin du pouvoir, arrive sans crier gare. Ils n’échangent ni des mots d’amour ni des considérations idéalistes. La jeune femme se rebelle, l’homme ne sait comment faire face à une mise en cause qu’il n’a jamais imaginée. Alors le mariage du lendemain, volera-t-il en éclat ? 
Habilement, la mise en scène de Besset met en parallèle une élégante joute dans un salon en arabesques et un affrontement de plus en plus rude dans une chambre sans esthétique. Grâce à un jeu d’apparences derrière des tulles, hier vient en surimpression sur aujourd’hui. Blanche Leleu interprète la marquise avec une belle joliesse hautaine. Chloé Olivères est la jeune indépendante du XXIe siècle, avec l’art des silences et des éclats. Adrien Melin incarne les deux hommes, le roué et le décontenancé, d’une manière aussi tendue et troublée. Entre les deux actes on aura tendance à préférer le second, évidemment plus mordant, joué, lancé et déroulé sans le respect dont bénéficie l’auguste Musset. Mais la soirée est à aimer dans son ensemble. Ce diptyque sur le mariage en deux temps de notre histoire était une bonne idée, qui est devenu un beau spectacle. 
Gilles Costaz - www.webthea.com - 12/02/2012

legrandtheatreJean-Marie Besset au miroir de Musset
Au Théâtre de l'Œuvre, l'écrivain met en scène lui-même sa pièce Je ne veux pas me marier et la fait précéder du délicieux Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Trois interprètes de haut talent portent ce projet très séduisant.
Très bonne idée, celle de Jean-Marie Besset. Il ne se mesure ni ne se compare à Musset. Il s'installe à côté de lui, aujourd'hui. Un peu à la manière des Proverbes chers à Eric Rohmer, il a écrit une fantaisie allègre, Je ne veux pas me marier. Visite d'un jeune homme à la jeune femme qu'il épouse le lendemain. Elle est en train de trier ses papiers, penser au plan de table, etc... (…) Et tout dérape. Ils ont beau vivre, chez l'un, chez l'autre, depuis six mois, ils ont beau s'aimer, s'entendre... il est encore temps, n'est-ce pas, de refuser l'obstacle ou de se faire peur ou de jouer avec le feu ou de mettre son amour à l'épreuve... C'est un peu cela que fait Vivien. Elle met Tigrane, mi-russe mi-arménien d'origine (pour éclairer ce prénom) à l'épreuve... On est ici entre Musset... et Marivaux. Mais chut, n'en disons pas plus.
En lever de rideau, (…) Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Une jolie veuve, un amoureux transi. Marquise face à un jeune comte... Mais la belle, ici aussi, est d'une délicate cruauté. Elle en a assez, prétend-elle, qu'on lui dise qu'elle est jolie... Lui, il est sans défense et Besset le montre très bien, il souffre terriblement. Musset en connaissait quelque chose... (…) Besset est un metteur en scène fin, inventif. Son équipe artistique est excellente. Scénographie de Gérard Espinosa et Muriel Chircop, lumière de Martine André, costumes de Marie Delphin, son et vidéo de Serge Monségu, assistant mise en scène Régis de Martrin-Donos.
Nous n'avons pas nommé les trois comédiens. Ils ne sont que trois car Adrien Melin passe d'un registre à l'autre. C'est un interprète que l'on a si souvent loué que l'on dira simplement qu'il est ici idéal, affermissant les traits de ses personnages, sans peser, ultra-sensible, romantique et moderne. Oui, idéal. Plein de charme, de grâce. Belle voix, beau physique, intelligence des moindres moirures de ces deux écritures.
Face à lui, deux merveilleuses comédiennes. Elles aussi nous les avons louées souvent. Blanche Leleu, fine, ultra-sensible, nuancée, belle, excellente dans le registre de la cruauté de chatte et d'exquise marquise. Chloé Olivères, brune autant que sa camarade est blonde, beau visage à l'égyptienne, ravissante dans sa robe Mondrian revue Saint Laurent, elle donne à Vivien une alacrité étourdissante.
Ce n'est pas la confusion des sentiments. C'est un jeu, une joute, c'est un jeu avec le feu, une pièce musicale en deux mouvements portée au cristal par trois interprètes accordés et aussi séduisants qu'intelligents. Laissons à Jean-Marie Besset la charge d'expliquer les différences : le document remis au public, petit texte plein de malice, vous dira tout. Mais nous, on se contente du plaisir... On rit, on est ému, on ne voit pas le temps passer. On admire ! Champagne !

Armelle Héliot – blog.lefigaro.fr/theatre - 22 février 2012
 

spectaclesselection(…) Dans la petite pièce de Musset, l’héroïne revendique le droit que l’on s’adresse à son intelligence plutôt qu’à ses sens et veut être aimée pour elle-même et non pour l’attirance physique qu’elle suscite. Blanche Leleu interprète avec fougue le rôle de cette femme de tête qui ne s’en laisse pas compter et exige d’être considérée comme une femme à part entière, non comme une poupée dont les hommes se jouent. Adrien Melin interprète avec talent l’amoureux prêt à tout pour conquérir l’objet de sa passion. Les réparties de la marquise, son intelligence fait d’elle une féministe avant l’heure et de Musset un auteur en avance sur son temps.
(…) Du texte de Jean-Marie Besset, on retient les enjeux et les conséquences de l’évolution des mœurs dans notre société. Sa mise en scène lie subtilement les deux oeuvres. Pour la marquise, il faut ce mariage car elle voit en lui la consécration d’une union amoureuse et sa reconnaissance dans une société conventionnelle. Vivien au contraire ne veut pas d’un engagement qu’elle estime dangereux, susceptible d’entraîner son couple dans une routine qui tuera leur amour. Le sacrement du mariage, incontournable chez Musset, est remis en question chez Besset. La femme, de par sa profession, est devenue financièrement indépendante. La mère célibataire, la famille monoparentale ou l’union libre ne sont plus sujets d’opprobre. Vivien pourtant se laisse convaincre. Elle prend le risque de voir son amour s’éteindre mais, sans l’entrevoir encore, se lance dans une autre aventure : la pérennité de sa cellule familiale et de son indispensable point d’ancrage pour ses enfants.

Lettre n° 338 - 19 mars 2012
 

froggysJean-Marie Besset a eu l’idée originale de réunir deux textes traitant du mariage : le premier, "Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée" fait partie des comédies de Musset. Le second, écrit par lui-même, "Je ne veux pas me marier" se passe aujourd’hui.
Joués à la suite et avec le même comédien dans les deux époques, ils dessinent un portrait des rapports amoureux à travers les siècles et démontrent l’influence de la femme dans le couple.
(...) Jean-Marie Besset a réussi un spectacle fin et léger, comme le badinage qui met en parallèle les deux aristocrates et le jeune couple bourgeois moderne. "Il faut/Je ne veux pas" montre d’abord la grande modernité de l’écriture d’Alfred de Musset qui prenait déjà en 1845 de belles libertés avec les mœurs de l’époque. L’auteur Jean-Marie Besset y adjoint une fantaisie moderne, à l’humour omniprésent, qui résonne d’un bel écho avec celui du poète du dix-neuvième, tous deux ayant en commun la même finesse et la même ironie.
Les comédiens sont tous les trois très convaincants : Blanche Leleu compose une marquise sûre de ses attraits et forte mais touchée au coeur par la déclaration du comte. Elle manifeste une belle présence. Chloé Olivères est une Vivien pleine d’allant et de tempérament et témoigne d’une belle variété de jeu, tout en ruptures et en spontanéité. Parfait en costume d’époque ou en costume trois-pièces, Adrien Melin est aussi crédible dans les deux périodes et réussit là une belle performance. Il est tantôt drôle ou poignant mais toujours subtil.
La mise en scène est toute aussi soignée (remarquablement éclairée par Martine André, mettant en évidence la belle scénographie de Gérard Espinosa). Jean-Marie Besset s’amuse même à mélanger les deux époques en un délicieux fondu, lors du changement à vue entre les deux parties qui voit les deux femmes se croiser et pendant quelques instants, sembler se reconnaitre…
Une petite merveille de spectacle à la délicatesse absolue
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Nicolas Arnstam - février 2012
 

ruedetheatre(...) La courte pièce [de Musset] en un acte est un bijou d’intelligence et d’esprit, écrit dans un style d’un raffinement exquis. Musset s’y moque de ces jeunes beautés qui trompent leur ennui en martyrisant les hommes tombés sous leur charme. Le marivaudage chez Musset est critique. Dans un décor glacé d’antichambre, la belle marquise, forte tête féministe avant l’heure, ne supporte pas le badinage vain. Elle finit par mettre à genoux l’amoureux transi mis à rude épreuve et le réduire au mariage, son seul vrai projet.
Les femmes mènent la danse
Le décor, transformé à vue, devient un appartement moderne quelque peu en désordre où s’affaire une jeune femme d’aujourd’hui. La robe colorée aux lignes géométriques façon Mondrian a remplacé les volants bruissants et les rubans, l’ordinateur traîne sur le lit.
Vivien et Tigrane doivent se marier le lendemain et justement mademoiselle s’interroge sur le bien-fondé du projet, inquiète de voir son mari courir le guilledou sitôt marié. A chaque époque son approche de l’amour et ses convenances. Un siècle après le comte et la marquise, la prof de math et le financier s’interrogent sur le sens de l’amour et du mariage. Enfin, disons plutôt que, sous la plume de Musset comme de Besset, les femmes s’interrogent, réfléchissent, mènent les hommes par le bout du nez mais craignent leur inconstance.
Ce quatuor en miroir est interprété par... trois comédiens. En effet, Adrien Melin est le comte et le financier. Choix de distribution qui souligne que ce sont les femmes qui mènent la danse. Blanche Leleu est la belle marquise au teint diaphane et aux manières compassées. L’excellente Chloé Olivères est la petite brunette piquante qui ne manque pas de tempérament et ne s’engage pas à la légère. (...) l’exercice est bien plaisant.
Corinne Denailles - 4 mars 2012
 

ttelaculture(…) Les deux pièces sont remarquablement mises en scène, les décors sont superbes, un système de transparence au milieu de la scène permet d’établir des parallèles entre passé et présent pour mieux nous faire rêver de la galanterie telle qu’on la pratiquait dans l’ancien temps. Le décor réserve également d’autres surprises très plaisantes à l’œil, du feu de cheminée au choix de chaque objet. Les costumes sont également magnifiques surtout la robe que porte Blanche Leleu dans la première pièce, véritable robe de contes de fée. Les trois acteurs sont remarquables : Adrien Melin, qui joue dans les deux pièces, réalise une double prestation dont l’on ne saurait dire si elle est plus brillante dans la première ou dans la seconde pièce tant il est convaincant dans les deux, plein d’amour, de fougue et de passion. Blanche Leleu est l’incarnation parfaite de l’héroïne romanesque. Quand à Chloé Olivières, elle excelle en jeune femme moderne et passionnée en quête d’un idéal absolu. Nous nous sommes suspendus aux lèvres des comédiens et ne voyons pas le temps passer. Il faut dire que la mise en scène de Jean-Marie Besset joue habillement sur le déroulement de ce temps et l’évolution des mœurs qui en résulte : les relations amoureuses sont de plus en plus désabusées et la croyance dans le mariage de plus en plus précaire, ceux qui se risquent aujourd’hui dans cette aventure à deux font figure de courageux ayant encore en leur partenaire assez de foi pour leur confier le reste de la vie là où d’autres trouvent déjà long de se mettre en ménage pour trois ans. L’amour est plus que jamais un combat dont nous avons plus que jamais l’envie d’être les soldats en voyant ces deux pièces.
Une représentation que l’on pourrait revoir dix fois même sans s’en lasser, particulièrement recommandée à tous les amoureux.
Sandrine et Igor Weislinger – www.toutelaculture.com - 20 février 2012

 


Il faut je ne veux pas