Acte 2

La légende du Saint-Buveursaison 2023-2024

extraits de presse

La musique de la voix, celle du chant, celle de l'instrument qui l'accompagne, l'interprétation, la présence physique, la scénographie, la lumière, bref, la lettre et l'esprit et ce que ce dernier emprunte à la spiritualité médiévale, tout cela est d'une délicatesse, d'une douceur, d'une élégance, d'une intelligence bouleversantes.
FigaroMag  

L'acteur arrive sur le plateau une trompette à la main (il en joue à la perfection). Plus qu'une ascension, son chemin est une élévation. Beau texte que le comédien qui a du métier et le prouve, porte avec une foi de chaque seconde. 
Télérama TTTT  

Christophe Malavoy crée une atmosphère étrange, pleine de poésie, qui évoque le cinéma de Marcel Carné ou de Julien Duvivier avec leurs femmes fatales et leurs bistrots parisiens. Il stimule l’imaginaire du spectateur, tout en l’accrochant à ce très beau texte. La fragilité de cet homme qui a tout perdu mais se bat pour garder son honneur perce le cœur.
Cultures.blog.snes

Christophe Malavoy réalise un ouvrage rempli de poésie et de tendresse.
L'oeil d'Olivier  

Seule la musique vient entrecouper ce fascinant récit. Elle apporte quelques moments d’accalmie et de respiration au texte. 
Toute la culture

Christophe Malavoy offre un spectacle d'exception.
Froggy's Delight 

Christophe Malavoy incarne avec justesse simplicité et humour ce funambule au grand coeur qui s'ennivre de vin et de poésie.
Le Dauphiné Libéré   

La magie de ce spectacle tient le public en haleine jusqu'au bout... et au-delà, en lui insufflant quelques questionnements.
Vaucluse Matin  

Admiratif, le public retient son souffle, sourit souvent. Il y a du Chaplin chez Andréas.
Figaroscope 




de Joseph Roth

interprétation, adaptation et mise en scène
Christophe Malavoy

assistante à la mise en scène Catherine Pello
lumières Maurice Giraud
décor Francis Guerrier

production L’Arsène



Une fable drôle et bouleversante


Andréas vit sans adresse et habite chaque jour sous un autre pont.
Un homme le croise un soir sur les quais de la Seine et décide de l’aider en lui offrant une somme d’argent. Andréas refuse d’abord puis accepte la somme, mais en homme d’honneur, il promet de rembourser cette dette.
Y parviendra-t-il ? C’est le mystère et l’énigme qui nous tiennent jusqu’au bout de la pièce.
La Légende du saint buveur est un grand texte au même titre que Vingt quatre heures de la vie d’une femme ou encore Le joueur d’échecs de Zweig. Joseph Roth comme Stefan Zweig a cette faculté à traduire la complexité de la nature humaine.
Difficile de rester insensible à la beauté et à l’humanité qui émanent de cette histoire, et de ce personnage principal,  qui se rêve en homme d’honneur, en homme sincère, que la vie cependant a malmené, mais qui s’accroche, croit à son destin, et défend le seul bien qui lui reste, sa dignité.
C’est un homme touché par la grâce, c’est sa faiblesse qui finit par devenir sa force.


Galerie photos


Télérama TTTT
Christophe Malavoy occupe les planches avec un spectacle qu’il a voulu, pensé et mis en musique de A à Z.

Adaptateur d’un texte de Joseph Roth, il en signe aussi la mise en scène.

L’acteur arrive sur le plateau une trompette à la main (il en joue à la perfection), un chapeau sur la tête, le corps revêtu de vêtements crasseux. Il se transforme en Andreas, clochard titubant à qui un bienfaiteur donne une somme d’argent que le miséreux s’engage à rembourser jusqu’au dernier sou.

Démarre alors pour cet homme pauvre et viscéralement honnête un trajet dans la ville et la vie frappée du sceau de l’étrangeté. Il va de rencontre en rencontre, dépense sa fortune dans des verres de vin, se fait voler, prête, gaspille et toujours récupère l’argent qu’il vient de perdre.

Plus qu’une ascension, son chemin est une élévation. Beau texte que le comédien qui a du métier et le prouve, porte avec une foi de chaque seconde.


Figaroscope

Christophe Malavoy, clochard magnifique !

Clair-obscur, Christophe Malavoy souffle dans une trompette un air qui pourrait figurer dans un film de Duvivier. Chapeau bringuebalant sur le crâne, veste et chemise élimées, le comédien interprète Andréas, le sans-abri dont l’écrivain autrichien Joseph Roth brosse le portrait dans une trentaine de pages : La légende du saint buveur, publiée à sa mort en 1939. Andréas, qui dort sous les ponts de Paris, rencontre un homme « bien mis » de sa personne. Qui lui donne de l’argent. « Homme d’honneur », le clochard refuse, puis accepte après avoir promis de rembourser la somme à l’église Sainte-Marie es Batignolles, où se trouve la statue de Sainte-Thérèse de Lisieux.

Mais adepte de petits verres de Pernod, Andreas a tendance à s’arrêter plus souvent qu’à son tour dans les bistrots de la capitale. Ses rencontres vont influer sur le cours de son destin. Prodigieux, Christophe Malavoy incarne tous les rôles, de l’homme élégant et généreux à la petite Thérèse en passant par la compagne des mauvais jours qu’il côtoie un temps.

D’un naturel réservé, l’acteur livre un spectacle très personnel, « sur mesure » dit-il, qui révèle d’ailleurs l’homme sensible qu’il est. Et des talents qu’on ne soupçonnait pas. Il a ainsi appris à jouer de la trompette, plus exactement du bugle, pour illustrer les pérégrinations d’Andreas. Va jusqu’à interpréter un morceau de son cru qui lui a été inspiré par la naissance de son son petit-fils de 15 mois. Et entraîne le spectateur ailleurs.

Christophe Malavoy signe également une mise en scène aux couleurs chaudes avec Catherine Pello. Et enfin chante aussi : « Que sont mes amis devenus. Que j’avais de si près tenus. Et tant aimés… ». Piochant des textes de Rutebeuf comme Léo Ferré avant lui et de Guillaume Apollinaire.

Admiratif, le public retient son souffle, sourit souvent – il y a du Chaplin chez Andreas -, applaudit à tout rompre.


Paris Match

Seul en scène, il incarne brillamment ce personnage mélancolique et philosophe.

L’acteur dit adorer ce texte « tellement humain » de Joseph Roth. Rien à voir avec l'autre Roth, Philip. Celui-ci est né en 1894 dans l'empire austro-hongrois, en Galicie qui deviendra l'Ukraine. Ecrivain et journaliste (auteur connu de « La marche de Radeztky » sur le déclin des Habsbourg), il est mort à Paris, en 1939, à 44 ans, malade, pauvre et alcoolique. Alors sa « Légende du Saint Buveur » sent son vécu si l'on peut dire, et Malavoy l'a intégré à 100%. C'est lui qui signe l'adaptation et la mise en scène, excellentes.

Il est une sorte de clochard érudit, modeste, loyal, bonhomme, qui loge sous les ponts de Paris sauf quand des rencontres fortuites l'emmènent vers d'autres horizons plus opulents. Il nous raconte une tranche de vie pas très gaie, mais pleine de retournements où il entrecoupe ses monologues de morceaux joués au saxo et de bribes de chansons. On découvre que l'acteur à la longue carrière (Chabrol, Leconte, Foekinos...) sait vraiment tout faire. C'est une déambulation complice où l'alcoolisme accompagne l'insouciance, la naïveté, la drôlerie. Et un regard fataliste sur la condition des hommes. Une ambiance un peu Ettore Scola, un peu Tati.


Figaro Magazine
Une superbe réalisation du comédien autour de « La Légende du saint buveur »

Pour lever le premier rideau de cette saison de théâtre, nous avons choisi un spectacle. Inattendu qui nous a profondément ému. Inattendu car d’apparence modeste. Un texte court et simple, un seul personnage, un unique acteur, une scénographie réduite. Mais une intensité, une humanité, une tendresse, une délicatesse, une qualité théâtrale exceptionnelles. C’est La Légende du saint buveur. L’auteur est Joseph Roth. Venu d’Europe centrale, né en 1894 d’une famille juive, en Galicie, une province alors austro-hongroise, aujourd’hui ukrainienne, il mena très tôt entre Vienne, Berlin, la Pologne, la Russie une activité littéraire, intellectuelle, journalistique intense, évoluant du socialisme à un humanisme conservateur qui le conduisit à un engagement antinazi. Il s’exila à Paris en 1933 et y demeura jusqu’à sa mort en 1939, fidèle à une profonde amitié ave Stefan Zweig. Sa personnalité était forte, et son alcoolisme maladif le condamna.

On trouve la trace de ces caractères dans le portrait de cette Légende. Il s’agit du récit de l’étrange destin d’un clochard, Andreas, un homme de cœur, d’honneur, mais faible, velléitaire, simple. Innocent. Coupable. Un homme quoi ! Un jour, il rencontre à Paris un bourgeois qui lui donne 200 francs s’il accepte de déposer cette somme aux pieds de la statue de sainte Thérèse. Il accepte. Il va de bonne foi. Mais sur le chemin, d’incessants miracles se produisent, qui le couvrent de bienfaits et l’empêchent de tenir sa promesse. Par trahison, par volonté ? Non, par faiblesse. Certes, il est conscient de redevenir un homme neuf, de racheter ses méfaits il refait connaissance avec lui-même. Mais il échoue. Tel est le destin de l’homme, veut dire Roth, c’est à dire ce eu entre le Mal et le Bien. Jusqu’à la fin, jusqu’ la grâce finale où Dieu nous accorde « à nous autres buveurs, une mort si belle et si légère ».

La philosophie de Roth est sans doute assez limitée, mais sa sensibilité et sa sincérité sont très touchantes. Toutefois, si ce beau texte prend une dimension aussi profonde, aussi poétique, aussi théâtrale, c’est par ce qu’en fait Christophe Malavoy, qui en est l’unique artisan, créateur à lui seul de ce spectacle qu’on pourrait dire total. La musique de la voix, celle du chant, celle de l’instrument qui l’accompagne, l’interprétation, la présence physique, la scénographie, la lumière, bref, la lettre et l’esprit et ce que ce dernier emprunte à la spiritualité médiévale, tout cela est d’une délicatesse, d’une douceur, d’une élégance, d’une intelligence bouleversantes.


L'Œil d'Olivier

En s’attaquant à la Légende du saint buveur de l’auteur austro-hongrois Joseph Roth (1884-1939) Christophe Malavoy réalise un ouvrage rempli de poésie et de tendresse.

Andreas est devenu clochard après une histoire d’amour malheureuse et une vie sans illusion. Un soir, un vieil inconnu lui donne 200 francs. Le vagabond alcoolique, qui se considère homme d’honneur, n’aura qu’un objectif les lui rendre. Malgré les rencontres, entraîné par les aléas de la pauvreté, retombant inlassablement dans sa soif d’alcool, il n’y arrivera pas. Pourtant, il y aura cru ! La fin est de toute beauté, avec cette dernière phrase en forme de prière : « Dieu nous accorde à nous tous, les buveurs, une mort aussi légère, aussi belle ».

Malavoy aborde un monde aujourd’hui disparu, mais qui ne cesse de s’accrocher. La misère est toujours là. Il fait revivre le Paname des poètes, des chanteurs de rue. Il y a du Marcel Carné dans l’atmosphère, du Alexandre Trauner dans les couleurs. Sans jamais les imiter, la pièce s’en inspire, et l’on retrouve dans les personnages que croise Andreas les voix des artistes de cette époque. Amusez-vous à les reconnaître ! Le comédien donne ses lettres de noblesse à ce mendigot immigré polonais qui ressemble comme un frère à l’auteur. Dans une grande maîtrise de son art, jouant d’un Bugle au son doux et rond, poussant la chansonnette, dont le très émouvant Pauvre Rutebeuf de Villon-Ferré, il nous entraîne sur les rives d’une dérive annoncée. Et l’on perçoit le message de l’auteur : nous sommes faits de qualités et de défauts, et c’est ainsi que les hommes tentent de survivre.


Vaucluse Matin

Dès les premières minutes, le son d’un bugle accompagne le spectateur sous les ponts de Paris. Un rideau de fils suspendus, théâtre du possible et de l’imaginaire, quelques éléments en bois aux courbes artistiques s’animent poétiquement au souffle de la lumière.

Les cloches de l’église, la sonnette de la maroquinerie, le son du bugle invitent le spectateur à suivre l’intimité de la vie d’Andréa, un sans-abri.

Christophe Malavoy incarne avec justesse, humanité, simplicité et humour ce funambule au grand cœur qui s’enivre de vin, de poésie et de vertu…

En homme d’honneur, le personnage s’est juré de rembourser une dette.

Y parviendra-t-il ?

La magie du spectacle tient le public en haleine jusqu’au bout… Et au-delà, en lui insufflant quelques questionnements. Notamment, sommes-nous maîtres de notre destinée ? Ou encore, qu’est-ce que le bonheur ?

Froggy’s Delight

Monologue dramatique d'après la nouvelle éponyme de Joseph Roth, dans une adaptation, une mise en scène et une interprétation de Christophe Malavoy.

Andréas, un sans-abri qui vit sous les ponts de Paris est abordé un jour par un homme distingué qui lui donne deux cents francs contre la promesse d'aller les rendre à la petite Sainte Thérèse à l'église Sainte-Marie des Batignolles.

Andréas qui est un homme d'honneur et tient à rester digne malgré des années passées en prison accepte le marché et pour fêter sa fortune nouvelle, va boire dans quelques bistrots. Car Andreas est alcoolique et même s'il veut bien faire, se laisse facilement aller à un nouveau verre.

C'est avec sobriété et la plus grande justesse que Christophe Malavoy vient délivrer ce récit poignant et poétique de "La Légende du Saint Buveur" de Joseph Roth (paru en 1939) sur le portrait d'un homme en proie à ses démons mais touché par la grâce.

D'une voix douce et posée, éclairé magnifiquement par Maurice Giraud, ponctuant son récit de quelques airs joués au bugle (trompette avec des graves) par lui-même ou de chansons a cappella, le comédien rayonne de simplicité pour une fable à la fois drôle et bouleversante.

On s'attache à cet Andréas, homme touchant et fragile qui veut honorer sa parole coûte que coûte. De miracles en miracles, l'homme avancera vers la rédemption. Tandis qu'avec une légèreté gracieuse et toute son humanité, Christophe Malavoy offre, lui, un spectacle d'exception.

 

Actualités Juives

Christophe Malavoy nous donne à voir et entendre une magistrale leçon d’humanité.

Joseph Roth raconte l’épopée d’un vagabond sans domicile, qui dort sous les ponts, mais qui conserve son honneur et sa dignité, malgré tout. Seulement voilà : un soir, il reçoit une somme d’argent d’un inconnu à qui il promet de rembourser sa dette. Y parviendra-t-il ?

Les évènements se succèdent : différentes rencontres avec son ancienne compagne, un camarade de régiment devenu célèbre, des inconnus, une petite fille angélique font qu’il se trouve sans cesse empêché de restituer cet argent, qu’il devait remettre dans le tronc d’une statue de Sainte-Thérèse. Sa bonne volonté et son honnêteté foncière se trouvent bousculées à chaque instant… autour d’un verre de Pernod, puis 2, 3, 4… L’alcool constitue son seul salut en même temps que sa perte, jusqu’à la chute finale.

La beauté et l’humanité qui émanent de cette histoire soit rehaussée par la musique, un saxo qui apporte émotion et mélancolie et laisse un espace et un moment de respiration au texte, ainsi par des chants tels que la Complainte de Ruteboeuf, Syracuse … interprétés par Christophe Malavoy. Il restitue la magie désenchantée de l’univers de l’auteur Joseph Roth, avec qui on sent une certaine similitude de destin.

Le texte de Roth, proche de l’univers de Stefan Zweig par sa dimension charnelle et poétique et sa faculté de traduire la complexité de la nature humaine, est un bijou littéraire de sensibilité, de simplicité et aussi d’humour. Cet écrivain et journaliste juif autrichien, né en Galicie en 1894, mort en, 1939, auteur de cinq romans, se sent lui-même en exil politique et en errance. Ce nomade a toujours cultivé la nostalgie d’un monde ancien, comme en témoigne ses textes.

Christophe Malavoy, qui signe l’adaptation, la mise en scène et l’interprétation, nous fait vibrer par sa sensibilité, sa grande liberté de jeu et sa performance de conteur, entre texte, musique et chants.

 

Théâtre Passion

Andréas est un brave homme, certes il a fait de la prison pour meurtre mais pour défendre une femme. Ses seuls domiciles, les ponts de Paris. Un soir, un monsieur très élégant lui prête une somme de 200 frs, Andréas refuse puis accepte, alors l’homme lui propose de régler sa dette non pas envers lui, mais de déposer cette somme à l’église Ste Marie des Batignolles, le dimanche après la messe et près de la statue de Ste Thérèse de Lisieux.

Andréas l’argent en poche, va d’abord boire à sa bonne fortune, il rencontre ainsi un vieux monsieur qui lui propose de s’occuper d’un déménagement, contre salaire ! Quelle aubaine, il va pouvoir régler sa dette rapidement. Mais son parcours sera semé d'embûches, de mauvaises rencontres mais parfois de personnes désintéressées qui s’occuperont de lui.

Quelques jours plus tard, le peu d’argent lui restant, il se dirige vers l’église pour tenir sa promesse envers cette petite Thérèse. Là il fera une rencontre surprenante et irréelle.

Un beau texte mis en valeur par le talent de Christophe Malavoy, il est tout les personnages, imitant parfois la voix de certains comédiens français ! Une histoire émouvante, drôle, touchante, elle fut la dernière écrite par Joseph Roth, qui mourut seul, malade, sans argent.

Une légende à voir absolument pour son humanité et son exceptionnel interprète.

 

Spectacles Sélection
Combien de temps encore Andréa aurait-il vécu sous les ponts de Paris si un promeneur n’avait pas croisé sa route, un beau soir, sur un quai de la Seine ? Un monsieur d’un certain âge à la mine soignée s’arrêta, rempli de compassion, et lui tendit un billet. Digne, Andréa refusa. Puis, considérant l’insistance du donateur, il accepta la somme et, tout en le remerciant, l’assura de son intention de le rembourser. Les semaines qui suivirent, Andréa resta dans les mêmes dispositions d’esprit malgré son penchant pour les plaisirs terrestres. Des rencontres et des hasards heureux l’aiguillonnèrent tandis que d’autres l’égarèrent, ajournant sa décision. Honora-t-il sa promesse ? Là est la question. 
La musique est au cœur de la mise en scène très élaborée de Christophe Malavoy. Une trompette, un bugle plus précisément, et quelques chansons sont autant de pauses qui permettent d’apprécier la poésie et la philosophie du texte. Jouant avec les contrastes des ombres et des lumières, le comédien sublime la légende et souligne combien la dignité est la seule force qui anime son personnage. Un très joli spectacle savouré jusqu’à l’ultime rebondissement. 

 

La Vie

Un soir de 1934, sur les quais de la Seine à Paris, Andreas, un sans-abri, reçoit d’un inconnu la somme de 200 F. Sans un sou en poche, mais homme d’honneur quoique sérieusement alcoolique, Andreas a d’abord refusé l’argent, car il ne sait quand ni comment il pourra rembourser son bienfaiteur. Ce dernier le rassure, s’il souhaite un jour s’en acquitter, c’est à sainte Thérèse de Lisieux qu’il devra régler sa dette en remettant la somme au curé de l’église Sainte-Marie-des-Batignolles. Tel est le point de départ de la Légende du Saint Buveur, récit de Joseph Roth dont Christophe Malavoy présente une adaptation théâtrale à la fois délicate, sensible et drôle. Introduisant le spectacle par un morceau qu’il joue lui-même à la trompette, le comédien campe avec une merveilleuse truculence non seulement cet Andreas un peu trop porté sur la bibine, mais aussi tous ceux qu’il croise au fil de son parcours zigzagant où, à la faveur de hasards heureux ou malheureux, le buveur s’efforce avec moult difficultés d’atteindre le but qu’il s’est fixé : rembourser comme promis les 200 F.


Toute la culture

La légende du saint buveur est non seulement un conte au charme désuet, pudique et touchant à la fois, mais aussi une aventure humaine. C’est l’histoire d’une rencontre, celle entre l’écrivain autrichien Joseph Roth et Christophe Malavoy. Mis en scène et interprété par le comédien, cette pièce est aussi sa première production. Un défi réussi, avec pudeur et sobriété, à l’image de la dignité retrouvée de notre saint buveur. Un seul à scène intimiste à découvrir dans le cadre du festival off d’Avignon, au théâtre du Chêne noir

 

Un soir de printemps de l’année 1934, à Paris, un vieux monsieur élégant et mystérieux descendit les marches d’un de ces escaliers de pierre qui, à l’entrée des ponts, conduisent aux berges de la Seine. Pourquoi un homme aussi sophistiqué décida-t-il de se rendre dans un tel lieu ? Nul ne saurait le dire. Pour ceux qui l’ignoraient encore, sous les ponts de Paris, se cache la misère humaine. Des centaines de clochards y vivent au gré des hasards. Pour une raison inconnue, notre homme choisit l’un d’entre eux : Andreas Kartak, ancien mineur de Silésie, ayant fait de la prison pour meurtre. Chose improbable et inespérée, il remit au sans-abri la coquette somme de 200 francs. Perplexe, Andreas ne sut quoi faire. Dans un premier temps, il refusa même cet argent dont il avait besoin. Puis il se ravisa, mais tint néanmoins à le rembourser, car Andreas était avant tout un homme d’honneur. Ce peu de dignité qui lui restait, il souhaitait la préserver coûte que coûte. L’élégant monsieur le comprit, mais, en homme pieux, il demanda à Andreas de déposer l’argent à l’église Sainte-Marie-des-Batignolles, au pied de la statue de sainte Thérèse de Lisieux, un dimanche matin, après la messe, si un jour il serait en mesure de s’acquitter de sa dette.

 

Andreas parviendra-t-il à tenir sa promesse ? Difficile de le dire… Cet homme, malmené par la vie, sympathique, débonnaire et profondément sincère, est cependant d’une nature assez faible. Il ne peut résister à un bon verre de Pernod. L’alcool est sa plus grande faiblesse, une faiblesse qui met à rude épreuve ses bonnes résolutions… Ballotté par les récents événements remarquables soudain survenus dans son existence, Andreas semble perdu. L’argent lui file dans les mains, sans qu’il s’en rende compte. Il laisse échapper ainsi maintes occasions de s’acquitter de sa promesse. Mais cela lui permet également de revoir d’anciennes connaissances et de renouer avec sa vie d’avant.

Cet homme, qui avait perdu jusqu’à son nom, va peu à peu retrouver ses souvenirs, son humanité et sa dignité. Les ravages de l’alcool et de la misère vont petit à petit s’estomper. La légende du saint buveur est ainsi, en quelque sorte, l’histoire à la fois d’une renaissance et d’une rédemption, celle d’un pauvre hère, que la vie n’a pas épargné.

 

L’errance du saint buveur n’est pas sans rappeler celle de l’écrivain. Lorsqu’il achève ce conte, l’écrivain autrichien Joseph Roth est alors en exil à Paris, après avoir fui le régime nazi. Il n’a plus que très peu de temps à vivre. Il vit les années les plus sombres et difficiles de son existence, marquées par la maladie, les problèmes financiers et l’alcoolisme. Cette situation l’amène à se tourner vers la religion catholique, où il trouve quelque motif d’espoir, à l’instar d’Andreas qui cherche à s’acquitter désespérément de sa dette envers la petite sainte Thérèse…

L’écriture simple et élégante de Roth est en totale osmose avec le personnage d’Andreas et son histoire. De même, la mise en scène, dépouillée, sobre et délicate, entre en parfaite résonance avec la dernière œuvre de l’écrivain. Ainsi mis en lumière, le texte captive son auditoire. L’interprétation de Christophe Malavoy, empreinte de sensibilité, de retenue et d’émotions subtiles, rend l’histoire de ce saint buveur presque palpable. La lumière tamisée crée une atmosphère intimiste et chaleureuse.

Seule la musique vient entrecouper ce fascinant récit. Elle apporte quelques moments d’accalmie et de respiration au texte. Quelques airs populaires, empruntés aux répertoires de Léo Ferré, Richard Rodgers…, résonnent alors dans la salle. Des sonorités graves, mélancoliques, chargées d’émotions et de nostalgie, sortent du bugle. Cette trompette a elle aussi une histoire. Il y a longtemps, le trompettiste de jazz, Patrick Artéro, l’avait offerte à Christophe Malavoy, qui lui avait promis d’en jouer… Le temps passa et l’instrument commençait à prendre la poussière, jusqu’au jour où le comédien rencontra le saint buveur… Il put ainsi, enfin, tenir de sa promesse… Ce spectacle est donc avant tout, à la fois, une aventure humaine et l’histoire d’une rencontre…

Culturesblog SNES

Christophe Malavoy merveilleux d’humanité en sans-abri qui se rêve en homme d’honneur

Un sans-abri, Andreas, rencontre dans la rue un homme qui lui offre deux cent francs, une très grosse somme, à charge pour lui de les rendre à la petite Sainte Thérèse de l’église Notre Dame des Batignolles le dimanche suivant. Andreas est un homme de parole, il est décidé à le faire. Il veut retrouver sa dignité. Mais il y a l’alcool qui l’a consolé tant d’années depuis qu’il a commencé à tomber. De rencontre en rencontre il dépense cet argent en verres de vin, en restaurants, en recherche d’amitiés et d’amours. Il le gaspille, le perd, se fait voler, mais toujours des hasards lui font récupérer ce qu’il a perdu, jusqu’à ce rendez-vous enfin honoré devant la petite Sainte Thérèse.

Ce texte de Joseph Roth, lui-même alcoolique et, comme Stefan Zweig son aîné de quelques années, désespéré par la disparition de ce « monde d’hier » qu’il avait tant aimé, est une petite merveille de résignation et d’ironie.

Christophe Malavoy s’est plongé dans ce texte étrange plein de douceur et de surprises. Il arrive sur le plateau en vêtements élimés, chapeau sur la tête, trompette à la main jouant Que sont mes amis devenus, le poème de Rutebeuf mis en musique par Léo Ferré. Il baisse la tête, il est Andreas, cet homme que la vie a brisé, et quand il la relève il est celui qui lui offre une chance en lui donnant les 200 francs. Une lumière dorée accompagne le parcours d’Andreas, que narre d’une voix chaude l’acteur, s’interrompant parfois pour jouer de la trompette ou chanter, fort bien d’ailleurs, les poèmes de Rutebeuf et d’Apollinaire mis en musique par Léo Ferré. Christophe Malavoy crée une atmosphère étrange, pleine de poésie, qui évoque le cinéma de Marcel Carné ou de Julien Duvivier avec leurs femmes fatales et leurs bistrots parisiens. Il stimule l’imaginaire du spectateur, tout en l’accrochant à ce très beau texte. La fragilité de cet homme qui a tout perdu mais se bat pour garder son honneur perce le cœur.

 

Arts-chipels
La Légende du Saint Buveur. Un vagabond éternel, pas vraiment céleste mais au charme insolite.

La dernière nouvelle de Joseph Roth, partiellement autobiographique, présente un personnage attachant d’ivrogne auquel Christophe Malavoy confère une jovialité pleine de tendresse et de chaleur humaine.

Un rideau translucide de fils qui pourrait figurer aussi bien la brume dans laquelle s’estompent les personnages que la pluie qui tombe en noyant le décor. Derrière, un bugle déroule une mélodie mélancolique. Devant, des accessoires aux formes arrondies, circulaires, sans agression angulaire, qui figureront aussi bien une table de bistrot qu’une chambre d’hôtel. Un homme, « fort bien mis et d’âge mûr », rencontre un clochard qui dort de pont en pont, au gré de ses errances. L’homme offre au vagabond 200 francs, à charge pour lui de rembourser le prêt au plus tôt à sainte Thérèse de Lisieux dans l’église Sainte-Marie-des-Batignolles. Le clochard, qui « a de l’honneur même s’il n’a pas d’adresse » accepte le prêt. En toute honnêteté. Mais voici qu’il se laisse tenter par un petit coup à boire et de fil en aiguille se retrouve sans le sou. L’un des consommateurs l’invite et lui propose un travail de déménageur en échange d’une somme qui lui permettra largement de payer sa dette. Mais las ! une nouvelle tentation se profile. D’autres opportunités se dessinent, toujours ponctuées à la fin par un, puis deux, puis trois verres et ainsi de suite. Chaque fois que notre sympathique buveur dispose d’une somme suffisante pour s’acquitter de sa dette, il la perd, pas seulement en boisson mais aussi en femmes. Jusqu’au moment où…

La chaîne sans fin de la recevabilité sociale

Muni de son premier pécule, notre clochard se rend chez le barbier et constate, une fois rasé de frais, qu’il a acquis, pour lui-même et les autres, de la respectabilité sociale. C’est cette considération nouvelle dans laquelle il s’installe qui le pousse vers le travail et vers les mésaventures successives qui résultent de son « enrichissement ». Notre vagabond lunaire s’engage dans la chaîne des attendus sociaux sans révolte ni refus, il rentre dans le système avec la placidité bonasse du « pourquoi pas ». Les miroirs, qu’il avait toujours évités car ils lui donnaient de sa déchéance une image sans fard, ne sont plus si hostiles et les chambres d’hôtel se font plus accueillantes. Mais peut-on réellement échapper à sa dégringolade et quel est, s’il existe, le viatique qui tiendrait lieu d’échappatoire ?

La misère touchée par la grâce

Il y a du cocasse et de la tendresse dans la manière dont Roth campe le personnage. Et un air de faux imbécile attachant, de naïf plein de malice et doucement heureux dans la manière dont Christophe Malavoy campe ce clochard à qui l’on loue une chambre pour livrer un costume, et dont des mains s’échappent en permanence des billets qu’il ne peut retenir. Au son plaintif du bugle et sur des airs populaires qui viennent interrompre le cours du récit, de manière adventice parfois un peu artificielle – du Temps des cerises à Rutebeuf et Léo Ferré (Que sont mes amis devenus) en passant par Syracuse et la Petite fleur de Sydney Bechet – se dessine le portrait doux-amer d’un personnage qui ressemble étrangement à son auteur. Joseph Roth, qui a fui l’Allemagne nazie en 1933 pour se réfugier à Paris, alcoolique depuis toujours ou presque, y vit dans le plus complet dénuement. Il y mourra avant que la déportation ne frappe les juifs, mais peut-être son personnage trouvera-t-il dans la capitale la grâce attendue…


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La dipsomanie, cette impulsion pathologique à boire d'énormes quantités d'alcool, est sans doute une conduite névrotique, mais il faut aussi rappeler ce à quoi celui qui s'y livre a dû faire face. L'écrivain Joseph Roth (1894-1939), l'auteur de La Légende du Saint-Buveur (jusqu'au 6 novembre au Lucernaire), a vécu dans la misère d'un « shtetl » en Galicie, fut marqué par la disparition précoce de son père atteint de démence, entretint de dures relations avec sa mère et eut une épouse folle. En tant que Juif, il dut fuir l'Allemagne nazie et, une fois à Paris, il résida dix années dans un hôtel vétuste rue de Tournon, au-dessus d'un bistro qui existe toujours. Le terrible alcoolisme de Roth fut indirectement la cause de sa mort... Cette nouvelle, sa dernière œuvre, il l'a écrite alors qu'il était réduit à la misère et sombrait dans l'alcoolisme. Elle est à la fois une catharsis et une transfiguration poétique. Et elle se voit ici magistralement adaptée, mise en scène et interprétée par Christophe Malavoy (au Lucernaire jusqu'au 6 novembre) qui, en virtuose, interprète tous les rôles, chante et joue de la trompette. Un espace-temps dilaté, celui qui accompagne l'ivresse, est ainsi créé. Cette histoire d'émigré vagabond et alcoolique s'efforçant de rendre une somme d'argent qu'un inconnu lui a prêté et n'y parvenant pas, à cause de son éthylisme et de sa vie chaotique, n'est pas seulement une tentative d'exutoire pour son auteur, mais elle nous parle aussi de dette et de faute (c'est le même mot en allemand), de déchéance et de rédemption. Ici l'alcoolisme est sublimé par et dans le rêve. La dernière phrase de la nouvelle (« Dieu nous accorde à nous tous, les buveurs, une mort aussi légère, aussi belle ») donne le ton de ce spectacle d'une vibrante humanité.

Mi.ian Galery

On sort ce soir... Théâtre !

Nul besoin d’artifice(s) pour aller à l’essentiel.

Si l’époque nous habitue à toujours plus, même si le fond est (parfois) vide…, il est bon de se rappeler que rien ne vaut l’authenticité.

Christophe Malavoy, acteur précieux, particulier, exigeant, ne s’est pas trompé en nous offrant « La Légende du Saint Buveur ».

Sur l’une des scènes du théâtre du Lucernaire, l’acteur interprète à lui seul une multitude de personnages.

En premier, Andréas.

Un personnage sans domicile fixe, attachant, simple, philosophe….

Comme d’autres, il loge sous les ponts. Mais de rares fois, circonstances heureuses, il s’y échappe et redécouvre le bonheur d’un endroit chaud.

C’est un bon bougre Andréas. Certes, il a un petit penchant pour la boisson mais cela ne fait de mal à personne, pas même à lui.

Et à travers cette pièce, l’occasion de mieux le connaître et découvrir sa vie teintée de gris…

Le texte de Joseph Roth, adapté par Christophe Malavoy, est touchant. Et s'il émeut à ce point le spectateur, c’est aussi par l’interprétation de l'acteur.

Ce dernier qui, à l’issue de la pièce, tout en remerciant les spectateurs, fit la délicate remarque à l’assemblée sur sa réceptivité à l’œuvre.

Comment en effet ne pas être touché, sensibilisé, par ce texte qui nous éclaire sur la condition humaine ?!

Mais au-delà des mots, de l’histoire, c’est aussi le jeu d’acteur de Christophe Malavoy. On sent son amour pour cette histoire, le message véhiculé, la simplicité attachante du personnage.

Outre son interprétation, Christophe Malavoy se fait musicien et, agréable surprise, chanteur.

On rajoute d’autres cordes à son arc ? Metteur en scène !

Une mise en scène simple, épurée, comme pour rester fidèle à l’esprit de l’œuvre.

Mieux, s’effacer un tant soit peu pour ne laisser que l’essentiel : l’histoire d’Andreas.


au Lucernaire
du 31 août au 6 novembre
du mardi au samedi à 18h30
le dimanche à 15h00
La légende du Saint-Buveur